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Émile Beaulieu accusé d’avoir poignardé deux hommes: «S’ils n’avaient pas été là, c’est moi qui aurais été poignardée»

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — Le procès d’Émile Beaulieu, ce jeune homme accusé d’avoir poignardé deux individus en octobre 2017, s’est poursuivi, mardi, avec le témoignage de son ancienne amie de coeur.

Gabrielle Chiasson se rappelle encore de son état de panique en découvrant ses deux amis, Gabriel Gauvin et Joshua Therrien, étendus sur le sol à l’extérieur de sa maison, alors qu’ils venaient d’être poignardés. Les examens ont plus tard révélé que le premier avait reçu un coup de couteau dans le dos, tout près de la colonne, alors que le second avait été poignardé à pas moins de sept reprises, ayant les deux poumons perforés. Il était grièvement blessé et couvert de sang. «Je n’avais jamais vécu quelque chose comme ça. Je pensais qu’il était en train de mourir. Il n’était plus capable de respirer. Il était en train de nous quitter. Je m’excuse des termes que j’ai utilisés à ce moment-là mais je lui ai dit:» Tu meurs pas à soir mon tab..», a-t-elle raconté.

Émile Beaulieu

Elle a précisé que les deux hommes se faisaient même leurs adieux. Dans l’appel 911, on l’entend d’ailleurs hurler pour réclamer du secours. Les policiers sont ensuite arrivés et ont immédiatement entrepris de fournir les premiers soins tout particulièrement à Joshua Therrien en attendant l’arrivée des ambulanciers.

Rappelons que les événements au cœur de ce procès sont survenus aux petites heures du matin le 14 octobre 2017. À la suite d’une rupture amoureuse qu’il avait de la difficulté à accepter, le suspect s’était rendu à la résidence de son ancienne amie de cœur, située sur la rue Éloïse dans le secteur Sainte-Marthe-du-Cap.

Or, comme celle-ci était seule dans la maison et qu’elle le craignait, elle avait fait appel à deux amis. Une première altercation était survenue entre les trois hommes dans le portique d’entrée, leur causant alors de légères blessures mais sans plus. Émile Beaulieu avait ensuite quitté les lieux. Au passage, il aurait foncé sur l’un des deux hommes avec son véhicule mais ce dernier avait réussi à l’éviter de justesse.

Or, 30 minutes plus tard, le suspect était malgré tout revenu devant la maison et avait téléphoné à Mme Chiasson pour l’injurier compte tenu de ce qui venait de se passer. Il avait notamment proféré des menaces de vengeance. Comme la voiture des hommes était stationnée à l’arrière de la maison, il lui avait aussi demandé si elle était seule. Tout en lui demandant de rester à l’intérieur, les deux hommes seraient alors sortis à l’extérieur pour se diriger vers Émile Beaulieu et c’est à ce moment qu’ils auraient été poignardés.

Encore aujourd’hui, Gabrielle Chiasson affirme ne pas comprendre et savoir ce qui s’est passé exactement. Elle n’aurait pas été témoin des coups portés mais a seulement entendu des sons étouffés via un téléphone cellulaire toujours ouvert. C’est en sortant dehors une minute plus tard qu’elle a retrouvé ses deux amis étendus sur le sol. Le suspect avait pour sa part pris la fuite. Il se serait livré aux autorités quelques heures plus tard.

Dans le cadre du contre-interrogatoire, l’avocat de la défense, Me Jean-Daniel Debkoski, a bien tenté de miner la crédibilité de la jeune femme en voulant faire ressortir des contradictions et des différences dans ses déclarations mais elle a maintenu l’essentiel de son témoignage. On sait que la défense allègue dans cette affaire que les voies de fait ont été commises par Émile Beaulieu dans un contexte de légitime défense.

Ainsi, on a pu apprendre que la relation amoureuse entre Émile Beaulieu et Gabrielle Chiasson avait été tumultueuse et marquée par quelques séparations. La jeune femme a d’ailleurs admis avoir déjà été très fâchée contre lui et avoir eu le cœur brisé lors d’épisodes où il était distant envers elle. Elle a également reconnu l’avoir giflé alors qu’il l’insultait, tout en précisant qu’en retour il était beaucoup plus violent avec elle et qu’il lui faisait des menaces.

Par contre, elle a nié avoir demandé à ses amis de le battre lors de cette nuit du 14 octobre. «Cela n’a jamais été dans mon intention. Ce n’était pas prévu», a-t-elle précisé.

Aux questions de Me Debkoski, elle a cependant reconnu que les hommes s’étaient bel et bien portés à sa défense. «S’ils n’avaient pas été là, c’est moi qui aurais été poignardée.»

Interrogée si l’arme utilisée par le suspect (qui n’a jamais été retrouvée par ailleurs) pouvait être un couteau à beurre, elle a éclaté en sanglots. «Ce n’était pas un couteau à beurre. Je le sais bien à cause des blessures. Il y avait du sang partout. Joshua a passé près de mourir. Ça fait trois ans que je pense à cette affaire», a-t-elle déploré.

Rappelons que la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, a porté contre Émile Beaulieu plusieurs accusations, dont voies de fait graves, voies de fait armées, voies de fait causant des lésions corporelles, conduite dangereuse et voies de fait armées avec une automobile. Le procès va se poursuivre vendredi.