Le feu a détruit le camp bleu.
Le feu a détruit le camp bleu.

Incendie au camp bleu à La Tuque : «Il ne reste plus rien»

LA TUQUE — La Sûreté du Québec a ouvert une enquête concernant l’incendie qui a ravagé le camp bleu du Club des trois raquettes, mardi soir, dans un boisé à proximité du centre-ville de La Tuque. Pour les membres du club, c’était la désolation totale au lendemain du brasier.

«On était en direction et on voyait déjà la colonne de fumée. […] Il ne reste que la tôle, c’est complètement rasé», indique Serge Buisson, directeur du Service incendie de Ville de La Tuque.

Le camp bleu du Club des Trois Raquettes, bâti par des bénévoles, est une perte totale. L’incendie, qui s’est ensuite propagé à la forêt, est considéré comme étant suspect par les autorités.

«On avait des doutes. On avait un lieutenant formé en recherche et causes, et selon son analyse, il y avait plusieurs éléments qui portaient à croire que c’était d’origine suspecte», confirme M. Buisson.

«L’enquête a été transférée aux policiers», a confirmé pour sa part la sergente Éloïse Cossette, porte-parole de la SQ.

Au Club des trois raquettes, on se désolait de voir la scène, mercredi matin. C’est bien plus qu’un simple camp forestier qui est parti en fumée, c’est un endroit mythique des membres.

«Ç’a touché la population au complet, pas juste les membres du Club. On a quand même 850 membres», lance le président du Club, Claude Philibert.

«Je suis monté constater les dégâts. Effectivement, le camp bleu est en cendre. Il ne reste plus rien. L’abri de bois de chauffage et la toilette sèche y ont également passé», affirme-t-il.

Chaque année, plusieurs événements festifs et familiaux se tenaient à cet endroit qui avait été bâti avec «le jus de bras des bénévoles».

«Il n’y a pas vraiment de machinerie pour atteindre cette place-là. C’est beaucoup d’heures de bénévolat qui ont été investies dans la construction et la réalisation du camp bleu», insiste M. Philibert.

Du travail, ce n’est pas ça qui manque au Club: construction, réparation, entretien des sentiers...

«De l’ouvrage on en a et on en fait, mais en recommencer ça devient désolant. Quand on a du vandalisme, c’est désagréable. C’est de l’ouvrage qu’on doit reprendre et ça devient plus dur sur la motivation des bénévoles. On se compte vraiment chanceux d’avoir une bonne équipe de bénévoles avec nous.»

Le camp bleu avant l’incendie.

Il faut dire que le Club est victime de vandalisme à répétition. En 2014, les dirigeants avaient d’ailleurs vivement dénoncé ces actes dans Le Nouvelliste. Un feu avait été allumé à l’intérieur du gazebo.

«Plus c’est proche de la montagne de ski, plus c’est problématique. C’est plus accessible», insiste-t-il.

Pour Claude Philibert, évidemment que l’envie de reconstruire est là, mais est-ce que ce sera possible? La question demeure toujours en suspens.

«C’est certain que pour moi c’est oui. Maintenant, c’est quoi les moyens qu’on va avoir pour le refaire? Du jus de bras, on en a. Ce qui nous tue dans nos projets, c’est la non-participation financière dans tous les programmes. C’est vraiment la partie la plus décevante […] On fait des pieds et des mains pour assurer la pérennité de notre club, on dépose des projets et c’est toujours négatif. On n’est pas capable d’avoir d’appui financier pour réaliser nos projets et ça, ça décourage», explique le président du Club.

Intervention peu ordinaire

L’intervention n’a pas été de tout repos pour les membres du service incendie puisque quatre kilomètres de sentier forestier les séparaient du lieu de l’incendie.

«On avait des VTT et un citoyen qui connaissait bien les sentiers nous a aidés également. Il fallait monter les équipements en haut, et une autre particularité, c’est que nous n’avons pas de point d’eau. Dans ce temps-là, on utilise des réservoirs-gicleurs. Ça ressemble à un cinq gallons que tu as sur le dos avec une pompe. On avait aussi des haches, des pelles, des scies mécaniques et quelqu’un d’expérimenté dans le combat de ce type de feu là avec nous», affirme le directeur du Service incendie.

Un feu avait été allumé par des malfaiteurs à l’intérieur du Gazebo en 2014.

«On a réussi à contenir et maîtriser la propagation à la forêt», note Serge Buisson.

Il aura fallu une bonne heure à tout mettre en place, mais l’incendie a été maîtrisé rapidement par la suite.

«À cette heure-là, il y a moins de vent, le taux d’humidité est plus élevé alors le feu est un peu plus au ralenti. Si le feu s’était déclaré vers l’heure du midi, il nous aurait donné beaucoup de fil à retordre», conclut Serge Buisson.