Incendie majeur chez Menthes Rito: «Nous allons reconstruire»

TROIS-RIVIÈRES — Les dirigeants des Menthes Rito n’ont pas mis de temps à se tourner vers l’avenir après l’incendie qui a ravagé l’édifice de la rue de la Vérendrye à Trois-Rivières qui abritait leur entreprise depuis sa fondation en 1957.

Alors que les cendres étaient encore chaudes, l’état-major de l’entreprise a rencontré les employés, vendredi après-midi, afin de les rassurer relativement à l’avenir de l’entreprise. Sans s’avancer sur les échéanciers ou encore sur les avenues qu’il empruntera pour se relever de cette épreuve, le directeur général de l’entreprise, Peter Nassif, confirme sans hésiter qu’il a l’intention de relancer
les activités. Pas question pour lui de se laisser abattre par ce triste événement.

«Nous allons reconstruire c’est certain. Nous allons tout faire pour que ça se fasse rapidement», a-t-il confié simplement avant d’entrer dans la salle où il allait s’entretenir avec ses employés.


Des badauds et des employés de l’entreprise se sont rendus sur les lieux de l’incendie tout au long de la journée de vendredi.

L’important manufacturier de bonbons à la menthe emploie près de 80 travailleurs. Tout ce beau monde se retrouve donc sans emploi pour une période indéterminée. Par ailleurs, l’entreprise était à la recherche de nouveaux employés afin de concrétiser un projet d’expansion de trois millions de dollars il y a quelques mois à peine. De plus, des travaux d’aménagement de nouveaux bureaux administratifs à l’arrière du bâtiment venaient tout juste d’être complétés. Les membres de la direction y avaient emménagé au cours des derniers jours.

Rappelons que l’entreprise constitue un chef de file dans son domaine au Canada et fait des affaires un peu partout en Amérique du Nord.

Ce sont des employés du quart de nuit qui ont constaté la présence de flammes provenant du plafond d’un des séchoirs à bonbons, vers 23 h 30 jeudi soir. Après avoir tenté de les éteindre avec un extincteur, ils ont contacté le Service des incendies de Trois-Rivières. Ils ont par la suite évacué le bâtiment. Heureusement, personne n’a été blessé.

«Après avoir tenté d’éteindre le feu, j’ai entendu un bruit dans le plafond. Je suis donc sorti de la chaufferie et j’ai indiqué à tout le monde d’aller à l’extérieur», a raconté Jason Duplessis, chef d’équipe du quart de nuit qui travaille pour l’entreprise depuis six ans.


Employé de l’entreprise depuis six ans, Jason Duplessis était le chef d’équipe en fonction lorsque l’incendie s’est déclaré.

Steven Beaudet était également au travail lorsque tout a commencé.

«Ça me fait de quoi de voir ça comme ça. Là je suis correct, mais j’étais affecté lorsque c’est arrivé hier soir [jeudi]», a-t-il admis.

Tout comme ses collègues, Denis Dupont se trouvait sur les lieux de l’incendie vendredi matin. Il a avoué qu’il était quelque peu ébranlé de voir son lieu de travail des 21 dernières années complètement détruit. Par contre, il se dit confiant pour la suite en raison de l’attitude positive de ses patrons. Plusieurs autres employés ont d’ailleurs salué la réaction de leur employeur.

«Ils voyaient le positif dans tout ça hier [jeudi] soir. Ils ont beaucoup d’ambition pour l’entreprise et ça fait du bien à entendre», a-t-il souligné.


Une pelle mécanique était l’œuvre en début d’après-midi afin de mettre à terre ce qui restait du bâtiment.

Plus de 70 pompiers de Trois-Rivières, Saint-Étienne-des-Grès et Bécancour ont été dépêchés sur place pour procéder à l’extinction de l’incendie, dont la cause n’était pas encore connue en fin de journée vendredi. Il semble que le travail des pompiers a été compliqué par la taille de l’usine ainsi que les nombreuses rénovations qui y ont été apportées au fil des années.

«Nous avons fait une attaque sur la toiture en arrivant, mais l’incendie s’est propagé au reste du bâtiment», a expliqué le chef des opérations pour le Service des incendies de Trois-Rivières, Stéphane Brisson.

Les résidents du secteur ont été privés d’électricité pendant un long moment en raison de l’opération. La ville a même dû émettre un avis d’ébullition préventif, qui devrait être levé au cours de la journée de samedi, dans un secteur délimité par le boulevard des Récollets, la rue Sainte-Marguerite, la rue des Forges et le fleuve Saint-Laurent.

Dès la fin de l’avant-midi vendredi, une pelle mécanique s’affairait à mettre à terre ce qu’il restait du bâtiment. Preuve qu’ils tiennent à relancer leur production rapidement, les dirigeants avaient demandé à l’opérateur de ne pas détruire certains équipements qu’ils désiraient garder intacts en raison de leur rareté. M. Nassif a également passé de longues minutes à discuter avec son assureur aux abords du périmètre de sécurité érigé par les pompiers.

IDE Trois-Rivières prêt à aider

Du côté d’IDE Trois-Rivières, on s’attriste au plus haut point de la situation dans laquelle M. Nassif et son équipe se trouvent présentement. Le directeur général adjoint, Jean Côté, soutient que l’organisme offrira son aide à l’organisme.

«Il n’y a jamais de bon timing pour un incendie, mais on dirait que c’est pire pour eux car ils sont en expansion. On va laisser passer la fin de semaine et nous allons les appeler afin de voir comment on pourrait les aider», a mentionné M. Côté.