Après l'opération de sauvetage, les autorités ont commencé l'enquête pour déterminer les causes de l'effondrement du bâtiment de la ferme Pittet qui a entraîné dans la mort un travailleur agricole.

Ferme Pittet: une enquête déterminera les causes de l'effondrement

Au lendemain de la découverte du corps de Cesar Ariel Garcia Garcia dans les décombres du bâtiment effondré de la ferme Pittet à Saint-Tite, les autorités ont amorcé l'enquête pour déterminer les causes de cet accident de travail. La dépouille de l'homme de 34 ans, père de deux enfants, sera rapatriée au Guatemala possiblement dans la prochaine semaine et sa famille recevra une indemnité à la suite de son décès comme toutes les familles de travailleurs décédés en fonction au Québec.
«Lorsque nous recherchions le travailleur sous les décombres, nous étions en opération de sauvetage. Maintenant qu'il a été retrouvé, malheureusement sans vie, nous avons commencé l'enquête pour déterminer les causes de l'accident. Il n'y a plus de recherches dans les décombres et nous avons établi un périmètre de sécurité», affirmait en entrevue Maxime Boucher, porte-parole à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).
La structure des bâtiments adjacents à celui qui s'est effondré mercredi inquiète les autorités. Des analyses doivent être effectuées, note la CNESST, afin de s'assurer que ces bâtiments sont sécuritaires. 
«Nous avons vraiment un souci sur la solidité de la structure. Nous voulons nous assurer que son intégrité n'est pas compromise», ajoute Maxime Boucher. «Il y avait surcharge de poids évident en raison de la neige, mais est-ce que c'est la seule cause de l'effondrement du bâtiment? C'est ce que l'enquête déterminera.»
Alors que plus personne ne manque à l'appel et qu'une vingtaine de bêtes, toutes celles qui étaient vivantes, ont été sauvées des décombres, rien n'oblige les sauveteurs à pénétrer dans le bâtiment. Par ailleurs, certaines des bêtes sauvées ont passé près de trente heures sous les décombres. 
L'enquête se déroule conjointement avec le coroner Yvon Garneau. Il collabore avec la CNESST ainsi que la Sûreté du Québec. Le corps policier peut être appelé, ce qui n'est pas le cas actuellement note son porte-parole, à déterminer si des gestes criminels, comme de la négligence, auraient favorisé l'effondrement du bâtiment. Par ailleurs, les autorités concernées collectent beaucoup d'informations ces derniers jours en rencontrant notamment les propriétaires et des travailleurs de la ferme afin de les aider dans leur enquête.  
Le coroner doit réaliser une autopsie sur le corps du travailleur lundi. Il pourra déterminer les causes du décès et ses circonstances. Yvon Garneau indique que le corps devrait par la suite être rapatrié vers le Guatemala. Le coroner a d'ailleurs déjà communiqué avec la famille de M. Garcia Garcia. L'homme laisse dans le deuil sa conjointe, mais aussi deux enfants. Il a de plus un frère actuellement au Québec. 
«Sa conjointe est, bien sûr, sous le choc. Elle n'arrive pas à croire et comprendre qu'un bâtiment au Québec puisse s'effondrer, surtout sous le poids de la neige», précise le coroner Yvon Garneau qui est également en lien avec le consulat guatémaltèque.
Les mêmes droits pour les travailleurs étrangers
La famille de Cesar Ariel Garcia Garcia aura droit à une indemnité de la part de la CNESST. L'organisme rappelle que tous les travailleurs au Québec sont égaux devant la loi, qu'ils soient citoyens, résidents permanents ou travailleurs temporaires. D'ailleurs, l'organisme a traduit en espagnol sur son site Internet les documents relatifs aux droits des travailleurs agricoles étrangers. Ceux-ci sont après tout très nombreux dans les fermes du Québec.
«Notre programme d'indemnisation s'applique à toutes les personnes qui travaillent au Québec», précise Maxime Boucher qui note que les employés ayant subi des impacts psychologiques lors d'accidents de travail peuvent aussi déposer des réclamations. «Ce type de dossier est jugé au cas par cas, mais nous avons des indemnités pour les blessures psychologiques lorsque le choc est important.»
Le directeur du Service de sécurité incendie du Centre-Mékinac, René Tourigny.
«Le plus gros déploiement de ma carrière»
Le directeur du Service de sécurité incendie du Centre-Mékinac, René Tourigny, a près de quarante ans d'expérience. Durant ces longues années au service de la population, il a été témoin de plusieurs événements tragiques. Deux jours après l'effondrement du bâtiment de la ferme Pittet, René Tourigny avoue que l'ampleur de l'opération de sauvetage dépasse tout ce qu'il avait connu jusqu'à maintenant. 
«C'est le plus gros déploiement de ma carrière, que j'ai connu en 40 ans. L'objectif initial était de retrouver un homme vivant», soutient-il. «Certains pompiers ont travaillé sur place de quinze à dix-huit heures.»