Jean-Sébastien Dufour est acquitté

Trois-Rivières — Au terme d’un second procès qui avait été ordonné par la Cour d’appel, Jean-Sébastien Dufour a été acquitté des accusations de séquestration et de menaces de mort qui pesaient contre lui.

On se rappellera que cet individu avait poignardé un homme à Montréal en juin 2014. Fortement intoxiqué, il avait ensuite volé une voiture et s’était rendu dans un logement de la rue Saint-Valère à Trois-Rivières à la recherche de drogue.

Il y avait trouvé deux femmes qui ne le connaissaient pas. En fait, l’une d’elles venait d’emménager dans ce loyer. Faisant preuve d’un calme exemplaire, elle avait alors tenté de dialoguer avec lui. Le suspect affirmait qu’il sortait de la prison de Donnacona et qu’il était recherché pour une tentative de meurtre à Montréal. Il exigeait d’elle qu’elle lui trouve de la drogue sinon il ne savait pas ce qu’il allait lui faire.

Elle l’avait donc accompagné dans un bar voisin. Elle était ensuite revenue chez elle, seule, et avait éclaté en sanglots avant d’appeler le 911. Des années plus tard, le juge a noté que cette femme souffre encore d’une grande détresse émotionnelle tant cet événement avait été marquant pour elle. Les policiers avaient arrêté Dufour quelques instants plus tard.

En octobre 2015, il avait été déclaré coupable par la juge Guylaine Tremblay de séquestration, d’avoir proféré des menaces de mort ou de causer des lésions à une femme, d’avoir proféré des menaces de causer des dommages et d’avoir volé un véhicule à moteur.

En mai 2017, Dufour avait présenté son dossier à la Cour d’appel et obtenu gain de cause. La juge Nicole Duval Hesler avait conclu que la juge Tremblay avait commis une erreur de droit en omettant de considérer le témoignage de la deuxième femme qui était présente lors des événements. Ce témoignage présentait, selon la juge Hesler, des différences importantes avec celui de la plaignante. Elle avait donc annulé les verdicts de culpabilité sur les chefs de menaces de mort et de séquestration et ordonné un nouveau procès. Notons que la culpabilité de Dufour sur les chefs de menaces de causer des dommages et de vol de véhicule n’avait pas été contestée.

Un second procès avait donc eu lieu le 28 février et le 1er mars dernier. C’est Me Catherine Lacoursière qui agissait comme procureure de la Couronne et Me Maxime Raymond qui assurait la défense de Dufour.

Le juge David Bouchard a conclu que la preuve n’avait pas été faite hors de tout doute raisonnable que le prévenu avait bel et bien eu l’intention spécifique de proférer des menaces compte tenu de son état d’intoxication très avancé. Quant au chef de séquestration, il soutient que la plaignante était certes inquiète et apeurée intérieurement mais qu’elle avait su faire preuve d’une grande maîtrise de soi de sorte qu’elle avait toujours gardé le contrôle de ses actions lorsqu’elle se trouvait en présence de Jean-Sébastien Dufour. Elle a même contacté à quelques reprises son conjoint lors de ses négociations avec l’accusé. Et lorsqu’elle avait été en mesure de faire appel au 911 plus tard, elle aurait signalé aux autorités que Dufour se trouvait à Trois-Rivières et venait de commettre une tentative de meurtre à Montréal sans se victimiser.

Or, ce verdict d’acquittement vient désormais lier les mains du ministère public qui souhaitait le faire déclarer délinquant dangereux compte tenu de son lourd passé criminel. Les plaidoiries sur sentence pour les dossiers de vol de véhicule et de menaces de causer des dommages ont été reportées au 26 juin. Bien que c’est la juge Guylaine Tremblay qui devrait présider ces audiences puisque c’est elle qui l’avait déclaré coupable, la défense a demandé au juge Bouchard de se saisir de ce dossier. On sait que Dufour ne s’est pas gêné dans le passé pour insulter la juge Tremblay.