Miguel Nuno Botelho a pris le chemin de la prison pour avoir participé à des arnaques de grands-parents.

Dix mois de prison et 10 000 $ en dédommagement

Trois-RivièreS— Miguel Nuno Botelho a été condamné à une peine de 10 mois de prison pour son implication dans un réseau spécialisé dans l’arnaque de grands-parents.

L’individu de 27 ans, qui est domicilié dans la région de Montréal, devra également verser 10 000 $ en dédommagement à deux victimes qu’il a flouées, et ce, d’ici juillet 2021. Cette ordonnance du tribunal, qui avait été demandée par la procureure de la Couronne au dossier, Me Martine Tessier, dans le cadre des plaidoiries sur sentence, concerne les victimes ayant fait des demandes à ce sujet. Ces deux femmes y avaient notamment précisé que la perte de 5000 $ pour chacune d’elles était énorme car il s’agissait d’économies de longue date.

Botelho devra également se soumettre à une probation pendant deux ans avec l’interdiction de contacter les victimes, leurs proches et ses complices.

Rappelons que le réseau d’arnaqueurs avait sévi un peu partout au Québec en 2015 et 2016. Le scénario était toujours le même: on ciblait des femmes âgées qui pouvaient avoir des petits-fils d’âge adulte, d’où le choix de prénoms à consonance ancienne comme les Simone, Gisèle, Réjeanne, Rita, etc. L’âge des victimes variait entre 75 et 91 ans.

Un fraudeur se faisant passer pour son petit-fils ou son neveu appelait la victime pour solliciter son aide. Il prétendait avoir été arrêté pour conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool. Il avait besoin de 5000 $ pour être libéré. Il est aussi arrivé qu’on demande plus d’argent pour payer des frais d’avocats. À certaines occasions, une autre personne jouait le rôle d’un policier pour confirmer l’arrestation. On expliquait ensuite qu’un ami allait passer pour recueillir l’argent.

Il faudra d’ailleurs, au début de février 2016, l’arrestation à Trois-Rivières de deux collecteurs, Alexandre Dubé et Sébastien David Perez Sauvé, pour que le réseau soit démantelé. Ces derniers avaient été surpris en flagrant délit par les deux fils d’une victime qui étaient intervenus personnellement en attendant l’arrivée des policiers. Dubé et Perez Sauvé avaient plus tard été condamnés respectivement à des peines de 10 mois et 12 mois de prison ferme.

L’enquête policière avait ensuite permis d’arrêter Steven Devantro, qui jouait un rôle de premier plan dans ce réseau, et de Jean Mallette, considéré comme la tête dirigeante. Le premier a d’ailleurs écopé de six ans de pénitencier alors que le second est en attente de sa sentence.

Dans la foulée des arrestations qui ont suivi, il y a eu celle de Miguel Nuno Botelho. Dans son cas, il a plaidé coupable aux 17 accusations portées contre lui. Sur une période de deux mois, il a ainsi participé à neuf fraudes d’un montant total de 44 000 $ et huit tentatives pour un montant de 34 000 $.

Selon ses aveux, il avait été recruté dans un bar de Montréal. Il avait à l’époque 23 ans. Son rôle consistait à faire de la collecte au domicile des victimes. Comme il n’avait pas de voiture, il avait fait appel à un certain Maxime Lachapelle pour l’aider, également condamné dans cette histoire.

La Couronne réclamait pour Miguel Nuno Botelho une peine de 10 et 12 mois de prison alors que la défense suggérait un minimum de 90 jours de prison discontinue.

Dans sa sentence, le juge Jacques Trudel a tenu compte des facteurs aggravants et tout particulièrement du fait d’avoir exploité la vulnérabilité de femmes âgées. Pour lui, le message doit être dissuasif: la prison ferme s’impose. Les victimes ont d’ailleurs subi des conséquences sur un plan financier mais également d’ordre psychologique. Elles souffrent de culpabilité, de honte, d’insomnie et de perte de confiance en la société. Qui plus est, les crimes étaient planifiés et prémédités.

Quant à l’excuse formulée par Miguel Nuno Botelho à l’effet qu’il croyait au départ faire de la collecte liée à des contrats de construction, le juge ne l’a pas vraiment cru.

D’un autre côté, l’individu, qui n’a aucun antécédent judiciaire, a fait de grands efforts de réhabilitation depuis son arrestation et s’est repris en main. En effet, le juge a noté dans sa décision qu’il ne consomme plus de drogue, ni même de marijuana, il a cessé le jeu compulsif, ne fréquente plus des milieux criminalisés et marginaux et a créé sa propre entreprise légitime.