La situation était quasiment revenue à la normale mercredi sur la rue Saint-Joseph à Champlain. La veille, Steve Soucy s’était barricadé dans son logement pendant plusieurs heures, ce qui avait nécessité un vaste déploiement policier.

La comparution de Steve Soucy est reportée

Trois-Rivières — En raison de son hospitalisation, la comparution de Steve Soucy, cet homme de 45 ans qui a été à l’origine de deux importants déploiements policiers dont un mardi soir à Champlain, a été reportée à une autre date, possiblement ce jeudi.

Dès que son état de santé le permettra, il sera en effet amené au palais de justice pour sa comparution formelle. En milieu de journée mercredi, il semble qu’il était encore très perturbé mentalement et nécessitait des soins spécifiques. Parmi les accusations qui pourraient être portées contre lui, il y aurait agression armée, menaces de mort et de bris de conditions. 

Soucy a encore une fois donné du fil à retordre aux policiers mardi après-midi. On sait que l’individu faisait déjà l’objet, depuis lundi, d’un mandat d’arrestation parce qu’il avait omis de se présenter au palais de justice dans le cadre des procédures judiciaires intentées contre lui pour des dossiers antérieurs. 

En plus de ce mandat d’arrestation à appliquer, les enquêteurs de la police de Trois-Rivières avaient prévu aller faire une perquisition à son domicile de Champlain dans un dossier de fraude bancaire. Munis des autorisations nécessaires, les policiers se sont donc pointés à son domicile vers 15 h 30. Ils ont tout d’abord discuté avec sa conjointe mais lorsque Soucy les a aperçus, il serait devenu complètement hystérique. 

Comme l’a précisé le sergent Luc Mongrain de la police de Trois-Rivières, il a refusé de coopérer. Il s’est plutôt emparé d’une arme blanche et est devenu menaçant. Les policiers ont alors quitté le logement en prenant soin de faire sortir la conjointe de Steve Soucy. Un périmètre de sécurité a ensuite été établi. 

La Sûreté du Québec et le Groupe d’intervention ont alors été appelés en renfort sur la rue Saint-Joseph. Plusieurs voisins ont dû être évacués et un tronçon de la route 138 a également été fermé à la circulation pendant quelques heures. Un poste de commandement a également été installé. La sergente Éloïse Cossette, porte-parole de la Sûreté du Québec a précisé que ce déploiement visait à assurer la sécurité des policiers autant que celle de la population. 

Au cours de la soirée, les forces de l’ordre ont tenté de discuter et de négocier avec Soucy afin que celui-ci se rende mais en vain. Vers 23h30, le Groupe d’intervention a finalement investi les lieux afin de procéder à l’arrestation du suspect. Compte tenu de son état de santé mental, il a été conduit à l’hôpital. Le périmètre de sécurité a alors pu être levé et les gens ont réintégré leur résidence. 

Mercredi matin, les policiers municipaux ont de leur côté été en mesure de se rendre dans le logement pour y procéder à la perquisition. Les résultats de leur enquête seront éventuellement transmis à la Direction des poursuites criminelles et pénales qui aura à décider si des accusations seront portées contre lui dans le dossier de fraude. 

Par ailleurs, la situation était quasiment revenue à la normale, mercredi avant-midi, sur la rue Saint-Joseph, hormis la présence de deux autopatrouilles de la Sûreté du Québec.

Dès que son état de santé le permettra, Steve Soucy sera amené au palais de justice de Trois-Rivières pour sa comparution.

Parmi les résidants évacués, ceux rencontrés par Le Nouvelliste portaient cependant les marques d’une courte et mouvementée nuit sur leur visage. Désireux de garder l’anonymat, ils ont cependant tous confirmé que Steve Soucy et les autres occupants du logement en question étaient turbulents et dérangeaient passablement le voisinage, et ce, depuis un bon moment déjà. L’une d’entre eux, qui vit dans la petite localité depuis déjà plusieurs années, s’est notamment dite soulagée que Soucy ait été arrêté et espère que la quiétude revienne dans le quartier. Elle a confirmé que les policiers visitaient régulièrement l’endroit.

«J’espère que c’est terminé. Ça n’a pas été évident pour mes enfants qui vivent avec moi et qui étaient là hier (mardi) quand les policiers sont arrivés», a confié la dame.

Rappelons que Soucy avait aussi fait l’objet d’une chasse à l’homme à Champlain en novembre dernier pour des voies de faits présumément commis contre une femme. Sachant que l’individu était armé au moment de sa fuite, la SQ avait lancé une vaste opération de recherches, utilisant même un hélicoptère. Des agents du groupe tactique d’intervention avaient été envoyés. 

Le suspect aurait notamment passé un week-end à l’extérieur, trouvant refuge dans des chalets. Il avait justement été retracé dans l’un de ces chalets. Souffrant d’hypothermie, il avait été conduit à l’hôpital afin d’y recevoir des soins.

Il avait par la suite été accusé de s’être livré à des voies de fait contre une femme et d’introduction par effraction dans deux chalets de Champlain. Soucy avait été remis en liberté en novembre avec plusieurs conditions dont celle d’être présent devant le tribunal lorsqu’il y était convoqué. Or, lundi dernier, il brillait par son absence, d’où l’émission d’un mandat. 

Cette première opération policière avait entraîné des coûts importants. Selon des informations obtenues par TVA Mauricie, les frais s’élevaient à près de 28 000 $, dont 26 000 $ pour l’utilisation de l’hélicoptère durant la journée du 17 novembre 2017.