Effondrement d'un bâtiment de ferme: opération sauvetage

Un bâtiment de la ferme laitière Pittet à Saint-Tite s'est effondré mercredi après-midi. Un travailleur de 35 ans, coincé sous les décombres, manque à l'appel. Une importante opération de sauvetage a été mise en branle mercredi afin de localiser l'homme. Plusieurs bêtes se trouvent également coincées sous les débris.
«Les trois quarts d'une des étables de la ferme du rang du Haut-du-Lac Sud (route 159) se sont effondrés. Plusieurs animaux étaient à l'intérieur, mais plus important, nous recherchons un travailleur dans le bâtiment effondré», affirmait peu de temps après les événements la sergente Annie Thibodeau, porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ).
Un employé de la ferme rencontré sur place a été témoin de l'effondrement du bâtiment. Il indique que quatre travailleurs se trouvaient à l'intérieur tout juste avant qu'il ne s'effondre.
«J'ai vu le bâtiment s'écrouler, alors que je passais devant. La porte avant a été soufflée plus loin et elle a passé tout près de moi. J'ai vu passer un employé tout près de moi en catastrophe. Si c'était arrivé une minute avant, il y aurait eu quatre employés à l'intérieur», racontait le témoin de la scène encore ébranlé. 
Selon ce travailleur, l'employé qui manque à l'appel est un Guatémaltèque. Cet homme n'en serait pas à son premier contrat avec la ferme Pittet. Des voisins nous ont confié que l'homme prénommé César est bien connu et apprécié. Ces voisins affirmaient que la propriétaire des lieux est extrêmement bouleversée par les événements et qu'elle était très inquiète pour son employé.
Les pompiers du Centre-Mékinac dirigeaient les opérations de sauvetage. À l'aide de pelles mécaniques, les débris étaient dégagés délicatement. La structure du bâtiment étant très fragile, les pompiers craignaient qu'elle ne s'effondre.
D'ailleurs, à quelques reprises, des grincements ont été entendus lorsque la pelle mécanique retirait des débris. «Nous y allons délicatement avec les pelles mécaniques. Par la suite, nous déblayons les débris à bras d'homme», précisait sur place lors de l'opération de sauvetage le directeur du Service de sécurité incendie de la MRC de Mékinac, René Tourigny.
À plusieurs reprises lors de l'opération de sauvetage, les pompiers appelaient l'homme, mais ils n'ont jamais eu de réponse. Dès que la nuit est tombée, les secours utilisaient de puissantes lampes afin de poursuivre le travail. Au moment de mettre sous presse, l'opération de sauvetage était toujours en cours. Dans ces circonstances, les heures sont précieuses.
Aidé par la Sécurité civile du Québec, le service de sécurité incendie a fait appel à une équipe spécialisée en recherches dans des milieux clos du service de sécurité incendie de la Ville de Montréal.
Ces pompiers, ils étaient une dizaine, sont arrivés vers 20 h à Saint-Tite et ont pénétré dans le bâtiment vers 21 h. Selon ces spécialistes, une personne inconsciente peut survivre dans les conditions climatiques actuelles entre 12 et 24 heures sous les décombres. Ils recherchent donc une personne présumée toujours vivante.
«Nous avons aussi demandé à des spécialistes en recherche et sauvetage avec des chiens de venir nous aider pour les recherches», ajoutait René Tourigny. 
Le bâtiment effondré abritait une vingtaine de bêtes, essentiellement des veaux. Les secours ont extirpé des décombres quelques bêtes en après-midi. Les vaches laitières de la ferme sont dans un autre bâtiment beaucoup plus récent.
Ironie du sort, un responsable de la ferme Pittet avait demandé de déneiger le toit de certains bâtiments. Lorsque le drame est survenu mercredi, des travailleurs s'affairaient justement à déneiger le toit d'un autre bâtiment. 
Selon le travailleur rencontré sur place, le bâtiment qui s'est effondré, qui serait âgé d'une vingtaine d'années, n'aurait pas l'habitude d'accumuler de la neige sur le toit. Les autorités affirment toutefois que le poids de la neige, qui aurait été augmenté ces derniers jours par de la pluie, serait une des hypothèses retenues pour expliquer l'effondrement du bâtiment. 
Les autorités craignaient également qu'un autre bâtiment s'effondre. Un ingénieur spécialisé en structure de bâtiment s'est rendu sur place mercredi en fin de journée pour évaluer sa solidité de même que pour donner son avis sur le bâtiment effondré.
Il a notamment évalué les lieux du haut des airs à bord de l'hélicoptère de la Sûreté du Québec. La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a également dépêché des enquêteurs sur les lieux, car il s'agit après tout d'un accident de travail.
De plus, des vétérinaires du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) étaient présents pour intervenir auprès des bêtes.
Une série noire
Depuis deux semaines, les cas de bâtiments effondrés sous le poids de la neige font régulièrement les manchettes. Après le bâtiment de l'usine de Palettes Laviolette la semaine dernière, c'était au tour d'un commerce du boulevard Thibeau de s'effondrer ce week-end. À Saint-Tite, un garage abritant de vieux tracteurs s'est effondré il y a quelques jours. Ces trois événements n'ont heureusement fait aucun blessé. 
Le maire de Saint-Tite, André Léveillé, est venu constater les dégâts mercredi après-midi. Il était consterné de voir les décombres de la ferme Pittet, une des plus grosses fermes laitières de la MRC de Mékinac.
«Je trouve ça déplorable. C'est plus qu'une ferme, c'est une industrie laitière», a-t-il souligné, désolé des événements. «Dans les circonstances actuelles, on conseille de déneiger les toitures. Plus il pleut et plus la neige est pesante.» 
Le directeur de la Sécurité incendie a également formulé ces mêmes recommandations.