Un violent incendie a rapidement réduit en cendres un immeuble de la rue Frigon, mardi après-midi, à Shawinigan.

Incendie majeur à Shawinigan

SHAWINIGAN — Un incendie majeur a laissé derrière lui un trou béant, mardi après-midi, sur la rue Frigon, à Shawinigan, alors qu’il n’a fait qu’une bouchée d’un imposant bâtiment de trois étages qui, heureusement, était inhabité. Les pompiers ont dû travailler d’arrache-pied pour que le brasier n’avale pas les bâtiments adjacents.

«C’est un incendie qui s’est propagé très rapidement», raconte François Lelièvre, directeur du Service de sécurité incendie de Shawinigan. L’incendie a pris naissance vers
12 h 15. Dès les premières minutes, l’alarme générale a été déclenchée. Lorsque les pompiers ont quitté la caserne de l’avenue Champlain, située tout près, un imposant panache de fumée était déjà visible. «Rapidement, les pompiers sont tombés en mode défensif. La façade s’est embrasée rapidement. Il y a eu effondrement d’une partie de la structure, ce qui a fait en sorte qu’on ne pouvait entrer nulle part à l’intérieur du bâtiment», poursuit M. Lelièvre.


Une quarantaine de pompiers ont combattu les flammes.

La bâtisse, où se trouvait anciennement la Ferronnerie Guillemette, un commerce très connu à Shawinigan, était vide depuis plusieurs années. Mais dernièrement, elle faisait l’objet de rénovations, selon plusieurs témoins. Un conteneur se trouvait d’ailleurs à l’avant et une pancarte annonçait l’aménagement prochain de condos. D’ailleurs, ces travaux n’ont pas facilité la tâche des pompiers. En raison de l’ouverture des murs et de l’absence de portes, la propagation a été plus rapide, a précisé M. Lelièvre. 

L’imposant panache de fumée était visible à plusieurs kilomètres à la ronde.

La priorité était d’éviter que l’incendie poursuive sa cavale destructrice. «À l’arrivée, on a protégé les bâtiments adjacents. Tous les bâtiments étaient rattachés à l’arrière et il y a une ruelle également avec des hangars», raconte le directeur du service des incendies. Les pompiers ont finalement réussi à limiter les dégâts au bâtiment incendié. 

Les deux immeubles adjacents ont d’ailleurs été évacués de toute urgence. Heureusement, personne n’a été blessé. Sylvain Gélinas fait partie de ceux qui ont dû quitter précipitamment leur logement. «C’est un livreur qui est venu me dire qu’il y avait des flammes et que c’était dangereux de rester là», raconte-t-il. L’homme à mobilité réduite a rapidement constaté l’ampleur du sinistre. «J’ai vu la flamme énorme. J’ai vu beaucoup de flammes. Même beaucoup plus loin, de l’autre côté du trottoir, on sentait quand même la chaleur.» Tandis que l’incendie détruisait tout sur son passage, il a craint le pire pour son chez-lui. «J’ai versé des larmes. J’ai eu peur de passer au feu.»


Plusieurs curieux ont été témoins de la propagation fulgurante du brasier.

Heureusement, les pompiers ont réussi à sauver son immeuble. Assis sur son quadriporteur derrière le périmètre de sécurité, à quelques pas de son logement alors que la porte était ouverte et qu’il voyait des pompiers s’y engouffrer, il attendait de savoir si son domicile avait subi des dommages et à quel moment il allait pouvoir le réintégrer. «Ce que je trouve malheureux, c’est que je me sens tout seul et que je ne suis pas capable de retourner chez moi.» Il s’est ensuite adressé aux policiers pour être mis en contact avec les représentants de la Croix-Rouge qui étaient sur place. Trois personnes ont d’ailleurs été prises en charge par la Croix-Rouge.

Parmi les curieux, quatre adolescents ont été parmi les premiers à arriver sur place. «On est sorti dehors en courant. On a vu toute la boucane monter. Le feu se répandait. On a vu la moitié du bloc tomber», raconte Nicolas Bourassa. «Après cinq minutes, tout s’est écroulé. On était juste à côté. On est parti à courir», renchérit Michaël Mercier-Cormier. 

Preuve de l’intensité du sinistre, le revêtement extérieur de bâtiments situés à l’arrière du brasier a littéralement fondu. 


François Lelièvre, directeur du Service de sécurité incendie de Shawinigan, en conversation avec des représentants de la Croix-Rouge.

Des voisins se sont déjà plaints à la Ville de Shawinigan de la présence de cet immeuble inoccupé. Ils craignaient justement qu’un incendie survienne. La Ville dit d’ailleurs s’être adressée aux deux propriétaires à plusieurs reprises. «Ça fait plusieurs années à la Ville qu’on multiplie les interventions pour faire accélérer les travaux de rénovation. Ce sont des immeubles qu’on connaît», mentionne François Saint-Onge, directeur des communications de la Ville de Shawinigan.

Une quarantaine de pompiers ont combattu les flammes. Les pompiers de Shawinigan ont eu l’aide de leurs confrères de Notre-Dame-du-Mont-Carmel. De plus, un camion-échelle de Trois-Rivières a été demandé en renfort parce qu’un des véhicules du service des incendies de Shawinigan est présentement en réparation.

La cause du feu n’avait pas encore été déterminée, mardi.

L’immeuble s’est rapidement effondré. Les pompiers ont dû redoubler d’ardeur pour éviter que les flammes se propagent aux bâtiments adjacents.