Il bat un client insatisfait de sa coupe de cheveux

Trois-Rivières — Le procès de Chad Blanchette-Linteau, ce barbier aux nombreux antécédents judiciaires accusé d’avoir battu un client insatisfait, s’est ouvert, vendredi, au palais de justice de Trois-Rivières avec le témoignage de la présumée victime.

Cet homme a raconté s’être présenté au Jack McGurn Barbier le 27 septembre 2017 pour une coupe de cheveux. Au départ, il s’est senti en confiance parce que Chad Blanchette-Linteau se targuait d’avoir des bonnes capacités avec les cheveux des Noirs, affirmant même qu’il s’agissait de ses coupes préférées.

Il n’aurait cependant pas aimé la coupe du barbier. Pendant que ce dernier s’exécutait, il lui aurait demandé à quelques reprises d’apporter des modifications mais sans les résultats escomptés. Toujours selon les dires du plaignant, Chad Blanchette-Linteau aurait alors commencé à s’énerver. «Il m’a dit: ‘‘Décalisse de mon salon, tab...’’. Je suis resté surpris. J’étais en train de me faire couper les cheveux par un professionnel. C’était normal pour moi de lui dire que je n’étais pas satisfait. Je voulais seulement qu’il arrange les choses», a-t-il raconté.

Chad Blanchette-Linteau

Malgré son insatisfaction, il affirme avoir payé le barbier, pourboire inclus, avant de quitter les lieux. Il aurait cependant dû revenir dans le commerce quelques minutes plus tard parce qu’il y avait oublié ses lunettes. Il a avoué à la cour avoir de nouveau tenté de discuter avec le suspect sur sa coupe de cheveux mais en vain. Chad Blanchette-Linteau lui aurait dit qu’il était sur le point de s’énerver et lui a demandé de quitter. Toujours selon le plaignant, Chad Blanchette-Linteau aurait ensuite surgi à l’arrière de lui pour le frapper à la tempe. «J’ai ensuite reçu plusieurs autres coups à la tête. Il m’a tiré par le collet de mon chandail. Il m’a frappé avec ses poings, son coude et ensuite avec ses pieds pendant que j’étais au sol», a-t-il mentionné.

Pour sa part, il prétend n’avoir jamais donné de coup. Il aurait tout au plus tenté de se protéger pendant l’attaque en lui mettant la main dans l’œil. Et lorsque le suspect aurait finalement arrêté de le frapper, il lui aurait tendu une serviette mouillée pour éponger son œil tuméfié et le sang qui s’écoulait de son nez. La présumée victime aurait ensuite quitté les lieux non sans avoir récupéré son argent.

Les coups infligés lui auraient notamment causé des fractures orbitales mais aussi des douleurs au nez, au genou et à la tête dont il garderait encore aujourd’hui des séquelles.

En suivant les conseils de sa femme et de ses médecins, il a porté plainte quelques jours plus tard, soit le 2 octobre. «J’avais le visage fracturé mais je n’avais rien fait pour mériter ça. Le gars, lui, était tranquille de son côté. J’ai donc porté plainte pour que justice soit rendue», a-t-il expliqué.

L’avocat du prévenu, Me David Edmunds, a ensuite tenté de miner sa crédibilité lors du contre-interrogatoire. Le procès va se poursuivre à une date ultérieure.

Rappelons que le suspect compte de nombreux antécédents judiciaires. Parmi ceux-ci, il avait été condamné en 2008 à une peine de quatre ans de pénitencier pour avoir pris part à une fusillade en avril 2007. Il avait d’abord tiré sur un homme sur le terrain de stationnement du Maxi, boulevard Jean-XXIII, à Trois-Rivières. La victime avait répliqué en tirant à son tour. Les deux hommes s’étaient ensuite retrouvés sur l’autoroute 40 où un nouvel échange de coups de feu avait eu lieu.

D’autre part, le début de ce procès a été marqué par le dépôt d’une requête en arrêt des procédures. Me Edmunds soutient que le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, a failli à son obligation de transmettre toute la preuve dont il disposait, tout particulier en ce qui concerne un appel 911 qui aurait été logé par la victime. Ce sont ses propres recherches qui lui auraient appris l’existence d’un appel aux policiers. Il s’agit pour lui d’une violation des droits de son client et d’un abus de procédures.

Le ministère public conteste cette requête en mentionnant qu’il n’y a pas eu d’appel 911 mais plutôt un appel logé par le plaignant au poste de police. Le contenu de cet appel n’aurait été transmis au DPCP qu’en décembre dernier et ensuite, immédiatement remis à la défense. Le débat sur cette requête aura lieu à une autre date.