Scène de désolation hier matin à L'Isle-Verte.

Incendie dévastateur à l'Isle-Verte

Les pompiers n'ont été en mesure d'évacuer que le tiers d'une résidence pour personnes âgées du Bas-Saint-Laurent, jeudi, lors d'un incendie qui a fait au moins trois morts et une trentaine de disparus.
Le directeur du service des incendies de L'Isle-Verte, Yvan Charron, a déclaré qu'à l'arrivée des pompiers sur place, vers minuit trente, l'intensité du brasier a limité leur intervention.
«C'était un brasier total, on a sorti un tiers de la bâtisse qui était encore debout, qui a été évacué à 100 pour cent, mais le froid complique bien les choses.»
L'incendie est maîtrisé mais les lieux sont encore trop chauds pour permettre aux enquêteurs de la Sûreté du Québec d'examiner le site, qui demeure sous la supervision des pompiers.
Le feu s'est déclaré durant la nuit alors que le mercure était sous les moins 20, ce qui a causé le gel des équipements des pompiers, a indiqué M. Charron lors d'une conférence de presse des autorités jeudi midi.
«Il y a des camions qui ont gelé, des pompes qui ont gelé, des boyaux, mais on s'en est quand même bien sorti par rapport à ça parce qu'on a réussi à dégeler», a-t-il dit.
Pour l'instant, le nombre de personnes évacuées des 52 logements de l'immeuble demeure inconnu, tout comme l'identité des trois victimes.
Les services ambulanciers ont effectué au total 23 transports de résidants, dont 13 vers des hôpitaux, tandis que les 10 autres sinistrés ont été dirigés vers des centres d'hébergement. Un bilan du nombre de blessés doit suivre plus tard jeudi.
M. Charron a expliqué que les pompiers n'ont pu entrer que dans le tiers du bâtiment, qui restait encore debout, tandis que le reste de la structure était inaccessible.
L'appel signalant l'incendie a été reçu par les pompiers à 0h22, et ils étaient sur place dans les huit minutes qui ont suivi, a indiqué le chef du service des incendies, en précisant qu'au total six municipalités ont dépêché des effectifs sur place.
La Sûreté du Québec mènera une enquête sur les causes du sinistre. Des représentants du bureau du coroner, de la Sécurité civile de même que de l'Agence régionale de la santé et des services sociaux sont sur place.
La Résidence du Havre, située au centre du petit village de L'Isle-Verte, à environ 30 km à l'est de Rivière-du-Loup, comprenait également un CLSC, un salon de coiffure et une pharmacie.
Plusieurs personnes âgées résidant dans l'immeuble avaient une mobilité réduite, a expliqué le fils d'une des résidantes qui était toujours sans nouvelles de sa mère, jeudi avant-midi.
Devant la Résidence du Havre, jeudi matin, Jacques Bérubé, regardait les décombres de l'immeuble ravagé par les flammes.
Adrienne Dubé, âgée de 99 ans, est non-voyante mais autonome, a expliqué M. Bérubé, qui s'est rendu en vain pour la retrouver à l'hôpital de Rivière-du-Loup, ainsi qu'à une école de L'Isle-Verte où les résidants ont d'abord été transportés.
L'homme de 70 ans se préparait au pire. «Je suis allé voir près du bâtiment: le coin où était sa chambre est brûlé, a-t-il laissé tomber. Il reste à suivre les autres événements, que j'aime pas. Mais je n'ai pas le choix, ça fait partie d'une réalité.»
Selon M. Bérubé, l'autonomie limitée des résidants a certainement nui à leur évacuation. «Il y a 58 personnes, ça aurait pris quelqu'un pour chaque personne», a-t-il dit.
Un couple de l'Isle-Verte a été éveillé par les sirènes des pompiers. De la fenêtre de leur résidence, ils ont aperçu une lueur rouge dans le ciel. L'homme et sa femme se sont rendus sur les lieux de l'incendie. «C'était terrifiant à voir», a indiqué la dame âgée d'une soixantaine d'années.
Mario Michaud, qui habite tout près de la résidence, a raconté à l'hebdomadaire local Info-Dimanche avoir composé le 9-1-1. Dans les heures qui ont suivi, il a vu les flammes et une femme sur un balcon du deuxième étage qui criait. Son fils est arrivé avec une échelle, mais il n'a rien pu faire.
«Le feu était pris au deuxième étage. Une femme sur un balcon au deuxième étage criait et son fils est arrivé avec une échelle, mais il n'a pu rien faire. Elle est morte brûlée.»
Quelques maisons environnantes, inclues dans un périmètre de sécurité, ont été évacuées par mesure préventive au cours de la nuit. Des résidants se sont retrouvés au motel Le Barillet, en plus de l'école Moisson d'arts.
La mairesse suppléante Ginette Caron a affirmé que la mairesse Ursule Thériault était à l'extérieur du pays et tentera de rentrer aussi rapidement que possible.