Jimmy Boisvert lors d’un précédent passage au palais de justice de Trois-Rivières.
Jimmy Boisvert lors d’un précédent passage au palais de justice de Trois-Rivières.

Jimmy Boisvert nie les allégations d’agression sexuelle

TROIS-RIVIÈRES — L’entraîneur de boxe Jimmy Boisvert se défend bien d’avoir agressé sexuellement une femme dans un bar de Trois-Rivieres dans la nuit du 18 au 19 novembre 2017.

Selon ce qu’il a raconté dans le cadre de son procès jeudi, il aurait tenté tout au plus de l’embrasser, croyant qu’elle était intéressée par lui. «J’ai enlacé sa taille en lui touchant le dos et j’ai voulu l’embrasser mais elle a refusé. Elle m’a parlé de ma femme et m’a dit que c’était contre ses principes», a-t-il déclaré.

Sur le coup, il ajoute avoir commencé à angoisser parce qu’elle lui faisait la morale en insistant sur le fait qu’il avait une femme et qu’en plus, elle était belle. «Je lui ai demandé de ne parler de ça à personne parce que je ne voulais pas justement que ma femme le sache. Elle n’a pas répondu et elle est partie dans le bar», a-t-il ajouté.

En aucun temps, il soutient lui avoir touché les fesses et avoir exhibé son pénis. Et lorsqu’il est retourné dans le bar, il n’a pas tenté de la toucher non plus. Il lui aurait seulement donné la bise sur les deux joues lorsqu’elle a quitté le bar comme d’autres amis présents. Et encore là, il nie lui avoir mordillé les oreilles comme l’affirme la plaignante.

En fait, il a répété à plusieurs reprises lors de son témoignage qu’il croyait sincèrement qu’elle était intéressée par lui. En ce sens, Jimmy Boisvert a parlé d’un jeu de séduction dans lequel chacun aurait complimenté l’autre sur son aspect physique lorsqu’ils étaient assis l’un à côté de l’autre au bar.

Il a admis lui avoir demandé si elle criait aussi fort au lit après l’avoir entendu encourager des boxeurs lors du gala qui s’était tenu plus tôt dans la soirée. Selon lui, elle lui aurait répondu «oui et encore plus».

Il lui aurait dit qu’il aimerait entendre ses cris au lit. La plaignante lui aurait fait part de son intérêt en le regardant avec des yeux brillants, selon ses dires, mais elle lui aurait aussi mentionné que c’était impossible puisqu’il avait une femme et que cela ne faisait pas partie de ses principes de coucher avec un homme marié.

Rappelons que Jimmy Boisvert, 47 ans, subit présentement son procès au palais de justice de Trois-Rivières devant le juge Jacques Trudel. La procureure de la Couronne, Me Catherine Lacoursière, a porté contre lui une accusation d’agression sexuelle. Il est défendu dans cette cause par Me Pénélope Provencher. Les faits qui lui sont reprochés seraient survenus à l’ancien bar La Petite Grenouille, un établissement qui lui appartenait.

La plaignante s’entraînait alors depuis quelques mois au Club de boxe Performance. Elle y avait croisé Jimmy Boisvert et ce dernier lui avait prodigué quelques conseils lors d’une séance de sparring mais sans plus.

Le 18 novembre, elle s’était rendue au gala de boxe. Elle avait ensuite été invitée à venir terminer la soirée au bar où les événements en cause seraient survenus.

Sur bien des points, les versions du prévenu et de la plaignante concordent. Elle avait raconté cet épisode concernant les avances sexuelles de Jimmy Boisvert à l’effet qu’il aimerait l’entendre crier au lit et elle avait reconnu qu’elle le trouvait bel homme après l’avoir vu en boxer au gymnase. Par contre, lorsqu’il lui avait demandé si elle était aussi bruyante au lit, elle avait plutôt répondu être comme ça dans toutes les sphères de sa vie.

De même, lorsque la plaignante a voulu se rendre aux toilettes, Jimmy Boisvert lui aurait proposé de l’amener dans l’arrière-boutique afin de lui éviter de faire la file, tout en la prenant par la main. Ils se seraient ensuite rendus au sous-sol où se trouvait le premier gymnase de Jimmy Boisvert.

C’est à ce moment que les versions diffèrent. La plaignante soutient qu’il a essayé de l’embrasser, qu’il a mis les mains dans ses leggings afin de lui toucher les fesses, qu’il aurait également essayé de toucher ses parties génitales et qu’il lui aurait montré son pénis en lui demandant de le toucher, ce qu’elle a refusé.

Et pendant qu’il remontait ses pantalons, il lui aurait demandé de n’en parler à personne. Elle aurait ensuite monté dans l’escalier à toute vitesse pour retourner dans le bar où elle s’était enfermée dans les toilettes, tant elle était secouée.

Dans sa version, elle affirme que le suspect serait revenu s’asseoir plus tard auprès d’elle pour caresser son dos et ses cuisses et lui faire de nouvelles avances sexuelles. Et lorsqu’elle a quitté les lieux, il l’aurait de nouveau agressée en lui donnant des baisers dans le cou et en lui mordant les oreilles, ce qu’il nie totalement.

Jimmy Boisvert lui aurait ensuite écrit via Messenger qu’il était désolé s’il avait été tannant mais que c’était de sa faute à elle car elle l’avait en quelque sorte allumé avec ses cris d’encouragement au gala.

Elle avait finalement porté plainte aux policiers contre lui quelques jours plus tard. Elle avait aussi cessé d’aller au Club Performance.

La défense a également fait témoigner François Pratte. Ce dernier est venu corroborer certaines parties du témoignage de Jimmy Boisvert, notamment sur l’état festif de la plaignante même après l’agression dont elle aurait été victime dans le sous-sol.

Les plaidoiries des avocates auront lieu ce vendredi. Le juge prendra ensuite la cause en délibéré.