La Sûreté du Québec mène actuellement une enquête sur cet incendie.

Incendie à la Pépinière 55: une main criminelle à l'origine du brasier?

Saint-Étienne-des-Grès — C’est une véritable institution de la région qui est partie en fumée, jeudi soir. La Pépinière 55 de Saint-Étienne-des-Grès a été complètement rasée par un incendie d’une rare violence, qui n’a laissé que des ruines. Et alors que les propriétaires et les voisins se remettaient à peine de leurs émotions vendredi matin, plusieurs se demandent aujourd’hui si une main criminelle ne serait pas à l’origine de ce brasier, qui fait actuellement l’objet d’une enquête par la Sûreté du Québec.

Car l’intensité des flammes observées jeudi soir a évidemment soulevé des questions dans l’esprit des témoins, mais également le fait qu’un autre incendie s’était déclaré à cet endroit le 2 juillet dernier, cette fois faisant beaucoup moins de dommages. «Pour le moment, toutes les hypothèses sont sur la table et nos spécialistes en scènes d’incendies débutent leur travail sur le terrain, ce qui permettra de déterminer la cause et l’origine de cet incendie», résume Hélène Nepton, porte-parole de la Sûreté du Québec, qui confirme que le corps policier était également intervenu sur les lieux le 2 juillet dernier. «Les deux incendies sont sous enquête. Nous allons faire toutes les vérifications nécessaires. Pour le moment, il est encore trop tôt pour déterminer si les deux événements sont reliés», ajoute Mme Nepton.

Le propriétaire Réjean Lapointe était entouré de proches et de voisins, vendredi matin.

Le propriétaire des lieux, Réjean Lapointe, a vu plus de quarante ans d’efforts et d’investissements s’envoler en fumée en l’espace de quelques minutes, jeudi soir. Son commerce était justement en train de se refaire une beauté, avec un important agrandissement et des travaux de rénovation qui n’avaient pas encore été totalement complétés. M. Lapointe était entouré de voisins et de proches, vendredi matin, sur les lieux du sinistre. Il a préféré ne pas accorder d’entrevue, attendant d’abord les résultats de l’enquête pour savoir d’où origine cet incendie. Trop tôt aussi pour connaître ses intentions quant à une éventuelle reconstruction.

Le maire de Saint-Étienne-des-Grès, Robert Landry, est venu lui apporter son soutien. «C’est un spectacle très désolant. C’est une institution pour nous qui vient de partir, et certainement un morceau d’histoire de la municipalité. M. Lapointe me disait qu’il avait de grands projets pour son entreprise pour les prochaines années, et prévoyait créer encore plus d’emplois. C’est certain qu’au niveau municipal, s’il décide de reconstruire, on va tout faire pour lui faciliter la vie et l’accompagner là-dedans», considère le premier magistrat. Environ une vingtaine de personnes travaillaient à la Pépinière 55, selon le maire.

Le maire de Saint-Étienne-des-Grès, Robert Landry.

Les pompiers de Saint-Étienne-des-Grès ont de leur côté reçu l’entraide de leurs collègues de Saint-Boniface, Saint-Barnabé, Charette ainsi que d’un camion citerne de Yamachiche. Il faut dire que la rue, bien que desservie depuis peu par le réseau d’eau de la municipalité, ne dispose pas de borne fontaine, forçant les pompiers à se ravitailler à 1,5 kilomètres de l’endroit.

Selon le directeur des incendies, Daniel Isabelle, plus de 35 pompiers se sont affairés à protéger les bâtiments environnants, étant donné que l’embrasement était généralisé et qu’il valait mieux travailler en mode défensif. Dans les circonstances, reconnaît-il, ses hommes ainsi que les pompiers venus en entraide ont fait un travail remarquable, réussissant à sauver les maisons voisines qui étaient très près du brasier. «La chaleur était très intense, ça a été un travail long et difficile. Les gars ont travaillé toute la nuit et sont fatigués ce matin, mais ils peuvent être fiers parce qu’on a au moins pu sauver ce qu’il y avait à sauver», croit M. Isabelle.

Il ne reste que des ruines de la Pépinière 55, au lendemain de l’incendie.

Camping

À quelques mètres de là, la quarantaine d’occupants du Camping Les Lions d’Or sont demeurés éveillés une bonne partie de la nuit, se demandant s’ils allaient devoir évacuer ou non. Le propriétaire des lieux, Benjamin Grand, n’a pris aucun risque et a mis en place les mesures de sécurité en vigueur dans de pareilles circonstances.

«C’est une de nos clientes qui est venue nous aviser de ce qui se passait. En sortant, on a vu le brasier. Le ciel était tout coloré, et on voyait les tisons au-dessus des branches des arbres. Ma femme est demeurée à l’entrée pour veiller à ce que personne n’entrave la circulation pour permettre aux pompiers de bien passer, et je suis allé faire le tour de tous nos saisonniers. J’ai demandé aux gens de se préparer à évacuer, de prendre l’essentiel et leurs papiers importants, et de rester alertes. S’ils m’entendaient circuler dans les rues en klaxonnant, c’était signe qu’il fallait évacuer», raconte Benjamin Grand.

Benjamin Grand, propriétaire du Camping Les Lions d’Or, a dû aviser la quarantaine de clients du camping qu’il fallait se préparer à évacuer, jeudi soir.

Heureusement, l’ordre d’évacuation n’a pas été donné. «On s’attendait au pire, surtout qu’avec les orages, la météo nous annonçait des vents importants. Mais finalement, nous n’avons pas eu besoin de quitter. Ça a tout de même permis à nos saisonniers et à nous aussi de tester nos mesures d’urgence et on a pu constater que notre système est efficace», considère-t-il.

Peiné de savoir que son voisin a subi de très lourdes pertes, Benjamin Grand signale qu’il espère de tout coeur que cette entreprise importante pour la communauté sera reconstruite. «Je ne connais pas personnellement M. Lapointe, mais nous avons discuté à l’occasion et il est venu faire des travaux quelques fois pour certains de nos clients. Évidemment nos pensées sont avec lui et on lui souhaite beaucoup de courage. Comme son commerce était situé au bout de la rue, la circulation qu’il entraînait nous apportait beaucoup de visibilité, c’était un plus pour notre entreprise. Alors évidemment qu’on espère qu’il puisse redémarrer ses opérations, pour lui, pour nous et pour toute la communauté je dirais», a indiqué Benjamin Grand.