Éric Lafontaine coupable de contacts sexuels sur une enfant

LA TUQUE — Éric Lafontaine a été reconnu coupable de contacts sexuels sur une enfant de 11 ans par le juge Jacques Trudel, mardi, au palais de justice de La Tuque. Le juge Trudel rendra sa décision quant à la sentence la semaine prochaine. L’avocat de l’accusé demande entre 3 et 12 mois de prison tandis que le procureur de la Couronne demande une peine de pénitencier de 36 mois.

Le juge Jacques Trudel n’a pas cru la version de l’accusé qui avait tout nié en bloc lors de son témoignage, même sa version incriminante donnée aux policiers. Il a qualifié la version de l’accusé, surtout concernant les faits en litige, d’éclatée, éparpillée parfois déconcertante, incohérente, invraisemblable, étonnante, loufoque, «voire même incriminante, sur certains aspects».

Rappelons que l’accusé avait, dans son témoignage, mentionné qu’il avait un amour pour «sa personne» en parlant de la victime et qu’il voulait la protéger de sa mère. Il avait assuré que sa victime était «plus mature que certaines personnes en général». Éric Lafontaine avait également mentionné qu’il était possible d’aimer quelqu’un «pas dans un but sexuel nécessairement».

«Ce qu’il déclare, ce n’est pas une simple relation amicale, c’est clairement des sentiments d’un homme envers une femme», a souligné le juge Trudel.

Ce dernier a souligné que la négation de l’accusé s’est faite du bout des lèvres et non pas de façon catégorique. Il a également mentionné que son témoignage était teinté de justification et de victimisation.

Le juge a également fait remarquer qu’à plusieurs reprises, l’accusé a confirmé la version de la victime sur tout sauf les contacts sexuels.

«Les contradictions, les invraisemblances, les inconsistances… rendent non crédible sa négation des contacts sexuels […] Plusieurs affirmations révèlent même la survenance de ceux-ci et confirment la victime», a mentionné le juge.

Le juge Trudel s’en est plutôt remis à la version de la jeune victime et de la mère de la victime. Il a indiqué que la version de la victime est précise et comporte des précisions telles qu’elle «ne peut pas être inventée ni suggérée par d’autres personnes».

La Couronne avait présenté, dans le cadre de sa preuve, l’interrogatoire vidéo de la jeune fille, enregistré en octobre 2015. Dans l’enregistrement, qui dure près de deux heures, elle avait raconté dans le détail certains événements, quatre ou cinq, impliquant l’accusé de 47 ans. La jeune fille âgée aujourd’hui de 13 ans avait semblé perturbée par la vidéo à plusieurs reprises.

Le juge Trudel a également tenu compte des traces de sperme contenant l’ADN de l’accusé retrouvé dans les pantalons de la jeune victime.

«Une preuve matérielle non contestée qui ne laisse place à aucune interprétation, mais qui confirme la version de la victime et de sa mère», a noté le juge.

Les avocats se sont fait entendre quant à la sentence qui devrait être imposée à l’accusé. Me Belliard a demandé au juge d’imposer une peine entre 3 et 12 mois avec une probation et des travaux communautaires.

«On n’a pas affaire à un multirécidiviste», a-t-il souligné.

«Ce n’est pas une longue période d’abus graves. […] On n’est pas du cas du «bourreau de Beaumont» qui battait ses enfants, qui les abusait sexuellement pendant des années », a-t-il ajouté.

Quant au procureur de la Couronne, il demande plutôt 36 mois de pénitencier. Il a souligné l’absence de facteurs atténuants dans le dossier d’Éric Lafontaine, mais également les conséquences du crime sur la victime. La jeune fille parle, entre autres, de craintes, d’agressivité, de consommation de drogues, d’automutilation, d’anxiété, de difficulté de concentration…

«Vous avez retenu cinq gestes et il n’y a que des facteurs aggravants, alors on demande 36 mois. […] C’est beaucoup, mais c’est adéquat dans ce dossier», a lancé Me Éric Thériault.

Le procureur avait également demandé la détention immédiate d’Éric Lafontaine en raison de la gravité des gestes et de ses nombreux bris de promesse. Le juge Trudel n’a pas acquiescé à sa demande.