Olivier Charrière, lors de son arrestation en avril 2015.

Fraude de 800 000 $: neuf accusations retenues contre Olivier Charrière

Trois-Rivières — Olivier Charrière aurait détourné et volé pour plus de 800 000 $ lors de ses activités de courtier dans le domaine agricole.

Celui qui est accusé d’avoir volé et fraudé une vingtaine d’agriculteurs québécois est aussi soupçonné d’avoir détourné 100 000 $ à même les coffres de son entreprise pour lui permettre d’acheter une maison de 320 000 $ dans le secteur de Pointe-du-Lac et un immeuble à logement à Saint-Boniface.

Le procès pour vol et fraude de ce Nicolétain de 34 ans a commencé lundi au palais de justice de Trois-Rivières en présence des 12 jurés et du juge Louis Dionne. Les gestes reprochés auraient été commis en 2008 et en 2009, alors qu’il était propriétaire des Élévateurs de la Rive-Nord à Sainte-Geneviève-de-Batiscan.

L’entreprise était spécialisée dans le commerce, le séchage et l’entreposage du grain. Selon la poursuite, Charrière a vendu du grain en consignation sans remettre les recettes aux producteurs. Il aurait également payé des producteurs avec des chèques sans provision.

L’individu fait aussi face à une accusation d’avoir fraudé une institution financière pour une somme de 65 655 $. Neuf accusations ont été finalement retenues contre lui, au lieu de la cinquantaine notées au début du processus judiciaire. Certaines accusations sont tombées, alors que d’autres ont été regroupées afin de faciliter la tenue du procès devant jury.

Jean-François Baril, enquêteur de la Sûreté du Québec affecté à ce dossier, a été le premier témoin appelé à la barre. L’enquêteur affirme avoir rencontré 72 personnes durant son enquête, dont 36 producteurs agricoles provenant de la Mauricie, du Centre-du-Québec, de la Montérégie, de l’île d’Orléans, du Lac Saint-Jean et du Bas-Saint-Laurent. Il a obtenu certains documents auprès des producteurs comme des bons de pesée et des contrats pour des transactions d’orge ou d’avoine signés avec les Élévateurs de la Rive-Nord.

Le procès a permis d’apprendre que l’accusé a déclaré une faillite personnelle en septembre 2009 et a déposé un avis de faillite de son entreprise le mois suivant. Le document de faillite professionnelle regroupe plus de 50 créanciers non garantis. Des fermes ont perdu plusieurs dizaines de milliers de dollars, alors que les créances garanties s’élèvent à plusieurs centaines de milliers de dollars.

Des producteurs qui affirment avoir été trompés par Charrière seront appelés à témoigner durant le procès. Le tout reprend mardi. 

Cette étape du processus judiciaire doit durer cinq semaines.