Renée Toupin

Harcèlement à l'endroit de Kevin Parent: un verdict sera rendu le 27 mars

Trois-Rivières — C’est le 27 mars que Renée Toupin saura si elle est déclarée coupable ou non de harcèlement criminel à l’encontre de l’auteur-compositeur-interprète, Kevin Parent.

La juge Guylaine Tremblay a pris la cause en délibéré après deux jours de procès.

Renée Toupin, 54 ans de Trois-Rivières, est accusée d’avoir harcelé l’artiste à quatre reprises, soit le 24 juin 2015 Val-Bélair, le 31 juillet 2016 à la Marina de Carleton-sur-Mer, le 10 février 2017 dans une église de Shawinigan et enfin le 14 juillet 2017 à Joliette.

À ces occasions, elle aurait agi de façon à ce qu’il craigne pour sa sécurité en s’approchant d’un peu trop près de lui et même en s’introduisant dans sa loge comme ce fut le cas à Joliette avant un spectacle.

Camille Couvrette était alors coordonnatrice aux événements et à la programmation à Joliette. Elle a raconté que la suspecte était entrée dans sa loge en disant à l’artiste qu’elle voulait lui parler et régler la situation. Ce dernier avait alors crié pour qu’elle sorte mais sans succès. Selon Mme Couvrette, Renée Toupin était très insistante, agressive et refusait de sortir. Elle a dû la prendre par le bras pour qu’elle quitte les lieux. Elle se rappelle ensuite que Kevin Parent était très nerveux, chamboulé, et qu’il avait les yeux pleins d’eau. Il n’avait plus le goût de se produire sur scène. Finalement, le spectacle avait eu lieu mais Kevin Parent avait refusé de se prêter à une séance d’autographes plus tard. Mme Couvrette se rappelle d’avoir elle aussi eu peur, car la situation était anormale et inquiétante. Une policière avait ensuite été mandatée pour expulser Renée Toupin du site.

Ces deux témoignages sont venus clore la preuve de la poursuite dans ce procès. Lundi, on se rappellera que l’artiste avait livré un témoignage très émotif. Il disait non seulement craindre pour sa sécurité mais il affirmait que le comportement de Mme Toupin nuisait à ses activités professionnelles.

Kevin Parent avait livré un témoignage très émotif lundi. Il disait non seulement craindre pour sa sécurité mais il affirmait que le comportement de Renée Toupin nuisait à ses activités professionnelles.

Selon lui, le problème réside dans l’accumulation des épisodes de harcèlement qui perdurent depuis 15 ans et qui touchent sa vie privée. La procureure de la Couronne, Me Catherine Lacoursière a en effet rappelé que Renée Toupin a eu un comportement menaçant à répétition et ce, en dépit des nombreuses interventions policières menées contre elle et des ordonnances lui interdisant de l’approcher.

En 2004 et 2007, Renée Toupin s’était notamment introduite par effraction dans sa résidence personnelle en Gaspésie dont une fois en pleine nuit. Kevin Parent était alors couché. Lorsqu’il s’était réveillé, la groupie était assise à ses côtés sur son lit. Elle lui a aussi envoyé des lettres d’amour, des demandes en mariage et s’est présentée à plusieurs reprises à ses spectacles malgré le fait qu’on l’expulsait.

Pour sa part, Me Bertrand Jacob, l’avocat de la défense, estime que sa cliente n’a jamais proféré des menaces ou eu un comportement violent. Selon lui, il n’y a rien de harcelant à se tenir immobile derrière une clôture pour assister à un spectacle ou d’avoir un regard vide.

Il s’est aussi demandé comment un homme qui prétend être victime de harcèlement ne prend pas la peine de verrouiller les portes de sa maison et de sa loge ou pourquoi a-t-il attendu plusieurs semaines avant de porter plainte après l’épisode de Joliette dans la loge. Il soutient aussi que la loge en question est un local commercial désaffecté et qu’aucune affiche n’y interdisait l’accès au public.

Dans sa plaidoirie, il a également relevé des contradictions entre le témoignage de l’artiste et celui des autres témoins de la Couronne. À ce sujet, ce sera à la juge d’en déterminer l’importance.

Enfin, Me Jacob a rappelé que l’artiste avait été décrit comme un homme très fragile. «J’admets que Kevin Parent trouve la situation déplaisante, dérangeante, incommodante, mais quand on regarde la définition du harcèlement en droit, le comportement de ma cliente lors de ces quatre événements n’est pas de nature à lui faire craindre pour sa sécurité», a-t-il conclu. Notons que sa cliente n’a pas témoigné pour sa défense.