Hommage à Richard Poudrier

Un hommage touchant a été rendu, vendredi matin, au juge Richard Poudrier pour souligner son départ à la retraite après une carrière de 17 ans dans la magistrature.
Juste avant qu'il ne rende son dernier jugement dans la cause de Florent Domaine (et non pas le jugement dernier comme il a pris soin de le souligner à la blague), ses collègues et confrères du milieu judiciaire de même que des membres de sa famille s'étaient en effet réunis au palais de justice de Shawinigan pour saluer le travail accompli au fil des dernières années.
Le juge Guy Lambert a pris la parole pour souligner notamment le fait que Richard Poudrier était le seul juge de la Cour du Québec résidant à Shawinigan. Son travail l'a cependant conduit à siéger également à Trois-Rivières, La Tuque, Victoriaville et Drummondville.
Son grand perfectionnisme a aussi été louangé par le juge Lambert. Il a en effet rappelé que les décisions du juge Poudrier étaient très peu contestées. À une exception près, elles avaient toutes été maintenues par la Cour d'appel.
Au nom de ses confrères et consoeurs de la Couronne, Me Vicky Belleville a pour sa part renchéri en décrivant ses décisions comme étant étoffées et détaillées. Elle a également salué son grand sens de l'observation, son intégrité, son impartialité, sa sérénité sur le banc et son souci de rendre des décisions justes.
Enfin, ce fut au tour de Me Serge Milette de s'adresser au juge au nom des avocats de la défense. Il a souligné son écoute, son respect des règles de pratique et du décorum de même que son sens de l'humour qui a souvent détendu l'atmosphère dans les salles d'audiences.
S'il a toujours su contenir ses émotions dans le cadre de ses fonctions, et ce, malgré des causes quelquefois très troublantes, le juge Poudrier a laissé tomber, vendredi matin, un peu de cette carapace. Visiblement ému, il a rappelé qu'on ne naît pas juge. «Encore aujourd'hui, j'ai tant à apprendre», a-t-il admis, la gorge serrée.
En effet, il a précisé que même si la magistrature est un beau métier exaltant, il est aussi très exigent tant sur le plan humain qu'intellectuel. «Ça prend du doigté. Et même avec des gants aussi blancs soient-ils et avec du velours, je restais toujours un "nu-main''», a-t-il ajouté, prenant soin de souligner le jeu de mots.
Il a d'ailleurs cité le juge Antonio Lamer et fait sienne cette remarque: «Je m'excuse pour les erreurs que j'ai pu faire mais elles étaient de bonne foi.»
Il a évidemment pris soin de rappeler que la cour n'est rien sans les êtres humains qui la composent. Il a pour ce faire remercié ses adjoints, ses collègues de la magistrature et plus spécifiquement le juge Lambert, les avocats, le personnel judiciaire, les constables et agents de services correctionnels, sa famille et les journalistes.
À 63 ans, il entend maintenant profiter de la vie au maximum. «Je prend ma retraite mais je ne bats pas en retraite.»