Le Centre Le Havre ne pourra pas se passer bien longtemps des 23 lits qui se trouvaient dans cette ressource de transition, et parle déjà de reconstruction.

Incendie au Centre Le Havre: «On n'aura pas le choix de reconstruire»

Si la relocalisation de la vingtaine de résidents du Centre Le Havre est pour le moment la priorité absolue de l'équipe d'intervenants, il faudra également se pencher rapidement sur un autre dossier important et incontournable: la reconstruction de cette ressource.
L'incendie, qui a pris naissance à l'arrière de l'immeuble, n'a laissé que des ruines.
Karine Dahan, responsable de la Fondation du Centre Le Havre.
Car la perte de ces 23 lits essentiels pour répondre à la demande en hébergement pour personnes en situation d'itinérance fait très mal, et le Centre Le Havre ne pourra se passer bien longtemps de tels espaces.
Déjà jeudi, l'organisme parlait du bout des lèvres de reconstruction, mais ne pouvait cependant pas en dire plus sur la suite des choses à ce sujet, la priorité étant mise d'abord sur la relocalisation des usagers.
«On n'aura pas le choix de reconstruire. Nous venons de perdre 23 lits dans notre offre de service qui compte en tout 53 lits. L'édifice de la rue Brébeuf est un centre de prise en charge d'urgence, mais la maison de la rue Laviolette était essentielle pour la transition et la réinsertion vers la société pour les personnes itinérantes, en encourageant la prise en charge de soi. Il faudra absolument reconstruire pour subvenir aux besoins, qui sont très grands à Trois-Rivières», note Karine Dahan, responsable de la Fondation du Centre Le Havre.
Un projet de rénovation de cette bâtisse, au coût de 2 M$, avait déjà été approuvé et financé en partenariat notamment avec le gouvernement du Québec par le biais de son programme Accès-Logis, la Ville de Trois-Rivières ainsi que la Fondation du Centre Le Havre.
«Évidemment, dans les circonstances, ce projet n'existe plus, car il s'agissait de rénovation et non d'un projet de construction», explique Karine Dahan.
Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, a toutefois assuré que la Ville serait au rendez-vous si l'organisme devait avoir besoin d'aide pour une reconstruction.
«Il faut d'abord les laisser régler le dossier avec les assurances. Mais assurément, si on se rend compte qu'il y a un manque une fois que les assurances auront tout réglé, on sera au rendez-vous. L'enveloppe était là, et elle pourrait le demeurer au besoin», ajoute-t-il. La Ville s'était engagée à la hauteur de 150 000 $ dans le projet de rénovation.
Même son de cloche du côté du député provincial de Trois-Rivières Jean-Denis Girard, qui s'est rendu mercredi soir sur les lieux afin d'offrir aide et soutien à l'équipe du Havre.
«Québec avait annoncé un peu plus d'un million de dollars pour participer au projet de rénovation de cette maison. Pour le moment, il est beaucoup trop tôt pour se pencher sur la question. Il faut d'abord relocaliser les résidents. Mais lorsqu'il sera question de parler du futur, nous allons tout faire pour les accompagner et voir si des programmes peuvent cadrer pour leur venir en aide», a mentionné M. Girard.
Organisme essentiel
Pour Jean-François Aubin, conseiller municipal du district Marie-de-l'Incarnation, où se trouve la maison de transition qui a été détruite, il serait tout simplement impossible de se passer d'une ressource comme Le Havre dans une ville comme Trois-Rivières.
«Les besoins sont très grands à Trois-Rivières. Déjà, on voit des gens dans la rue, au centre-ville notamment. Mais s'il n'y avait pas Le Havre, ce serait dix fois pire. Le Havre, grâce à ses intervenants et surtout par le biais de cette ressource de transition, a réussi à raccrocher plusieurs de ces personnes depuis de nombreuses années.
Ce sont des gens qui ont réussi leur réinsertion dans la société et qui vont bien aujourd'hui. On ne le voit pas ce qui se passe dans ces murs-là, chaque jour, mais il s'y fait de grandes choses», constate celui qui espère un grand élan de solidarité de la part de la population pour venir en aide à l'organisme.