Les pompiers ont combattu l’incendie de la rue Saint-Jacques dans des conditions extrêmement difficiles dans la nuit de mardi à mercredi.

Incendie à Louiseville: travail ardu pour les pompiers

Louiseville — C’est une manœuvre visant à dégeler des tuyaux gelés qui est à l’origine du brasier qui a détruit un immeuble mardi en fin de journée à Louiseville. L’incendie a donné beaucoup de fil à retordre aux pompiers qui ont mené des opérations de contrôle et de déblai durant la soirée et toute la nuit. C’est principalement en raison du froid mordant que les opérations ont été difficiles.

«C’était extrêmement froid. Fort heureusement, on avait demandé l’appui des services incendie de l’extérieur. On avait les municipalités de Yamachiche et Maskinongé ainsi que Saint-Léon en caserne pour protéger les territoires parce que tout notre service était au travail», rapporte Marcel Lupien, directeur du service incendie de Louiseville.

Au plus fort de la lutte, ce sont environ 45 pompiers qui étaient mobilisés. 

«C’était beaucoup de monde mais c’était correct de les avoir. Avec le froid, on faisait des rotations très rapides.» Cette façon de faire permettait notamment aux combattants de se réchauffer et d’enfiler des vêtements secs.

«Graduellement, on les a envoyés à la maison et on a complété le reste de la nuit», décrit M. Lupien qui a lutté avec son équipe pendant environ 24 heures.

D’après les témoignages et les informations recueillies, c’est une manœuvre visant à dégeler des tuyaux gelés qui serait à l’origine du brasier. «Un des responsables là-bas a utilisé une flamme vive, un chalumeau, pour dégeler les tuyaux gelés. À ce moment, par conduction, il a mis le feu partout où le tuyau passait», expose M. Lupien qui confirme que l’édifice est une perte totale.

Ce dernier en profitait d’ailleurs pour rappeler qu’en de tels cas, l’utilisation d’un chalumeau ou d’une flamme vive est à proscrire. Il est préférable d’utiliser un sèche-cheveux ou encore un serpentin électrique. 

De plus, selon Marcel Lupien, tenter de garder une température trop élevée à l’intérieur par temps glacial peut engendrer la surcharge du système électrique et causer un événement malheureux. Il recommande de s’habiller plus chaudement.

Un pompier blessé

Un malheureux accident est venu assombrir le long quart de travail des pompiers de Louiseville. Au lever du jour, l’un d’entre eux a fait une vilaine chute alors qu’il s’affairait à arroser les décombres. «Il travaillait avec une échelle portative deux sections, environ 12 pieds de hauteur. Il a fait une chute et est tombé sur la tête. Il s’est cassé un poignet et a été transporté rapidement en ambulance vers le Centre hospitalier de Trois-Rivières», rapporte M. Lupien qui se dit optimiste quant à la situation du jeune homme. «On a eu des bonnes nouvelles. Il est certain que la fracture du poignet demeure, mais il n’a rien au niveau de la tête. Il avait sérieusement frappé le sol.»

Selon les commentaires des témoins de l’événement, le directeur du service incendie confirme que le sapeur est lourdement tombé sur la tête. «Tout le monde craignait pour sa vie.»

«Quand on travaille en hauteur avec une échelle et un boyau incendie, c’est un risque qui peut arriver. Heureusement, on est assez sévère avec les normes CNESST. Il avait son casque et c’est ce qui lui a sauvé la vie.»

Au moment de l’entrevue, M. Lupien n’avait pas eu de contact avec la CNESST et n’était pas en mesure d’affirmer si une enquête allait être menée ou non. 

Quant aux locataires blessés lors de l’incendie, M. Lupien n’avait pas plus de détails quant à leur état de santé.