Frank Cranton

Frank Cranton: une décision rendue mercredi

TROIS-RIVIÈRES — Frank Cranton, accusé de tentatives de fraude et d’entrave au travail des policiers, saura le 27 mars s’il est reconnu coupable ou déclaré innocent par la juge Julie Beauchesne. Cette décision sera l’étape finale du procès qui a été marquée mercredi par des déclarations de la Couronne affirmant ne pas être en mesure de confirmer que Frank Cranton est bel et bien le nom de cet homme, lui qui aurait utilisé une centaine d’identités.

Patrick Beauchamp, technicien en identité judiciaire à la police de Trois-Rivières, a été le dernier témoin appelé au palais de justice par Me Julien Beauchamp-Laliberté, procureur de la Couronne. Selon lui, les empreintes digitales prélevées le 5 décembre sur l’homme arrêté par la police et qui disait s’appeler Frank Matthews correspondent à celles d’un fichier d’empreintes digitales fourni par la police de Montréal. Ledit fichier est toutefois au nom de Cranton.

Le technicien en identité judiciaire a aussi expliqué que chaque individu ayant subi une prise d’empreintes digitales se voit attribuer un seul numéro qui est inscrit dans une banque de données reliée aux empreintes digitales. Tout en affirmant ne jamais avoir vu deux individus porter le même numéro dans le système d’empreintes digitales, il assure qu’il n’y a aucun doute que l’individu se faisant appeler Frank Matthews a déjà subi une prise d’empreintes digitales sous le nom de Basil Frank Cranton.

Questionné par Me Beauchamp-Laliberté à savoir quel était le nom de l’accusé, Patrick Beauchamp a dit ne pas le savoir. Comme technicien en identité judiciaire, il l’appelle Basil Frank Cranton et pourrait l’appeler par son numéro du système d’empreintes digitales.

Frank Cranton n’a pas témoigné à son procès, mais a appelé à la barre une sergente-détective de la police de Trois-Rivières. L’accusé a entre autres demandé à Nathalie Perron si elle avait enquêté concernant la tentative de fraude. Mme Perron a précisé qu’au départ, son travail consistait à clarifier l’identification de l’individu. Elle a ajouté que parmi les documents découverts sur l’individu, la police a trouvé une liste de noms de commerces, dont Best Buy.

Dans sa plaidoirie, Frank Cranton a estimé que des témoins de la Couronne avaient fait preuve de contradictions. Il a rappelé qu’un policier a dit que le directeur du Costco a raconté que l’accusé a pris des articles dans son magasin, alors que le directeur a déclaré à la cour ne jamais avoir vu l’accusé agir ainsi. Malgré le fait que le policier a rectifié son témoignage quelques minutes plus tard, Frank Cranton estime que sa crédibilité en tant que témoin a disparu.

Affirmant que des policiers lui ont posé des questions après son arrestation, mais avant qu’il ait contacté un avocat, Frank Cranton croit que le témoignage du directeur du Costco comporte peu de crédibilité. Il relève que le directeur a dit avoir fabriqué un faux reçu pour les objets pour lesquels il aurait voulu obtenir un remboursement sans facture. Voilà pourquoi il doit être acquitté.

Me Beauchamp-Laliberté a pris la balle au bond, expliquant que le terme faux reçu a été utilisé par le directeur pour illustrer une opération administrative effectuée par une employée après la présumée tentative de fraude afin de déterminer la valeur des produits, soit environ 367 $. Selon le procureur de la poursuite, Cranton a menti à une employée du Costco en lui disant avoir l’autorisation du directeur pour un remboursement suivant un retour de marchandise sans facture. Le directeur n’a jamais autorisé ce remboursement.

Selon Me Beauchamp-Laliberté, Cranton a menti au personnel du magasin Best Buy en disant avoir acheté des cartouches d’encre et en tentant d’obtenir un remboursement suivant un retour de marchandise sans facture. De plus, le procureur affirme que Cranton a menti sur son identité, disant aux policiers s’appeler Frank Matthews, ce qui constitue une entrave à leur travail.