Daren Leclerc

«Il disait ce que je voulais entendre»

Trois-Rivières — Même si elle prétend avoir été agressée sexuellement à deux reprises par Daren Leclerc en octobre 2016, sa troisième présumée victime est ambivalente dans ses sentiments face à lui.

Dans le cadre du procès du jeune homme, le procureur de la Couronne Me Hippolite Brin lui a demandé mardi si elle lui en voulait deux ans plus tard. «Oui et non. Je crois que j’aimerais quand même l’aider mais c’est mon côté sauveur qui parle», a-t-elle répondu. Encore la semaine passée, alors qu’elle anticipait son témoignage devant le tribunal, elle pensait l’aimer. Aujourd’hui, elle ressent plus de la colère.

Elle a rencontré Daren Leclerc via un site de rencontres en janvier 2016. Après deux ou trois heures de discussions, elle est allée le rejoindre chez lui. À ce moment, elle croyait qu’il serait l’homme de sa vie. «Il disait ce que je voulais entendre.» Elle avait alors 19 ans.

Or, ils ont cessé de se fréquenter peu de temps après. Elle a avoué avoir utilisé l’accusé pour tenter d’éloigner son ex-petit ami de sa nouvelle copine mais en vain car son manège se serait retourné contre elle.

Elle a ensuite voulu fréquenter à nouveau Daren Leclerc mais ce dernier refusait de la revoir. Ce n’est que plusieurs mois plus tard, soit le 26 octobre, qu’il aurait accepté de la voir un soir où il était en état d’ébriété. Elle l’a invité chez elle. Selon ses dires, il aurait employé la force à son endroit pour avoir une relation sexuelle avec elle, se livrant à des mouvements de va-et-vient «dans le vide», mais elle aurait finalement été capable de le repousser. «Sur le coup, je n’ai pas réalisé ce qui s’était passé. Je n’avais pas de marques sur le corps mais j’ai réalisé plus tard que les marques les plus difficiles à partir sont mentales», a-t-elle ajouté.

Le 28 octobre, elle a initié une nouvelle rencontre chez lui pour parler de leur rupture de février. Elle s’y serait présentée vers 10 h. Au fil de la discussion, le jeune homme lui a annoncé qu’il se foutait d’elle car il en aimait une autre. Ils se seraient néanmoins embrassés mutuellement. Encore une fois, il aurait voulu avoir une relation sexuelle avec elle. Il se serait ainsi livré à des attouchements sur ses parties intimes, lui aurait enlevé de force ses pantalons et ses petites culottes et aurait essayé de la pénétrer mais sans succès car elle se protégeait avec ses mains. Elle aurait finalement serré fortement son pénis en utilisant ses ongles pour qu’il la lâche. Pendant cet événement, elle lui aurait demandé si c’était son but de forcer les filles et il aurait dit oui.

Si au départ, elle avait affirmé aux policiers en 2016, lors du dépôt de sa plainte, qu’elle avait immédiatement quitté les lieux après la présumée agression, elle a avoué mardi qu’elle était finalement partie vers 5 h du matin. Elle s’est justifiée en disant: «J’avais peur de passer pour une conne surtout que c’était arrivé deux fois.»

Une semaine plus tard, elle a appris que Daren Leclerc avait été arrêté pour une agression sexuelle sur une autre plaignante. Elle a tenté de communiquer avec lui à plusieurs reprises mais il ne lui aurait jamais répondu. «Ma vie est restée stagnante pendant deux ans. Aujourd’hui, je tente de récupérer ces parties de ma vie qui m’ont été enlevées. Je pensais m’en sortir toute seule mais je ne suis pas capable», a-t-elle déclaré en éclatant en sanglots.

La défense devrait commencer le contre-interrogatoire mercredi.