Dès que les plaidoiries des avocats ont été terminées, le juge Guy Lambert a ordonné la détention immédiate du jeune homme.

Jonathan Charbonneau prend le chemin de la prison

Même si sa sentence n'a pas encore été prononcée, Jonathan Charbonneau, 22 ans de Shawinigan, a pris le chemin de la prison, lundi après-midi, pour avoir tyrannisé deux ex-amies de coeur dans le cadre de relations très contrôlantes.
Dès que les plaidoiries des avocats ont été terminées, le juge Guy Lambert a en effet ordonné la détention immédiate du jeune homme. Il est vrai que la peine minimale est de 90 jours de prison sur le chef d'agression sexuelle puisque la victime de ce crime avait moins de 16 ans. La sentence sera imposée le 26 janvier.
Rappelons qu'en 2012 et 2013, Jonathan Charbonneau a fait vivre des moments très pénibles à deux jeunes filles de 15 et 16 ans au point que celles-ci ont pensé au suicide. Il a contrôlé tous leurs faits et gestes par le biais de menaces directes et indirectes, de voies de fait et de harcèlement.
Même s'il a lui-même été victime d'intimidation verbale et physique pendant une bonne partie de son enfance, il a usé de plusieurs stratagèmes pernicieux pour avoir une emprise totale sur elles. Il a notamment prétendu faire partie d'un gang de rue, disant aussi avoir des amis qui avaient torturé le père d'une ex-copine et avoir mis le feu à sa maison. Il a également inventé des individus fictifs qui menaçaient les plaignantes.
À quelques reprises, il s'est livré à des voies de fait contre elles notamment pour les punir. On parle ici de gifles, de coups de poing, de coups de coude, de serrement du cou et des bras. Il l'a forcé l'une d'elles à se mettre à quatre pattes pour l'asperger de produits nettoyants. Il a frappé l'autre victime sur le ventre avec une chaîne. Dans les deux cas, il forçait aussi les plaignantes à lui donner de l'argent.
À la suite des premiers événements survenus en 2012, une plainte avait été portée à la police. Charbonneau avait donc été arrêté puis remis en liberté sous engagements. Malgré tout, il avait récidivé avec une nouvelle amie de coeur en mars 2013. Arrêté une deuxième fois en avril 2013, Charbonneau avait finalement plaidé coupable à des chefs de menaces, agression sexuelle, voies de fait, voies de fait armées, harcèlement et bris d'engagements.
Dans le cadre des plaidoiries sur sentence, la procureure de la Couronne, Me Vicky Belleville, a réclamé 12 à 15 mois de prison en insistant notamment sur les facteurs aggravants dans cette affaire. Elle a parlé des notions de punition et domination, du fait que les gestes avaient été commis dans le cadre de relations amoureuses et de son inquiétude quant au risque de récidive possible.
De son côté, la défense, représentée par Me Yvan Braun, a suggéré que la peine de prison, tienne compte des 64 jours de détention provisoire, qu'elle soit purgée les fins de semaine et si nécessaire, dans la collectivité.
Il a surtout insisté sur le fait que les problèmes d'agressivité et d'impulsivité de son client avaient été causés par sa consommation excessive de produits d'entraînement et de dérivés de stéroïdes anabolisants en 2012 et 2013. Il a aussi mentionné que ce dernier s'était réhabilité depuis les événements à la suite d'une thérapie à la Maison Carignan.
Notons que Charbonneau a affirmé ne pas avoir de souvenir des événements qui lui sont reprochés.