Des gens ont continué à venir déposer des fleurs devant la résidence de la rue Sicard où a eu lieu la tuerie, mardi matin.

Jeudi après-midi, rue Sicard

Jeudi après-midi, rue Sicard. Les rubans de la police ont disparu. Le quartier a retrouvé sa tranquillité habituelle. Seule trace du drame qui s'est joué: une fenêtre fracassée. Et des bouquets de fleurs laissés sur le bord de la route. Aussi un peu plus loin, trois roses rouges plantées dans la neige près de la porte d'entrée. Des messages accrochés aux bouquets laissent transparaître le chagrin et le grand vide que laissent les victimes. «Veille sur nous de là-haut. Continue de rayonner parmi les étoiles.» «Je garde un modèle de persévérance et de joie de vivre.» «Va rejoindre les étoiles, petit ange», peut-on lire, entre autres.
Devant la maison, des véhicules circulent lentement. Des inconnus qui viennent cueillir la preuve que le coeur de l'Homme peut être noir. Une voiture s'immobilise, la conductrice fait un signe de croix. «Je suis venue faire une prière. J'ai une pensée pour les parents. Je ne peux pas croire ce qui est arrivé», souligne Lucie Harnois.
Si les policiers sont partis, la stupeur demeure. Les voisins ont de la difficulté à réaliser qu'un tel déferlement de violence a frappé à quelques pas de leur porte. «On est encore bouleversé. On essaie de s'expliquer ça, mais on n'est pas capable. C'est incompréhensible», souligne un voisin, qui préfère garder l'anonymat. «Tout le monde se pose des questions. C'est terrible pour des parents de perdre ses enfants comme ça», ajoute un résident du quartier.
Au Groupe Harnois, à Saint-Thomas, près de Joliette, où travaille la mère des soeurs assassinées, c'est évidemment la consternation. «Premièrement, personne ne croyait que cet événement avait pu être possible. C'est vécu de différentes façons. Certains ont de la peine, d'autres de la colère, d'autres de l'incompréhension», raconte Claudine Harnois, vice-présidente ressources humaines et communications.
La direction et le personnel sont de tout coeur avec leur collègue éprouvée et sa famille. «Elle est entourée de sa famille. Les gens prennent soin d'elle. On est là si elle en a besoin et on sera là dans les prochaines semaines et les prochains mois», mentionne Mme Harnois.
«On ne peut pas faire tant dans ces circonstances-là, mais on fait tout ce qu'on peut faire», ajoute-t-elle.
De l'aide a été offerte au personnel. «On a pris les devants. On a un programme d'aide aux employés. Il y a des services qui sont disponibles au CLSC, donc on a donné toute l'information et les personnes qui en ressentent le besoin peuvent recevoir une aide individuelle», explique Mme Harnois.
La victime de 22 ans travaillait chez Tonix à Trois-Rivières. «Tout le monde est touché, bouleversé. Chacun le vit un peu à sa façon», note Valérie St-Denis, directrice. L'événement est d'autant plus difficile à surmonter qu'il s'est déroulé dans des circonstances particulièrement tragiques.
«On sait qu'on n'aura jamais les réponses. C'est d'autant plus surréel et horrible», déplore Mme St-Denis. La jeune femme travaillait à cet endroit depuis septembre 2009. «Elle était enjouée, dynamique, super rigoureuse, très appréciée des clients, souriante, très engagéeet impliquée» souligne Mme St-Denis.