Guillaume Picotte

Guillaume Picotte arrêté après un mois de cavale

TROIS-RIVIÈRES — Un mois jour pour jour après avoir pris la clé des champs, Guillaume Picotte a été arrêté, lundi matin, à Sainte-Agathe, dans les Laurentides. Encore une fois, il aurait tenté de fausser compagnie aux policiers, mais en vain.

Des policiers de la Sûreté du Québec ont intercepté un véhicule dans lequel se trouvait Picotte sur la rue Demontigny, près de l’autoroute 15. Picotte aurait essayé de fausser compagnie aux forces de l’ordre en s’enfuyant à pied dans un boisé. Toutefois, les policiers ont réussi à lui mettre rapidement le grappin dessus. Il a été remis aux services correctionnels. Un autre individu se trouvait dans le véhicule. Il a aussi été arrêté et devra vraisemblablement faire face à une accusation de complicité.

Picotte a plaidé coupable en septembre 2017 à des accusations de complot pour meurtres, introduction par effraction et possession d’armes dans un dessein dangereux. Il a écopé de 46 mois de prison. En libération conditionnelle, il a quitté un centre de réhabilitation de Joliette sans autorisation le 19 octobre. Il n’en est pas à une première infraction relativement au respect de ses conditions de remise en liberté. En effet, le jeune homme de 20 ans bénéficiait d’une libération conditionnelle depuis le 25 avril. Toutefois, elle a été suspendue en juillet après qu’il eut entré en contact avec sa victime via Snapchat. De plus, il a perdu son emploi en raison d’absences répétées, ce qu’il aurait omis de révéler aux intervenants de sa maison de transition.

La Commission des libérations conditionnelles du Québec s’est prononcée sur cette suspension le 26 septembre dernier. Bien que son agent de probation recommandait la révocation de sa libération conditionnelle, la Commission a plutôt choisi d’annuler sa suspension. Picotte a donc pu quitter à nouveau le centre de détention tout en devant respecter de nouvelles conditions. Moins d’un mois plus tard, il prenait la poudre d’escampette. 

Malgré des délits «d’une gravité objective importante» et «des difficultés dans la gestion des émotions et de la colère», les commissaires avaient accepté de lui laisser une nouvelle chance en insistant sur son «très jeune âge», peut-on lire dans la décision de la Commission obtenue en vertu de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels. La Commission estimait toutefois qu’il devait être pris en charge par des ressources spécialisées appropriées à ses besoins. «La Commission juge que le risque, avec un tel encadrement, n’est pas inacceptable pour la société», peut-on y lire.

Pourtant même en prison, Picotte n’avait pas un dossier sans tache. Il avait été pris en possession d’alcool frelaté et une caméra vidéo l’avait filmé alors qu’il était en train de sniffer une substance inconnue.

Rappelons qu’avec son complice, Kevin Leblanc, Picotte avait projeté de se rendre chez son ex-copine pour l’enlever et tuer ses parents. Guillaume Picotte, alors âgé de 18 ans, n’acceptait pas la rupture avec l’adolescente. Lors de son arrestation, les policiers avaient trouvé pas moins de quatre couteaux dont trois dans son véhicule avec une cagoule, des gants et environ 800 $. Ils avaient aussi prévu des vêtements pour leur fuite après les meurtres. Les policiers avaient trouvé le quatrième couteau à l’arrière de la maison visée près d’une fenêtre. En effet, Picotte et Leblanc s’étaient rendus une première fois à la résidence de la famille. Ils avaient tenté de s’y introduire en forçant les portes et les fenêtres. Les deux hommes avaient quitté les lieux avec l’intention d’y retourner plus tard, mais mis au fait de leur complot, les policiers les avaient interceptés sur le boulevard Des Chenaux, à Trois-Rivières. 

C’est la mère de Leblanc qui avait contacté les policiers après avoir appris le plan des deux jeunes hommes en lisant certains de leurs échanges sur les médias sociaux. Leblanc a écopé d’une sentence de 48 mois de prison.

Quant à Picotte, il sera vraisemblablement accusé de liberté illégale. Sa liberté conditionnelle risque d’être révoquée et il sera alors réincarcéré jusqu’à la fin de sa peine, ce qui correspond à la mi-avril 2019.