Les expertises ont révélé jeudi que Justin Milette est inapte.

Justin Milette: le verdict de culpabilité est annulé

Trois-Rivières — Le jugement de culpabilité rendu contre Justin Milette pour intimidation envers des personnes associées au système judiciaire vient d’être annulé en raison de ses problèmes mentaux.

On se rappellera qu’en octobre dernier, au terme d’un long procès dans lequel il assurait sa propre défense, Justin Milette avait été déclaré coupable d’intimidation. Le juge Alain Morand avait conclu qu’il était l’auteur des propos menaçants tenus à deux reprises contre un juge et un procureur de la Couronne et qu’ainsi, il avait agi de manière à provoquer la peur en vue de leur nuire dans l’exercice de leurs attributions. Il avait donc été déclaré coupable sur le chef le plus grave, soit celui d’intimidation. En ce qui concerne l’accusation de menaces qui avait également été portée contre lui, il avait bénéficié d’une suspension conditionnelle des procédures pour éviter un dédoublement des condamnations.

Puis, au stade des plaidoiries sur sentence, le juge avait ordonné que Justin Milette fasse l’objet d’une évaluation psychiatrique visant à déterminer sa responsabilité criminelle pour les crimes qui lui sont reprochés. Il s’était alors basé sur le comportement général de M. Milette, ses propos, sa défense et l’historique sommaire de sa longue saga judiciaire devant les tribunaux pour l’obliger à se soumettre à cette évaluation de 30 jours.

Or, les expertises ont révélé, jeudi, que Justin Milette est inapte. Les psychiatres n’ont pas réussi à l’évaluer sur sa responsabilité criminelle en raison de cette inaptitude. À la lumière de ces résultats, le juge Morand a alors décidé de rescinder son verdict de culpabilité en le déclarant inapte.

Évidemment, Justin Milette a clairement fait savoir qu’il voulait contester les conclusions des experts sur son état mental, d’autant plus que le procureur de la Couronne, Me Jean Caron, veut le forcer à bénéficier d’un traitement psychiatrique. Du coup, le juge a donc demandé à Me Emmanuel Ayotte, de l’aide juridique à Trois-Rivières, d’agir comme avocat d’office pour Justin Milette pour la suite des procédures puisque les psychiatres seront assurément contre-interrogés. Le dossier a été reporté au 23 janvier.

D’ici là, Justin demeure toujours détenu. À ce jour, il a purgé en détention préventive l’équivalent de 12 mois et 26 jours à temps et demi. Au départ, la Couronne voulait réclamer du tribunal qu’une peine de 18 mois lui soit imposée.

L’individu compte de nombreuses condamnations pour des infractions criminelles de harcèlement, bris d’ordonnance, possession et usage de faux documents, distribution de pornographie juvénile et supposition de personnes. Il est aussi connu pour le harcèlement dont il fait preuve dans ses nombreux recours judiciaires. Son comportement lui a d’ailleurs valu d’être déclaré plaideur quérulent à deux reprises.

Ses dernières infractions avaient eu lieu en avril dernier. Dans un contexte où il voulait déposer une plainte contre le procureur ayant porté contre lui les accusations de pornographie juvénile, il avait appelé au bureau de la Direction des poursuites criminelles et pénales à Québec le 23 avril. Il avait alors déclaré que si le procureur se présentait chez lui, il allait l’arrêter et que s’il en venait à tuer ce dernier ou qu’il décède, ce serait la faute du DPCP. Quelques jours après, soit le 30 avril, le suspect avait récidivé. Il avait appelé cette fois-ci au bureau du Protecteur du citoyen et déclaré à une agente qu’il allait tuer le juge et le procureur.