Denis Landry, ex-chef du conseil de bande de Wôlinak.
Denis Landry, ex-chef du conseil de bande de Wôlinak.

Fraude: l’ex-chef de Wôlinak, Denis Landry, acquitté

TROIS-RIVIÈRES — Denis Landry, l’ancien chef du conseil de bande de la communauté abénaquise de Wôlinak, a finalement été acquitté de l’accusation de fraude portée contre lui.

On lui reprochait d’avoir floué pour 6000 $ le conseil de bande durant ses deux mandats au pouvoir entre 2010 et 2016  par le remboursement de dépenses injustifiées.

Or, la Direction des poursuites criminelles et pénales a annoncé, lundi, qu’elle n’avait pas de preuve suffisante à offrir pour justifier la tenue d’un procès, d’où ce verdict d’acquittement. 

«À la base, on n’aurait jamais dû m’accuser. Oui, ça me dérangeait de me présenter ici pour de fausses accusations mais je n’étais aucunement inquiet. Je savais que j’allais être disculpé car je n’ai rien fait», a indiqué M. Landry à sa sortie de la salle d’audience. 

Selon lui, cette affaire résulte encore une fois d’une vendetta menée contre lui par l’actuel chef du conseil de bande, Michel R. Bernard. Il soutient que c’est lui qui a porté plainte contre lui, et ce, sans fondement dans le contexte d’une guerre politique.   

Lors d’une enquête préliminaire tenue en janvier dernier, le débat entourant l’octroi du statut d’autochtone aux Landry et les conflits internes qui perdurent entre les clans à Wôlinak avait de nouveau été mis en lumière. L’avocat de M. Landry, Me Paul-Yvan Martin, avait notamment déclaré en entrevue que «cette affaire résultait d’une stratégie politique visant à éliminer un adversaire politique et exclure le groupe des Landry». 

 C’est la troisième fois depuis 1998 que Denis Landry fait l’objet de plaintes pour des dépenses prétendument injustifiées sans qu’il ne soit condamné.  «S’il y a quelqu’un qui fait attention au niveau des dépenses, c’est bien moi», s’est-il défendu. 

Cette fois-ci, on reprochait à Denis Landry d’avoir reçu plusieurs remboursements pour des dépenses totalisant 6000 $ comme des frais juridiques, des remboursements pour une chasse communautaire, une carte de zec et des certificats de naissance pour ses parents et lui. Son avocat avait maintenu que ces dépenses avaient été autorisées conformément au règlement administratif de la bande. L’absence d’une preuve jugée suffisante par le ministère public est venue clore le débat.

M. Landry souhaite maintenant la tenue d’élections le plus rapidement possible au sein du conseil de bande. «Je vais me présenter car je veux m’assurer que plus personne ne puisse arriver en poste et tout changer à sa guise et que des documents disparaissent de la voûte», a-t-il fait savoir. 

Il affirme s’être battu pendant 25 années pour les droits de ses concitoyens. «On a réussi à les avoir nos droits, la famille Landry, mais pas question de me reposer. Ce sont tous les Abénaquis qui sont brimés. On a beau se regarder le nombril mais maintenant, il faut regarder le nombril de tout le monde. Tout le monde doit être égal. On ne peut pas tout bafouer», a-t-il martelé.

À ce sujet, notons en terminant que  la Cour fédérale a été saisie le 18 juin d’une demande de contrôle judiciaire assortie d’une demande d’injonction introduite par un groupe d’Abénakis de Wôlinak  contre le chef Bernard et le conseil de bande qu’il dirige, visant à faire déclarer illégal le report des élections des conseillers du conseil de bande de Wôlinak, qui devaient avoir lieu en juillet 2018, et à ordonner la tenue d’élections sans autres délais. Une décision est attendue incessamment. 

À LIRE AUSSI Fraude contre le conseil de bande de Wôlinak: Denis Landry cité à procès