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Le procès d’Émile Beaulieu a commencé lundi au palais de justice de Trois-Rivières.
Le procès d’Émile Beaulieu a commencé lundi au palais de justice de Trois-Rivières.

Émile Beaulieu subit son procès pour une violente agression armée

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — Un jeune homme d’une vingtaine d’années, Émile Beaulieu, subit présentement son procès en lien avec une violente agression armée qui aurait été commise contre deux hommes le 14 octobre 2017 dans une résidence de la rue Éloïse dans le secteur Sainte-Marthe-du-Cap.

Les infractions qui lui sont reprochées sont graves et sérieuses. Parmi celles-ci, on compte voies de fait graves, voies de fait armées, voies de fait causant des lésions corporelles, conduite dangereuse et voies de fait armées avec une automobile. 

Les événements sont survenus après une rupture amoureuse que le suspect aurait eu beaucoup de mal à accepter. Dans les semaines précédentes, il aurait d’ailleurs fait part à son ancienne amie de cœur de ses états d’âme, insistant pour reprendre leur relation mais sans succès. 

Comme l’a raconté Gabrielle Chiasson lundi dans un témoignage très détaillé, elle a même cru à un certain moment qu’il voulait s’enlever la vie avant de réaliser, toujours selon elle, qu’il cherchait plutôt à la manipuler. Elle a donc coupé tout contact avec lui. Il serait revenu à la charge en lui disant qu’il voulait récupérer chez elle certains effets personnels dont une bague qu’il lui avait donnée et des chandails, à défaut de quoi il appellerait la police. «Mais moi, j’avais surtout peur de le revoir, peur qu’il se présente chez moi. Je sais comment il peut être lorsqu’il est en colère. Je ne voulais pas le revoir.» 

C’est dans ce contexte qu’il se serait pointé à sa résidence vers 4h30-5h du matin le 14 octobre en sonnant avec insistance à la porte. Seule dans la maison, elle a finalement accepté de le laisser entrer non sans lui avoir demandé de lui montrer ses mains qu’il avait cachées derrière son dos. «Il disait qu’il était triste, qu’il n’allait pas bien et qu’il voulait juste me parler», a-t-elle indiqué au juge Simon Ricard. 

Elle a néanmoins envoyé un message texte à des amis pour les informer que son ex-petit ami venait d’arriver et qu’elle était seule dans la maison. Après avoir parlé avec le suspect pendant une dizaine de minutes, elle lui a ensuite demandé de partir. Elle aurait alors informé ses amis de son départ imminent, ce à quoi ils auraient répondu qu’ils ne venaient pas.

Or, ces derniers, Joshua Therrien et Gabriel Gauvin, seraient malgré tout arrivés dans l’instant suivant. Une bagarre aurait alors éclaté dans le portique d’entrée. Les deux hommes auraient réussi à maîtriser Émile Beaulieu qui aurait ensuite quitté les lieux. Au volant de sa voiture, il aurait démarré en trombe, fonçant sur l’un des deux hommes qui a réussi à éviter de justesse l’impact.  

Une trentaine de minutes plus tard, Émile Beaulieu aurait appelé la jeune femme pour l’insulter et lui dire qu’il allait se venger et que cela ne s’arrêterait pas comme ça. Il lui aurait demandé si elle était seule, lui indiquant qu’il était de retour. À ce moment, ses deux amis se trouvaient toujours dans la maison alors que leur auto était stationnée à l’arrière. Comme ils venaient d’entendre la conversation via le mode mains libres de son cellulaire, ils seraient sortis par l’arrière tout en lui faisant signe de ne pas parler.

Mme Chiasson n’a pas été un témoin direct de ce qui s’est passé à l’extérieur mais elle aurait entendu des sons étouffés. En sortant dehors dans la minute suivante, elle aurait trouvé ses deux amis étendus sur le sol. Ils venaient d’être poignardés. Dans l’appel 911, on l’entend pleurer et réclamer de l’aide à grands cris. 

Selon la preuve déposée par la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, le suspect s’en serait pris aux deux hommes avec son couteau en les poignardant, dont un qui a subi des blessures très importantes.

Le suspect a pour sa part contacté les policiers environ deux heures plus tard pour se livrer aux autorités. Ses avocats, dont Me Jean-Daniel Debkoski et Me Pierre Poupart, entendent démontrer dans le cadre de ce procès d’une durée estimée de deux semaines que le jeune homme a agi par légitime défense lors du second épisode de violence à l’extérieur. Notons par ailleurs que MM. Therrien et Gauvin ont été acquittés dans cette affaire.