Drogue à Wemotaci: Lucien Awashish demeure détenu

LA TUQUE — Lucien Awashish restera derrière les barreaux pour le restant des procédures judiciaires. C’est ce qu’a ordonné la juge Dominique Slater aux termes de son enquête sur remise en liberté. L’homme de 69 ans est accusé de trafic de stupéfiants. Il avait été arrêté lors d’une opération antidrogue à Wemotaci au début du mois.

La juge a conclu que la détention était nécessaire, entre autres, pour ne pas miner la confiance du public.

«Je pense plus particulièrement à la confiance de la communauté de Wemotaci envers le système de justice», a fait valoir la juge.

Le procureur de la Couronne avait plaidé la semaine dernière que «le prévenu et sa conjointe empoisonnaient la communauté pour mettre du gaz dans leur génératrice». Il avait également fait valoir que l’accusé aurait pu remettre trois pilules à chacun des résidents de la communauté Atikamekw avec les quantités perquisitionnées.

À titre comparatif, le procureur de la Couronne avait indiqué que 3400 pilules à Wemotaci représentaient l’équivalent de 411 000 pilules trouvées chez un individu à Trois-Rivières.

La juge a également pris en compte la «preuve accablante», la gravité importante de l’accusation et les circonstances particulières du dossier. Elle a fait remarquer que la consommation de drogues dures faisait des ravages dans la population en général et particulièrement à Wemotaci.

La juge est revenue aussi sur la lettre, signée par le grand chef de la nation atikamekw Constant Awashish, qui a été déposée en preuve lors de l’enquête sur remise en liberté.

«C’est une lettre éloquente concernant ce fléau, la gravité des gestes et tous les problèmes sociaux que cette drogue amène au niveau de la communauté autochtone», a-t-elle indiqué.

La juge Dominique Slater a également affirmé qu’il y avait une probabilité marquée de récidive. Quant au plan de sortie proposé par Lucien Awashish pour éviter l’incarcération, il n’a pas convaincu la juge. Ce plan se basait notamment sur sa conjointe qui est elle aussi accusée en lien avec cette affaire.

«Il offre de retourner au même endroit où il trafiquait avec la complice», a noté la juge.

Cette dernière a également fait remarquer que la conjointe de l’accusé a affirmé devant le tribunal qu’elle ne dénoncerait pas l’accusé, avant de se raviser.

«Ce que l’on constate, c’est que le témoignage de madame manque de transparence. Il a évolué au fil des questions. Le tribunal tient à souligner que ce n’est pas un problème de langue. Madame comprenait très bien les questions en français. Elle a été interprète français atikamekw pendant plusieurs années», souligne la juge Slater.

«Le tribunal n’a pas confiance en cette caution», ajoute-t-elle.

La juge Slater s’est également questionnée sur le montant d’argent offert en garantie.

«La preuve démontre que le trafic a été fait pour l’appât du gain, alors le tribunal se demande effectivement d’où provient cette somme de 500 $ alors qu’ils vendaient pour réussir à combler la fin du mois», a-t-elle indiqué.

Lucien Awashish restera donc détenu pour l’ensemble des procédures judiciaires. Il reviendra devant le tribunal le 18 août.

Rappelons qu’au début du mois de juillet, les policiers ont effectué deux perquisitions en matière de stupéfiants à Wemotaci. Plus de 3400 comprimés de méthamphétamine, plus de 1700 $ en argent canadien et plus de 10 armes à feu ont été saisis par les policiers. Deux hommes et deux femmes avaient été arrêtés.