Un enseignant à la retraite a plaidé coupable à des accusations d’agression sexuelle et d’inceste sur sa fille mercredi à La Tuque. Le sexagénaire a été condamné à 24 mois moins un jour d’emprisonnement et deux ans de probation.

«Je veux être un modèle de courage et de détermination»

La Tuque — Un enseignant à la retraite a pris le chemin de la prison, mercredi, après avoir plaidé coupable à des accusations d’agressions sexuelles et d’inceste sur sa fille âgée de moins de 14 ans au moment des faits. Le sexagénaire a été condamné à 24 mois moins un jour d’emprisonnement et deux ans de probation. Il devra également effectuer 120 heures de travaux communautaires.

Les événements se sont déroulés entre 1985 et 1992. On parle notamment de touchers vaginaux, de masturbation et de pénétration partielle.

«C’est arrivé tellement souvent qu’elle ne peut pas dire combien de fois exactement», a indiqué le procureur de la Couronne.

La victime s’est adressée au Tribunal sur les impacts que ces événements ont eu sur sa vie. Elle a pris soin de mentionner que c’est, entre autres, le mouvement #moiaussi qui l’a incitée à dénoncer.

«Le mouvement #moiaussi a mis à l’avant-scène de vieux souvenirs que j’ai tenté d’oublier. Depuis, ça m’a fait replonger dans ces vieux souvenirs qui ont réveillé des blessures liées aux événements. [...] Cette dénonciation, je l’ai faite pour moi, mais aussi pour être un modèle pour ma fille. Je veux être un modèle de courage et de détermination», a-t-elle lancé.

«Malgré cette apparence de fille et de femme normale, je souffre des actes qu’il m’a faits. [...] Ces images que j’essaie de faire disparaître dans mes rêves, son odeur particulière qui me revient par moment, la grosseur de ses mains que je ne peux oublier. Entendre sa respiration m’a toujours agacée. Son souffle me rappelle tant de mauvais souvenirs», a ajouté la victime.

Cette dernière a livré un émouvant témoignage sur les répercussions que ces gestes ont eues dans sa vie personnelle et sexuelle.

«C’est ma vie et c’était mon enfance et non la sienne. Il n’a pas juste volé mon enfance, il a volé une partie de ma sexualité. On m’a laissée souffrir en silence».

L’accusé s’est également amené à la barre pour affirmer ses regrets et présenter ses excuses à la victime. Il a également souligné le courage de la plaignante dans toute cette affaire.

«C’est certain que je regrette les gestes que j’ai posés […] Je n’aurais pas pensé avoir fait autant de mal dans ma vie», a-t-il lancé.

Les avocats ont soumis une suggestion commune au juge de deux ans moins un jour d’emprisonnement qui sera suivi d’une probation de deux ans et de 120 heures de travaux communautaires. Cette suggestion prenait en compte que l’individu était sans antécédents, qu’il avait tout avoué, qu’il y avait une seule victime et qu’il n’y avait pas eu de récidive. Sa collaboration et son plaidoyer rapide ont également été soulevés.

«Il est prêt à assumer les conséquences de ses gestes», a indiqué son avocate.

Cette suggestion prenait également en compte certains facteurs aggravants, notamment, la nature des gestes, la fréquence et l’abus de confiance puisqu’il s’agissait de sa propre fille.

Le juge David Bouchard a entériné la suggestion commune faite par les deux avocats.

«Vous avez manqué considérablement à vos obligations parentales», a-t-il lancé.

Le juge Bouchard a également souligné que la peine était suffisamment longue pour faire réfléchir l’accusé, qu’elle facilitera la réinsertion sociale et qu’elle n’était pas contraire à l’intérêt de la justice.