Jean Mallette condamné à 42 mois de prison pour des arnaques de grands-parents

TROIS-RIVIÈRES— Jean Mallette vient d’être condamné à une peine de 42 mois de prison pour avoir fraudé plusieurs personnes âgées en se faisant passer pour un petit-fils ou un neveu.

Cet individu de Montréal, âgé de 36 ans, était d’ailleurs considéré comme l’une des têtes dirigeantes de cet important réseau d’arnaqueurs de grands-parents qui avait sévi un peu partout au Québec en 2015 et 2016.

C’est lui qui appelait directement les femmes âgées pour tenter de leur soustraire leur argent sous de faux prétextes. Le juge Guy Lambert a noté dans la sentence qu’il a profité de la vulnérabilité des personnes âgées en jouant avec leurs sentiments et l’amour qu’elles portent à leur famille. «Les crimes étaient prémédités et planifiés et ils ont été commis avec froideur», a-t-il ajouté. Il s’agit de gestes qui sont moralement indéfendables, selon lui.

Avec l’aide de plusieurs complices, Mallette a ainsi commis 13 fraudes totalisant 56 000 $ et 19 tentatives de fraudes pour un montant de 72 000 $.

Dans cette affaire, la procureure de la Couronne, Me Martine Tessier, avait suggéré une peine de 54 mois de prison et l’obligation de dédommager certaines victimes. Elle avait insisté sur les facteurs aggravants très importants. Les avocats de la défense, Me Gilles B. Thibault et David Pinard avaient plutôt réclamé 30 mois de prison.

Le juge Lambert a finalement conclu qu’une peine de 42 mois de prison s’imposait, moins la détention préventive pour un total de 38 mois et demi. Il a certes tenu compte des facteurs aggravants tel que la préméditation, le nombre de victimes, leur âge et leur vulnérabilité, les conséquences dans leur vie mais aussi des facteurs atténuants. En effet, Jean Mallette n’a qu’un seul antécédent judiciaire pour trafic de drogue et il a toujours respecté ses conditions de remise en liberté.

Quant aux dédommagements demandés par certaines victimes, le juge a ordonné que le tiers des sommes fraudées leur soit remis. Jean Mallette aura donc cinq ans à sa sortie de prison pour payer 4000 $ au total.

Or, ses avocats ont déjà porté le jugement de culpabilité en appel, reprochant au juge d’avoir commis des erreurs de droit. Ils s’adresseront à la Cour d’appel dès que possible pour réclamer que leur client soit libéré durant les procédures judiciaires.

Rappelons que le scénario de ce réseau d’arnaqueurs était toujours le même: on ciblait des femmes âgées qui pouvaient avoir des petits-fils d’âge adulte, d’où le choix de prénoms à consonnance ancienne comme les Simone, Gisèle, Réjeanne, Rita, etc. L’âge des victimes variait entre 75 et 91 ans.

Jean Mallette est celui qui se faisait passer pour un petit-fils ou un neveu au téléphone. Il prétendait avoir été arrêté pour conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool et disait avoir besoin de 5000 $ pour être libéré. Il est aussi arrivé qu’on demande plus d’argent pour payer des frais d’avocats. À certaines occasions, une autre personne, tout particulièrement Steven Devantro, jouait le rôle d’un policier pour confirmer l’arrestation. On expliquait ensuite qu’un ami allait passer pour recueillir l’argent.

Il faudra l’arrestation de deux collecteurs, Alexandre Dubé et Sébastien-David Perez-Sauvé, au début de février 2016 à Trois-Rivières, pour que le réseau soit démantelé. Ces derniers avaient été surpris en flagrant délit par les deux fils d’une victime qui étaient intervenus personnellement en attendant l’arrivée des policiers.

L’enquête policière avait ensuite permis d’arrêter Steven Devantro, qui jouait un rôle de premier plan dans ce réseau, de Jean Mallette, considéré aussi comme une tête dirigeante et de tous les collecteurs. Devantro avait plaidé coupable et écopé de six ans de pénitencier.

Jean Mallette avait pour sa part subi un procès qui s’était étiré pendant dix jours. Dans sa décision de 40 pages, le juge Guy Lambert avait ensuite conclu en avril dernier qu’effectivement la poursuite avait réussi à faire la preuve hors de tout doute raisonnable de son implication dans ces fraudes.