Le grand chef du CNA, Constant Awashish, estime qu'il s'agit d'un malentendu.

Incident au réservoir Gouin: «C'est inacceptable»

L'incident impliquant des autochtones et des pêcheurs qui s'est déroulé, dimanche dernier au réservoir Gouin, a fait réagir le grand chef du Conseil de la nation atikamekw et des membres du comité organisateur de la randonnée à canot Tapiswan sipi. Visiblement, le ton a monté lors d'échanges entre les deux partis impliqués, mais on assure qu'il n'y a pas eu d'intimidation.
«Je pense qu'il y a un manque de communication avec les pourvoyeurs. [...] C'est un malentendu et de l'ignorance, je crois. On déplore beaucoup ce qui est arrivé», a lancé le grand chef du CNA, Constant Awashish.
«C'est inacceptable et on va prendre des actions politiques s'il le faut. On va s'assurer qu'il y ait de la sensibilisation et qu'ils respectent les règles quitte à perdre leur permis s'ils en sont incapables», a-t-il ajouté.
Pour Constant Awashish, ce sont les jeunes qui sont le plus pénalisés dans toute cette histoire. Des jeunes qui sont partis en excursion pour se ressourcer.
«Beaucoup de ces jeunes ont des problèmes, ils vont là pour essayer de s'en sortir. C'est déplorable que ça arrive encore aujourd'hui. Doublement quand ça implique des jeunes qu'on essaie d'aider avec des activités culturelles et de ressourcement. C'est très frustrant», lance-t-il.
D'ailleurs, les versions de l'incident diffèrent. Une des organisatrices raconte que des membres de l'équipe se sont bel et bien aperçus qu'il y avait des gens déjà sur l'île à leur arrivée. 
«Ils leur ont expliqué que ça faisait plusieurs années qu'on s'arrêtait là et qu'une cinquantaine de jeunes allaient arriver», a raconté Martine Denis-Damée, membre du comité organisateur.
Puis l'ensemble du groupe est arrivé, plusieurs ne comprenaient rien de ce qu'il se passait, selon la version racontée par l'organisatrice.
«Là, ils ont commencé à se demander qui reste et qui s'en va. Le ton a commencé à monter. Les gens nous ont dit que ce n'était pas à eux de partir. [...] On leur a même proposé de rester. Il s'est échangé encore des paroles et le ton a monté...», note Martine Denis-Damée.
«Ils se sont parlé entre eux, et ils ont décidé de partir», ajoute-t-elle.
D'ailleurs, les organisateurs nient totalement avoir menacé les pêcheurs de pousser les bateaux maison à l'eau.
«On ne les a pas menacés d'aucune façon. Ils sont partis d'eux-mêmes», a insisté Martine Denis-Damée.
Les Atikamekw qui naviguent entre Opitciwan et Manawan se disent excessivement déçus de ce qui est arrivé et ils aimeraient une réconciliation. 
Témoin d'un événement malheureux
Le grand chef du CNA a lui-même pris part à ce périple l'an dernier. Constant Awashish raconte avoir vécu le même type d'événement au dénouement heureux cette fois-là, mais il a aussi été témoin d'une scène moins reluisante. 
«On avait croisé un bateau maison, il est passé à 200 ou 300 mètres de nous. Ils nous ont dépassés, et ils se sont mis à faire «ouh ouh ouh ouh». [...] C'est surprenant, mais je ne suis pas surpris en même temps», a raconté le grand chef.
Puis à l'inverse, la troupe était débarquée sur une île déjà occupée par des villégiateurs qui se sont mêlés aux groupes.
«Ils avaient été très accueillants, ils voulaient tout savoir sur les Atikamekw», a noté Constant Awashish.
Des correctifs à apporter
Les organisateurs vont prendre le temps d'analyser la situation au retour de leur périple. 
«Ils ont peut-être appris quelque chose. Ils vont peut-être faire le nécessaire pour indiquer qu'ils vont passer, ou avertir les pourvoyeurs», a conclu Constant Awashish.