Le centre de loisirs Éric-Bédard, qui abritait notamment la maison des jeunes de Sainte-Thècle, a été détruit par un incendie criminel. Trois jeunes d'âge mineur ont été arrêtés.

Incendie criminel: trois mineurs arrêtés

Le centre de loisirs Éric-Bédard, situé sur la rue Saint-Gabriel, à Sainte-Thècle, s'est envolé en fumée, vers 2 h, dans la nuit de dimanche à lundi. Avec lui, a disparu la maison des jeunes de la municipalité. Il s'agit d'un incendie d'origine criminelle, selon la Sûreté du Québec, qui a arrêté trois jeunes d'âge mineur.
<p>La conseillère municipale, Claudette Trudel.</p>
<p>André Beaudoin, directeur du service incendie de Sainte-Thècle.</p>
Les trois adolescents, âgés de 16 à 17 ans, de Sainte-Thècle, devraient être accusés ultérieurement d'incendie criminel et d'introduction par effraction. Ils ont été libérés lundi soir sous plusieurs conditions.
Déjà à leur arrivée, les pompiers ont constaté qu'ils se trouvaient vraisemblablement devant un incendie allumé délibérément. «Il y a eu une entrée par effraction, donc c'est fort probablement un incendie criminel. Une porte était ouverte à notre arrivée. Habituellement, elle est toujours barrée», explique André Beaudoin, directeur du service incendie de Sainte-Thècle.
C'est une voisine qui a contacté les pompiers. «J'ai regardé dehors et j'ai vu que la bâtisse était en feu. Des flammes de quatre à cinq pieds de haut sortaient par les fenêtres», raconte-t-elle. Elle a aussi remarqué qu'elle n'était pas la seule à être réveillée en pleine nuit. «J'ai vu trois jeunes sur le bord de la rue qui regardaient la bâtisse brûler. Je pensais qu'ils regardaient les pompiers arroser, parce que je ne savais pas, à ce moment-là, que les pompiers n'étaient pas là. Et puis, je les ai vus partir», ajoute-t-elle.
Réalisant rapidement que les pompiers n'étaient pas sur les lieux, elle a immédiatement contacté les services d'urgence. D'ailleurs, la caserne est située à proximité. Mais il était déjà trop tard pour sauver la bâtisse.
«Quand on est arrivé, c'était l'embrasement général. Il n'y avait plus rien à faire», déplore M. Beaudoin. Environ 25 pompiers de Sainte-Thècle et de Lac-aux-Sables ont combattu le brasier qui aurait pris naissance dans un divan à la maison des jeunes. Heureusement, personne n'a été blessé.
Le centre de loisirs abritait la maison des jeunes Ado-Thècle mais aussi un local qui était utilisé par les patineurs l'hiver ainsi que par la Coopérative jeunesse de services l'été. Un garage s'y trouvait aussi. Un tracteur appartenant à la municipalité a d'ailleurs été détruit.
Avec cet incendie, les jeunes de Sainte-Thècle perdent un lieu de rassemblement qui était très important pour eux.
«La maison des jeunes est complètement détruite. Il n'y a plus rien de récupérable. Ce qui n'a pas brûlé a été endommagé par l'eau», déplore Claudette Trudel, la conseillère municipale responsable de la maison des jeunes.
Déjà hier matin, sur Facebook, les jeunes exprimaient leur désolation face à cette nouvelle. «Les jeunes sont vraiment découragés. Ils disent: ''Où on va se ramasser? On n'a plus rien pour nous autres''. C'est surtout à eux que je pense», souligne Mme Trudel.
La maison des jeunes offrait plusieurs activités. «La fréquentation était très bonne. Les jeunes s'y sentaient chez eux. C'était leur place. On voyait qu'ils y étaient attachés. Elle leur tenait à coeur», raconte Mme Trudel. Même désarroi du côté des animateurs. «C'est une nouvelle très désolante. On ne s'attendait pas à ça», déplore Mireille Plamondon, animatrice. «La maison des jeunes était un lieu de rassemblement où les jeunes se sentaient bien. C'était un endroit précieux auquel ils étaient tous attachés», ajoute-t-elle.
Les jeunes sont d'autant plus ébranlés que l'incendie est d'origine criminelle. «Le fait que ce soit un incendie criminel rend cet incident tragique et encore plus triste. C'est un geste gratuit qui touche beaucoup de personnes et qui détruit plusieurs belles années de liens et d'amitié. Je suis très peinée, les animateurs et les jeunes aussi», commente Mireille Plamondon.
«Ça choque encore plus les jeunes de savoir que quelqu'un a fait ça. Pour eux, ça ne se peut pas que quelqu'un ait pu faire quelque chose comme ça. Ça ne leur rentre pas dans la tête», rapporte la conseillère municipale. Selon cette dernière, les trois suspects ne fréquentaient pas la maison des jeunes.
Déjà lundi, la municipalité était à la recherche d'un endroit où les jeunes pourront se réunir de nouveau.
«On va essayer de trouver une solution temporaire en attendant d'avoir un autre local», mentionne Mme Trudel.