Enquête préliminaire virtuelle de Normand Trahan: deux promoteurs intéressés par le zoo témoignent

Trois-Rivières — L’enquête préliminaire de Normand Trahan, qui est accusé de cruauté et négligence envers les animaux, s’est poursuivie, vendredi matin, avec les témoignages de Philip Éthier et Alessandra Magini, les deux promoteurs qui avaient tenté d’acheter le Zoo de Saint-Édouard il y a quelques années.

Comme cela avait été annoncé, les audiences se sont déroulées de façon virtuelle afin d’assurer la poursuite du processus judiciaire malgré la pandémie. Et force est d’admettre que cette façon de faire s’est avérée très efficace.

Le prévenu, qui est âgé de 70 ans, a pu assister à son enquête préliminaire, tout en demeurant confiné dans sa résidence de Saint-Édouard-de- Maskinongé.

Les procureurs de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté et Jonathan Rabchuk, se trouvaient dans un palais de justice de Saint-Jérôme avec les témoins.

Les avocats de la défense, Me Michel Lebrun et Janie Thibault étaient dans leur bureau de Trois-Rivières.

Seul le juge David Bouchard se trouvait dans la salle d’audience du palais de justice de Trois-Rivières.

C’est Philip Éthier qui a été le premier à témoigner sur le rôle qu’il a joué dans cette affaire. Il a été suivi de Mme Magini.

Dans les deux cas, ils ont été interrogés uniquement par Me Lebrun puisque le renvoi à procès n’est pas contesté. L’objectif de la défense à ce stade des procédures était surtout d’évaluer la preuve de la Couronne et la crédibilité des témoins. Notons par ailleurs qu’une ordonnance de non-publication nous interdit de rapporter le contenu de leurs témoignages et les faits.

Rappelons que l’enquête préliminaire s’était tenue en cour les 12 et 13 mars dernier pour ensuite être suspendue avec la crise de la COVID-19. Me Julien Beauchamp-Laliberté, le procureur de la Couronne, avait cependant rappelé qu’il y avait urgence d’agir avec la saisie et la relocalisation de plus de 200 animaux. Il a déposé une requête de prise en charge visant à faire stériliser le plus rapidement possible une soixantaine d’animaux.

Or, malgré une demande formulée à nouveau vendredi pour que les plaidoiries sur cette requête se tiennent le plus rapidement possible, le juge a rappelé qu’elles se dérouleront comme prévu à la toute fin de l’enquête préliminaire. Les audiences virtuelles vont donc se poursuivre le 20 mai avec les témoignages de quatre autres personnes, soit des constables de la SPCA Montréal.

L’arrestation de Normand Trahan fait suite à une enquête criminelle menée par la SPCA de Montréal. On lui reproche d’avoir fait preuve de cruauté et négligence envers les animaux. Certains n’auraient pas eu accès à de l’eau non contaminée et de la nourriture de qualité minimale.

Des bêtes auraient aussi été gardées dans des enclos qui n’assuraient pas leur sécurité physique.