L’homme qui était au volant du tracteur a été formellement accusé de négligence criminelle causant la mort de trois personnes et causant des lésions corporelles à six personnes jeudi au palais de justice de Granby.
L’homme qui était au volant du tracteur a été formellement accusé de négligence criminelle causant la mort de trois personnes et causant des lésions corporelles à six personnes jeudi au palais de justice de Granby.

Drame à Notre-Dame-de-Stanbridge: «C’est un carnage»

Karine Blanchard
Karine Blanchard
La Voix de l'Est
«C’est un carnage». Voilà les mots employés par un secouriste pour décrire la scène du tragique accident de tracteur qui a coûté la vie à trois jeunes enfants, mercredi soir, à Notre-Dame-de-Stanbridge. Au lendemain du drame, le conducteur âgé de 38 ans a été accusé de négligence criminelle causant la mort et de négligence criminelle causant des lésions.

La scène qui attendait les secouristes dans le rang Sainte-Anne était horrible. Six enfants et quatre adultes prenaient place dans la pelle d’un tracteur lorsque, pour une raison inconnue, ils ont été éjectés du véhicule.

La balade fatale est survenue vers 19h lors d'une réunion familiale alors que le conducteur aurait pris la route pour aller chercher du bois.

Trois enfants âgés d’un an, trois ans et cinq ans, ont perdu la vie dans cet accident d’une tristesse inouïe. Les trois autres bambins, tous âgés de moins de six ans, ont subi de graves blessures, mais leur vie n’est pas en danger, affirme la Sûreté du Québec.

Les quatre adultes âgés dans la trentaine ont également été blessés. On craignait toujours pour la vie de deux d’entre eux jeudi.

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Négligence criminelle

Le conducteur du tracteur a été arrêté par les policiers après l'accident. Après avoir comparu au palais de justice de Granby par visioconférence jeudi, il a été formellement accusé de négligence criminelle causant la mort de trois personnes et d’avoir causé des lésions corporelles à six personnes lors de la conduite d’un véhicule moteur.

Les policiers soupçonnent que l’alcool a joué un rôle dans cette tragédie. Le conducteur a d’ailleurs été soumis à l’alcootest au moment de son arrestation. Pour le moment, aucune accusation de conduite avec les capacités affaiblies n’a toutefois été déposée contre lui. 

Le trentenaire a été remis en liberté au terme de sa comparution téléphonique. Il doit revenir au tribunal le 28 septembre prochain pour la suite des procédures. Une ordonnance de non-publication empêche de divulguer tout détail pouvant mener à l’identification des jeunes victimes impliquées dans l'accident.

L'accusé a été remis en liberté contre un cautionnement de 5000 $ et plusieurs conditions, dont un interdit de communication avec certaines personnes impliquées dans la tragédie et une interdiction de conduire un véhicule à moteur sauf pour cas d'urgence ou de travail.

Une scène horrible

Le secouriste, qui est intervenu sur les lieux et s’est confié à La Voix de l’Est sous le couvert de l’anonymat, affirme que les intervenants ne sont jamais préparés à une scène aussi tragique. «Ce n’est pas un appel conventionnel…», a-t-il laissé tomber.

Huit équipes de paramédics issues de plusieurs entreprises sont intervenues sur la tragédie. La première à être arrivée sur place a dû procéder au triage des nombreux blessés retrouvés sur place. 

«Tout était rocambolesque, affirme Francis Brisebois, coordonnateur aux communications pour l’entreprise ambulancière Dessercom. Les circonstances sont tout de même rarissimes. On est formé pour le triage. Il faut être prêt à intervenir (malgré les tristes circonstances).»

Dès la fin de l’intervention, une aide leur a été offerte. «Tous les paramédics ont besoin d’un soutien après une telle intervention», affirme Guillaume Dostie, superviseur chez Groupe CAMBI à Cowansville, dont des membres ont été dépêchés sur les lieux. 

En plus de psychologues prêts à intervenir auprès des secouristes confrontés à la terrible scène et le programme d’aide aux employés disponibles pour eux, les directions ont rencontré le personnel.

«Ce matin (jeudi), la direction des opérations s’est rendue à la caserne de l’équipe qui s’était retirée de la route hier soir, mais qui est de retour au travail. C’est ce qu’ils ont besoin en ce moment», explique M. Brisebois. 

Une attention particulière sera portée dans les jours, mais également dans les semaines à venir auprès des secouristes. «On assure un suivi rigoureux parce qu’un choc post-traumatique peut survenir plus tard après l’événement», fait savoir M. Brisebois.

— Avec la collaboration de La Presse canadienne