Darren Leclerc

«J’ai pensé mourir»

Trois-Rivières — Le procès de Daren Leclerc en lien avec des présumées agressions sexuelles commises sur trois jeunes femmes s’est poursuivi, vendredi, avec le témoignage d’une seconde plaignante. Cette dernière n’avait que 16 ans au moment des événements. Incapable de retenir ses larmes devant la juge Guylaine Tremblay, elle a raconté péniblement les agressions dont elle aurait été victime les 6 et 7 octobre 2016. Le prévenu se serait montré très brutal avec elle lorsqu’il l’aurait prise de force dans sa chambre. «J’ai pensé mourir ce soir-là!», a-t-elle précisé.

Elle a tout d’abord expliqué qu’elle avait rencontré Daren Leclerc sur Facebook via des amis communs. Or, il s’est écoulé un an avant qu’ils ne se rencontrent pour la première fois. Ils auraient alors discuté normalement. Tandis qu’il la ramenait chez une amie, il aurait cependant eu un comportement bizarre et agressif avec elle et l’aurait insultée sans raison.

Dans la première partie de son témoignage, elle a raconté qu’elle avait toutefois accepté de lui donner une seconde chance et qu’ils s’étaient revus une deuxième fois la semaine suivante. Il l’avait alors emmenée chez lui et ils avaient eu une relation sexuelle consensuelle. Ils se sont même inscrits comme couple sur Facebook.

Au cours des jours qui ont suivi, des disputes auraient cependant éclaté entre eux liées à la jalousie et des rumeurs négatives le concernant.

En dépit de son inquiétude, elle a accepté de le revoir la semaine suivante, soit le soir du 6 au 7 octobre à sa résidence de Saint-Luc-de-Vincennes. Elle avait encore une fois menti à ses parents en prétendant aller coucher chez une amie.

Tandis qu’ils se trouvaient tous les deux au sous-sol, il aurait voulu la toucher mais elle aurait refusé. Selon elle, il se serait alors mis en colère et l’aurait déshabillée violemment en lui déchirant ses vêtements. Il l’aurait retournée sur le ventre, aurait mis la main sur sa bouche et son nez pour ensuite la violer. «J’étais terrifiée et traumatisée. J’ai essayé de crier mais j’en étais incapable car il avait mis sa main sur mon visage. J’étais sur le point de perdre connaissance. J’ai vraiment passé proche de mourir. Je me suis donc laissée faire pour que ça finisse», a-t-elle raconté.

Ils seraient par la suite partis faire une balade en auto au cours de laquelle il lui aurait proféré des menaces. Il lui aurait dit qu’elle allait se faire violer et que sa famille ne la retrouverait pas. Elle aurait alors sorti un exacto de son sac mais il s’en serait emparé, aurait retiré la lame et l’aurait jeté.

Et lorsqu’ils sont revenus au domicile de Daren Leclerc, il l’aurait frappée, prise à la gorge et violée de nouveau à quelques reprises au cours de la nuit. Ces agressions lui auraient d’ailleurs laissé des marques sur le corps.

Une plainte a ensuite été portée aux policiers.

Par contre, le contre-interrogatoire de Me Alexandre Biron a permis de relever plusieurs contradictions. D’une part, elle a soudainement modifié son témoignage en avouant qu’elle avait été en présence de Daren Leclerc seulement deux fois et non trois, de sorte qu’elle avait eu une relation sexuelle dès sa première rencontre. Questionnée sur ce changement de version, elle s’est emportée en clamant qu’elle ne pouvait pas tout se rappeler en raison d’un blocage mais que la seule affaire dont elle se souvenait précisément était d’avoir bel et bien été violée.

Or, plus le contre-interrogatoire avançait, et plus elle avait des trous de mémoire sur les gestes qui avaient été posés par le prévenu lors des agressions. Confrontée sur ses déclarations antérieures, elle s’est contredite sur le fil des événements notamment sur des éventuelles tentatives de fuite, sur le fait qu’elle se soit débattue ou non, sur les raisons qui l’avaient poussée à brandir un exacto, sur sa consommation de drogue.

Qui plus est, on a appris que lors d’une déclaration vidéo faite aux policiers le 21 octobre 2016, elle n’avait jamais mentionné avoir eu une relation sexuelle consentante avec lui avant les présumées agressions.

Quant à savoir pourquoi, elle a fini par dire que c’était pour rehausser sa crédibilité sur le viol.

Le procès de Daren Leclerc va se poursuivre la semaine prochaine.