Enquête sur remise en liberté de Lucien Awashish : «Le prévenu et sa conjointe empoisonnent la communauté»

LA TUQUE — Lucien Awashish était de retour devant la justice, mercredi, pour son enquête sur remise en liberté. L’homme avait été arrêté pour du trafic de stupéfiants lors d’une opération antidrogue à Wemotaci. Les avocats ont soumis leurs arguments à la juge qui devrait rendre sa décision la semaine prochaine.

Le procureur de la Couronne a plaidé que la remise en liberté de l’individu minerait grandement la confiance du public.

«Ils font ça pour l’argent. Le prévenu et sa conjointe empoisonnent la communauté pour mettre du gaz dans leur génératrice […] Quatre mille pilules pour une communauté comme Wemotaci, c’est très rare. La journée de la perquisition, il aurait pu donner trois pilules à chacun des résidents de Wemotaci dont 42 % ont moins de 19 ans», a indiqué Me Thériault.

À titre comparatif, le procureur de la Couronne a souligné que 3400 pilules à Wemotaci représentaient l’équivalent de 411 000 pilules trouvées chez un individu à Trois-Rivières.

Il a soumis à la juge que les chances d’un verdict de culpabilité étaient élevées. Le procureur de la Couronne a également déposé au tribunal une lettre signée par le grand chef de la nation atikamekw, Constant Awashish.

«La consommation de la métamphétamine ainsi que des drogues en général est toujours une grande préoccupation sociale dans nos communautés atikamekw, davantage qu’en milieu urbain […] En effet, nous souhaitons voir des conséquences exemplaires pour ce type d’activité criminelle et surtout, nous souhaitons que nos jeunes puissent se développer dans un environnement sain», peut-on lire dans un extrait.

Le procureur de la Couronne a aussi indiqué que la consommation de drogues était importante chez les jeunes Atikamekws.

«Le prévenu et sa conjointe empêchent les jeunes de se sortir d’un cercle qui existe depuis trop longtemps et c’est pour ça qu’on doit donner l’exemple», a affirmé le procureur.

Ce dernier a souligné que la conjointe de l’accusé a affirmé devant le tribunal qu’elle ne dénoncerait pas l’accusé.

«La première réponse qu’elle dit c’est non, et après, elle a bien vu que ce n’était pas la réponse qu’elle devait donner. Ma question était claire. Elle a dit non, et la deuxième fois elle a dit oui», a-t-il fait remarquer.

L’avocate de M. Awashish a pour sa part plaidé que son client était présumé innocent. Elle a également mentionné qu’il avait des problèmes de santé et qu’il avait 69 ans. Des garanties ont également été offertes, un dépôt d’argent notamment.

«Mon client et sa conjointe sont impliqués dans la communauté, ils font de l’artisanat. […] Ils participent à la vie dans la communauté», a indiqué l’avocate.

Elle a également demandé à la juge de considérer les principes de l’arrêt Gladue comme la surreprésentation des autochtones dans les prisons.

La juge rendra sa décision en début de semaine prochaine.

Rappelons qu’au début du mois de juillet, les policiers ont effectué deux perquisitions en matière de stupéfiants à Wemotaci. Plus de 3400 comprimés de méthamphétamine, plus de 1700 $ en argent canadien et plus de 10 armes à feu ont été saisis par les policiers. Deux hommes et deux femmes avaient été arrêtés.