Justin Milette toujours à la recherche d’un avocat

TROIS-RIVIÈRES — Une nouvelle accusation de menaces de mort contre des personnes associées au système judiciaire a été portée contre Justin Milette lors de son retour devant le tribunal vendredi.

En fait, cette accusation est reliée au même événement qui a conduit à son arrestation le 30 avril pour les propos menaçants qu’il aurait tenus lors d’un appel logé au bureau du Protecteur du citoyen à Québec. Elle vient donc s’ajouter aux chefs déjà portés contre lui plus tôt cette semaine, c’est-à-dire intimidation envers un juge et un procureur de la Couronne et bris de probation.

Comme il y a une objection à sa remise en liberté, une enquête sur caution devra être tenue. Celle-ci aurait pu se dérouler vendredi, mais Justin Milette n’a toujours pas réussi à se trouver un avocat. Ceux qui pratiquent à Trois-Rivières refusent en effet d’assumer sa défense en raison du conflit d’intérêts avec les présumées victimes. Comme le prévenu a confirmé qu’il désire se prévaloir de son droit à l’assistance d’un avocat, le juge David Bouchard a donc demandé à une représentante de l’aide juridique de lui fournir une liste d’avocats pratiquant à l’extérieur de la région pour l’aider dans ses recherches. Son enquête sur caution a donc été reportée au 10 mai. Elle se tiendra vraisemblablement devant Rosaire Larouche, un juge qui provient lui aussi de l’extérieur de la région.

Dans le box des accusés, Justin Milette s’est plaint à plusieurs reprises que la preuve qu’on lui a remise (et qu’on continuait à lui donner encore vendredi) était incomplète. Il a notamment demandé au procureur de la Couronne, Me Jean Caron de Québec, de lui fournir plusieurs documents dont l’ordonnance qui lui interdirait d’avoir des armes en sa possession, les notes personnelles des policiers qui l’ont arrêté, les enregistrements visuels de son arrestation qu’il a qualifiée de «vraie farce», la déposition de la plaignante à Québec et l’enregistrement de leur conversation, la liste des objets saisis chez lui et des policiers ayant participé à la perquisition, etc.

Dans la même veine, il s’est dit victime d’écoute électronique à sa résidence avant les événements du 30 avril, et soutient qu’il y avait des «tireurs embusqués» dans un boisé près de sa résidence. Rappelons que Justin Milette, 53 ans, est reconnu pour le harcèlement dont il fait preuve dans ses nombreux recours judiciaires depuis plusieurs années au point où il a été déclaré plaideur quérulent tant par la Cour supérieure que par la Cour d’appel. Il lui est donc interdit d’entreprendre des recours devant tous les tribunaux et instances judiciaires du Québec sans l’autorisation d’un juge en chef ou d’un responsable.

Des évaluations psychologiques auraient démontré qu’il pourrait souffrir d’un délire de persécution. La Cour d’appel a abondé dans le même sens lors d’une récente décision rendue le 6 avril 2018.

Le 30 avril, Justin Milette aurait téléphoné au bureau du Protecteur du citoyen de Québec afin de se plaindre du traitement reçu de la part d’un juge et d’un procureur. Il aurait alors menacé de s’en prendre à ceux-ci. Soupçonnant la présence d’une arme dans sa maison, les policiers de Trois-Rivières avaient érigé un périmètre de sécurité avant finalement de l’arrêter. Le suspect avait d’ailleurs accepté de se rendre après des discussions avec les enquêteurs. Aucune arme n’avait par contre été retrouvée chez lui.