Gaétan Valois

Gaétan Valois déclaré délinquant à contrôler

Trois-Rivières — Gaétan Valois vient d’être condamné à une peine de huit ans de pénitencier et déclaré délinquant à contrôler pendant cinq ans pour des agressions armées commises sur trois jeunes femmes et pour harcèlement sur une quatrième victime.

Ses nombreux antécédents judiciaires, la nature des crimes, le court délai entre les quatre infractions, sa dépendance aux stupéfiants, son mode de vie oisif, ses problèmes psychologiques, son impulsivité et son agressivité sont tous des éléments qui ont nettement joué contre lui dans le prononcé de la sentence.

En septembre 2015, quatre mois après sa sortie de prison, il avait attaqué trois jeunes inconnues dans les rues à Trois-Rivières. Il avait notamment violé l’une d’elles dans la nuit du 6 septembre vers 2 h du matin. La jeune femme était sortie au centre-ville en compagnie d’amies. Alors qu’elle revenait chez elle à pied, elle avait soudainement été agrippée au bras par un homme ayant surgi derrière elle. Armé d’un exacto, Valois l’avait sommée de le suivre dans un endroit sombre derrière un immeuble. Il l’avait alors forcée à lui faire une fellation. Toujours sous la menace de son exacto, il lui avait fait un cunnilingus avant finalement d’avoir une relation sexuelle complète avec elle non protégée. Il avait ensuite pris la fuite à vélo, gardant avec lui le cellulaire de la victime et ses pièces d’identité. La victime avait trouvé le courage de porter plainte un mois plus tard.

Le 19 septembre, il avait de nouveau attaqué une jeune femme sur la rue. Armé d’un couteau il avait dit : «Viens, sinon je te pique.» Elle avait réussi à prendre la fuite grâce à un automobiliste. Quelques jours plus tard, soit le 24 septembre, il avait abordé une jeune femme de 17 ans alors qu’il circulait à vélo. Il était encore une fois armé d’un couteau et s’était emparé de son sac à dos. Là encore, la victime avait réussi à s’enfuir avant qu’il n’aille plus loin.

Puis, entre juillet et octobre 2015, il avait harcelé une employée d’un commerce de Trois-Rivières à quelques reprises en lui tenant des propos déplacés et en lui proposant des relations sexuelles. Un soir de fermeture, elle l’avait surpris en train de se masturber. Gaétan Valois avait finalement été arrêté le 9 octobre 2015. Depuis, il est emprisonné.

Dans le cadre des procédures, les victimes avaient été invitées à relater ou écrire les impacts de ces agressions sur elles. Clairement, elles ont été majeures: tentative de suicide, troubles alimentaires, problèmes de drogue et d’alcool, troubles dépressifs, crises d’anxiété, angoisse, relations personnelles affectées, pertes financières, peur des représailles, peur de marcher seule dans la rue, etc.

Pour sa part, Gaétan Valois a été décrit comme un homme au mode de vie oisif. Il a été victime d’un accident de la route en 2001, ce qui lui a causé un traumatisme crânien sévère. Ses problèmes se sont accrus en raison de sa dépendance aux drogues dures. Il a suivi sept thérapies au cours de sa vie mais toujours sans succès. Lors des agressions, il a avoué consommer environ 15 à 20 méthamphétamines par jour et ne dormir que six à sept heures aux deux jours. Il a dit regretter ses gestes mais sa feuille de route criminelle n’en demeure pas moins très longue. Parmi ses nombreux délits qui remontent à 1994, on retrouve des introductions par effraction, des voies de fait, des fraudes, des infractions reliées au drogue, des bris de conditions et de probation, des méfaits et des menaces, etc.

Il a plaidé coupable aux plus récents crimes qui lui sont reprochés non sans plusieurs volte-face et changements d’avocats de sa part, ce qui a contribué à augmenter les délais.

Pour toutes les raisons mentionnées précédemment, la procureure de la Couronne, Me Martine Tessier, a réclamé qu’une peine de prison de dix ans de prison lui soit imposée et qu’il soit déclaré délinquant à contrôler pour cinq ans. En ce sens, elle avait déposé une évaluation psychologique révélant un risque de récidive élevé en matière de violence et/ou d’agressions sexuelles.

L’avocat de Valois, Me Alexandre Biron contestait pour sa part le statut de délinquant à contrôler sous prétexte qu’il n’y avait aucune preuve d’un risque élevé de récidive. Quant au quantum de la sentence, il suggérait sept ans et une probation.

La juge a conclu que Gaétan Valois avait un potentiel important de violence. Sa tendance à se déresponsabiliser et sa dépendance aux stupéfiants font en sorte que sa réhabilitation est loin d’être acquise. Elle l’a donc déclaré délinquant à contrôler, de sorte qu’il sera sous surveillance pendant les cinq années suivant sa sortie de prison. Il sera également inscrit au Registre des délinquants sexuels.

En ce qui concerne sa peine de huit ans, il lui reste deux ans, dix mois et dix jours à purger compte tenu de sa détention provisoire.