Les enquêteurs de la police de Trois-Rivières tentent d’expliquer les circonstances de l’incendie de la rue Bureau considéré comme suspect.
Les enquêteurs de la police de Trois-Rivières tentent d’expliquer les circonstances de l’incendie de la rue Bureau considéré comme suspect.

Incendie suspect à Trois-Rivières

Trois-Rivières — Le visage marqué par la fatigue d’une nuit blanche d’angoisse, Nancy Dureau et Linda Juneau avaient hâte de connaître mardi matin l’étendue des dommages sur leur duplex de la rue Bureau à Trois-Rivières causé par un violent incendie. Les deux femmes devaient toutefois ne pas traverser le cordon de sécurité qui les sépare de leur domicile, parce que l’incendie qui a ravagé un immeuble et en a endommagé deux autres est considéré comme suspect par le service de police de Trois-Rivières.

«On a entendu un gros bruit. Comme si c’était un face à face entre deux autos», témoigne Linda Juneau en décrivant le son d’une explosion qui a été entendu par tout le voisinage.

Voyant alors que le bloc voisin était en feu, Nancy Dureau est allé voir ses parents qui habitent l’appartement du haut du duplex dont elle est propriétaire.

«Je suis allée chercher ma mère en lui disant qu’il y avait le feu. Elle m’a répondu de ne pas faire de blague jusqu’à ce que j’ouvre les rideaux et voit les flammes», raconte Nancy Dureau qui ajoute qu’ils sont maintenant en sécurité.

Nancy Dureau, à droite, est la propriétaire d'un des immeubles touchés par l'incendie. 

Un important brasier

La Direction de la police de Trois-Rivières (DPTR) rapporte qu’un de ses patrouilleurs a remarqué vers 22h des flammes sur la façade d’un bâtiment de la rue Bureau. Il a alerté les pompiers et a procédé à l’évacuation du bâtiment. Le directeur de la Direction des pompiers de Trois-Rivières, Dany Cloutier, affirme pour sa part que le brasier était déjà très intense lors de l’arrivée des premiers pompiers.

«Le feu s’est propagé rapidement à la suite d’une explosion. L’embrasement était généralisé sur un bâtiment», mentionne Dany Cloutier.

Un résident a dû être transporté en ambulance au centre hospitalier, mais on ne connaît pas son état de santé.

Les pompiers ont dû démolir l’immeuble où l’incendie s’est déclaré afin de pouvoir éteindre tous les foyers. Le duplex qui avait un mur mitoyen avec ce bâtiment est lourdement endommagé, alors que celui de Mme Dureau a subi des dommages considérables. En tout, six appartements ont subi des dégâts.

Linda Juneau

«Le revêtement a fondu et une partie du toit a brûlé. Mais c’est surtout l’eau qui cause des dégâts. Je n’ai plus d’électricité parce qu’on a retiré les fils. Mais nous avons une pompe au sous-sol pour évacuer l’eau en raison du sol dans le secteur. Mais sans électricité, l’eau reste là», déplore Nancy Dureau.

«Un camion a arraché les fils électriques l’an passé. Ça m’a coûté 1200 $ me faire rebrancher. Ça va être à refaire.»

Nancy Dureau et Linda Juneau étaient accompagnées de deux autres femmes de leurs familles lorsque Le Nouvelliste les a rencontrés. Cet incendie rappelle de tristes souvenirs à la mère de Linda Juneau; elle qui avait presque tout perdu lors d’un incendie survenu à quelques rues de là, sur la rue Laurier. «Je n’avais pas d’assurances et j’ai beaucoup perdu. Maintenant, c’est sûr que j’en ai une», mentionne la dame.

Le duplex voisin a lourdement été endommagé par l’incendie.

Une chaleur accablante

Les quelque 75 pompiers qui ont combattu l’incendie jusque vers 2h dans la nuit ont dû composer avec des chaleurs accablantes. Les sapeurs devaient prendre des pauses pour se rafraîchir et s’hydrater. Malgré tout, trois pompiers ont subi des coups de chaleur.

«C’est impossible avec cette canicule travailler durant trois heures à éteindre un incendie. C’est pourquoi on doit faire des rotations», explique Dany Cloutier.

Des bénévoles de la Croix rouge étaient aussi sur place en soirée afin d’offrir des breuvages et de la nourriture aux personnes sinistrées. La chaleur accablante des derniers jours était bien sûr une préoccupation.

Le feu et l’eau ont causé bien des dégâts aux bâtiments voisins.

Incendie suspect

Des enquêteurs de la police de Trois-Rivières ainsi qu’un technicien en identité judiciaire étaient sur place mardi matin pour réaliser des analyses et recueillir des informations après des résidents afin de faire la lumière sur cet incendie considéré comme suspect.

«Lors du combat de l’incendie, les pompiers ont remarqué des éléments qui les ont incités à demander l’assistance des enquêteurs de la Direction de la police de Trois-Rivières. Le dossier est donc transféré à la division des enquêtes, afin d’éclaircir la cause exacte et les circonstances entourant l’incendie», souligne le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la Direction de la police de Trois-Rivières.