Un hommage est prévu vendredi matin à l'UQTR pour la victime de 22 ans de la tuerie de la rue Sicard. Les étudiants sont invités à signer une murale. On voit sur la photo, Simon Cinq-Mars, président de l'Association des étudiants au doctorat en chiropratique, et Maude St-Jean, étudiante en ergothérapie.

Hommages aux victimes

Comme pour contrecarrer l'incompréhension et le chagrin immense qui les assaillent, les amis des victimes du triple meurtre de mardi matin, à Trois-Rivières, multiplient les hommages que ce soit sur Internet ou par des événements bien concrets. Des mots d'amour pour les victimes innocentes d'une haine sans nom.
À l'Université du Québec à Trois-Rivières, ces mots seront étalés sur une grande toile, à partir de 8 h, vendredi, en hommage à la plus âgée des deux soeurs tuées mardi. Les gens sont invités à se rassembler au local 1012, du pavillon Nérée-Beauchemin. La jeune femme de 22 ans était très impliquée dans l'Association des étudiants en ergothérapie.
«Les gens vont pouvoir écrire ce qu'ils veulent, que ce soit une pensée ou quelque chose qu'ils n'ont pas eu le temps de lui dire», explique Simon Cinq-Mars, président de l'Association des étudiants au doctorat en chiropratique et l'un des instigateurs de cet événement.
L'idée a fait son chemin sur une page Facebook réservée aux présidents des associations étudiantes. La réaction a été immédiate. «Ça a pris 10 minutes et toutes les associations ont proposé leur aide, leur présence et leur support», raconte-t-il. «Au début, c'était supposé être ici dans le petit couloir, mais ce n'est plus très réaliste. On ne pensait pas que ça prendrait une telle ampleur en si peu de temps», ajoute-t-il.
Pas moins de 500 personnes sont attendues. Des étudiants des Universités McGill, de Sherbrooke, Laval et même d'Ottawa ont manifesté leur intention de se rendre sur place. L'hommage à la jeune femme ne s'arrête pas là. À peu près tous les étudiants du campus ont épinglé un carré orange sur leur chandail. Une couleur associée à la disparue qui était l'instigatrice du port de la casquette orange pour identifier les étudiants en ergothérapie.
«C'est beau à voir. On se promène sur le campus et on voit plein de carrés de soleil», note M. Cinq-Mars. Ils sont si populaires que plusieurs magasins sont maintenant à court de feutrine orange à Trois-Rivières. Les casquettes aussi sont nombreuses. «Si on la porte, c'est pour elle. Tout le monde sait que la casquette, c'est elle», raconte Maude St-Jean, étudiante en ergothérapie.
Participant à tous les événements qui promouvaient l'ergothérapie, la disparue était très connue dans le milieu universitaire et réputée pour sa bonne humeur et son énergie. «S'il y avait un événement, un party, n'importe quoi, elle était là», mentionne M. Cinq-Mars.
«Tout le monde a des anecdotes à son sujet et c'est toujours positif, cocasse», ajoute Mme St-Jean. La murale est une façon de se souvenir d'elle et de lui dire au revoir. «Elle était connue de beaucoup de monde. Je trouve que la murale, c'est une manière d'immortaliser la dernière pensée qu'on aurait voulu lui dire. Il fallait le souligner d'une manière ou une autre», croit M. Cinq-Mars. «La murale, ça va être libérateur, mais en même temps, ça va faire mal», ajoute Mme St-Jean.
À l'UQTR, sa mort, mais aussi les circonstances qui l'ont emportée, ont causé toute une onde de choc. «C'est lourd partout», note M. Cinq-Mars. «Il y a quelqu'un de responsable. Ça n'aurait pas dû arriver. C'est gratuit», déplore Mme St-Jean. «Tout le monde qui l'a connue l'a aimée», ajoute-t-elle.
Par ailleurs, à l'initiative de l'Association générale des étudiants de l'UQTR, une cérémonie de recueillement se tiendra le lundi 17 février à 15 h 15, au local 1012 du pavillon Nérée-Beauchemin. Cet événement est ouvert à toute la communauté universitaire. Selon l'UQTR, «il permettra d'exprimer solidarité et sympathies aux familles des victimes et à leurs proches».
Rassemblement au CMI
Au Collège Marie-de-l'Incarnation, un rassemblement est organisé devant l'école, demain, à 13 h, par une finissante de l'année 2011. Marianik Dubois a connu les deux soeurs assassinées qui ont toutes deux fréquenté le CMI. «Au CMI, tout le monde a toujours été très proche. C'est une occasion de réunir tous ceux qui ont été touchés par ces morts», mentionne-t-elle.
La victime de 17 ans était en cinquième secondaire. «Je pense que c'est important de se réunir pour soutenir les finissantes. Je pense que ça va leur faire du bien de voir qu'elles ne sont pas toutes seules. C'est sûr que ça va rester un choc, mais je crois que ça va donner un petit coup de pouce», ajoute-t-elle.
En soirée, plus de 600 personnes avaient manifesté leur intérêt pour la page Facebook annonçant l'événement. Impossible de savoir combien s'y présenteront. «Je ne pensais pas que ça allait prendre une ampleur aussi grande. On attend beaucoup de personnes», note Mme Dubois.
Comme tout le monde, elle a été très ébranlée par cet événement. «Je n'y croyais pas et je ne voulais pas y croire non plus.»
La soeur des jeunes femmes assassinées, mardi, a exprimé son chagrin, jeudi, sur Facebook, mais elle a tenu aussi à remercier ceux qui lui ont fait parvenir des messages de sympathie. «En ce moment je ne suis qu'une boule de douleur (...). Je n'ai pas eu le temps de tout lire mais ça fait du bien au coeur. Vous tous qui les connaissez savez réellement combien c'est difficile», a-telle écrit. «Le plus beau cadeau que vous pouvez leur faire c'est de vous en souvenir comme elles étaient.»