«Il m’a dit que ma fille le voulait»

La Tuque — «C’était tout le temps non, jusqu’à ce qu’il crache le morceau.» C’est un témoignage émouvant qu’a livré la mère de la plaignante, jeudi, au palais de justice de La Tuque dans le cadre du procès d’Éric Lafontaine. Ce dernier est accusé de contacts sexuels sur une fillette de 11 ans.

«Il m’a dit que ma fille le voulait, qu’elle mouillait […] Il était tout le temps affectueux avec elle», a lancé la mère de la jeune fille.

Dans son témoignage principal, elle a raconté au juge comment elle avait appris ce qui se serait passé entre sa fille et l’accusé.

«J’ai fait une crise, j’ai braillé comme un bébé», a-t-elle affirmé en sanglots.

Elle a ensuite expliqué au juge qu’elle avait confronté Éric Lafontaine. Ce dernier aurait fini par «cracher le morceau» et avouer qu’il y aurait eu «seulement cinq pénétrations vaginales».

«Il voulait qu’on s’arrange sans faire de plainte.»

La mère de la plaignante aurait tout enregistré à l’insu de l’accusé sur un iPod. Confronté à la situation le lendemain des événements, Éric Lafontaine aurait alors dérobé l’appareil, qui n’a jamais été retrouvé, avant de s’enfuir.

«Il m’a agrippée par en arrière pour prendre mon iPod».

Elle a ensuite expliqué au juge comment elle avait porté plainte et qu’elle avait amené la fillette à l’hôpital pour une trousse médico-légale. D’ailleurs le procureur de la Couronne a déposé une preuve d’ADN.

En début de journée, le juge Jacques Trudel avait admis en preuve l’enregistrement vidéo fait par la Sûreté du Québec avec la jeune fille en 2015 et présenté la veille. Dans une entrevue de près de deux heures, la jeune fille raconte les agressions qu’elle aurait subies.

La jeune fille de 11 ans raconte quelques événements à l’enquêteur, mais soutient dans ses propos qu’elle aurait été agressée à une trentaine de reprises dans des endroits différents. À de nombreuses reprises, la plaignante spécifie qu’elle a tenté de se défendre.

«Il a commencé à baisser mes pantalons […] Il a rentré un doigt et là j’avais mal. J’ai essayé de me défendre», raconte-t-elle.

Lors d’un autre événement, elle raconte que l’accusé lui aurait dit d’arrêter de bouger alors qu’il la touchait.

«Il a rentré son pénis dans mes fesses, j’avais mal. Je me suis défendue. […] Il a arrêté et j’ai pleuré durant la nuit», note-t-elle.

Dans son témoignage-vidéo de 2015, elle affirme que cela dure depuis près d’un an. Toutefois, en contre-interrogatoire, jeudi, il lui aura été impossible de préciser une période de temps.

La jeune fille âgée aujourd’hui de 13 ans, qui a semblé perturbée par la vidéo à plusieurs reprises, a témoigné avec un chien Mira en assistance. À quelques reprises, on a pu voir la fillette caresser le chien Sunday.

Ce dernier est un chien qui vient en soutien aux victimes et aux témoins d’actes criminels. La Sûreté du Québec, en collaboration avec la Fondation Mira, a fait l’acquisition de ces chiens pour offrir du réconfort et du soutien aux enfants et aux personnes vulnérables victimes ou témoins d’agressions sexuelles ou d’autres crimes graves.

On affirme que ces chiens ont un effet calmant et qu’ils aident à mieux gérer les émotions. Ils sont utilisés à différentes étapes du processus judiciaire, de l’entrevue au témoignage devant le tribunal.

En fin de journée, c’est un des enquêteurs au dossier qui s’est amené à la barre dans le cadre d’un voir-dire.

L’accusé pour sa part a semblé peu intéressé par les procédures judiciaires. À plusieurs reprises depuis le début du procès, il cogne des clous.

Rappelons qu’Éric Lafontaine a également d’autres dossiers à régler. Il est accusé notamment d’avoir résisté à son arrestation, d’avoir entravé le travail d’agents de la paix, de voies de fait, et de vol de moins de 5000 $.

Les procédures reprendront au mois de juin.