L'accident était survenu sur la route 349 à Saint-Paulin. Le prévenu circulait à plus de 160 km/h.

Dix-huit mois en milieu fermé pour avoir causé la mort de son ami

Le jeune conducteur qui avait causé la mort d'un ami, lors d'un violent accident de la route survenu le 6 avril 2012 à Saint-Paulin, a été condamné à une mise sous garde en milieu fermé pendant 18 mois.
Les 12 premiers mois seront donc purgés dans un établissement en milieu fermé. Au cours des six mois suivants, le jeune homme sera placé sous surveillance dans un milieu ouvert. Il devra par la suite se soumettre à une probation de deux ans, au cours de laquelle il devra entreprendre toutes les démarches pour se trouver un emploi et le garder.
Il aura trois mois pour envoyer une lettre d'excuses aux parents de la victime. Il lui sera interdit de consommer des drogues durant sa probation. Il devra également se soumettre à une interdiction de conduire pendant deux ans suivant la fin de sa mise sous garde. Enfin, il ne pourra posséder d'armes pendant dix ans.
Rappelons que ce jeune homme, aujourd'hui âgé de 19 ans, avait été déclaré coupable de conduite dangereuse causant la mort. Le 6 avril 2012, il avait perdu le contrôle de son véhicule sur la route 349 à Saint-Paulin. Il avait fait des tonneaux et percuté de plein fouet un poteau électrique. Son passager et ami, un jeune homme de 17 ans de Saint-Paulin, y avait laissé sa vie.
Le juge Yvan Cousineau avait conclu au terme d'un procès devant le Tribunal de la jeunesse que c'est la vitesse excessive du jeune conducteur qui avait entraîné l'embardée mortelle. Celle-ci avait été évaluée à 163 km/h. Aucun autre facteur comme l'alcool, la drogue, la température, l'état de la chaussée ou l'état mécanique du véhicule n'était en cause.
La Couronne, représentée par Me Hippolite Brin, avait réclamé une peine de placement et de surveillance de deux ans en milieu fermé et une interdiction de conduire pendant sept ans. Me Bertrand Jacob à la défense avait pour sa part suggéré une peine de six mois en différé, soit à être purgée à domicile avec un couvre-feu. Il proposait une interdiction de conduire d'une année compte tenu que son client était déjà privé de permis depuis presque deux ans.
Or, le juge a tenu compte de plusieurs points pour rendre sa sentence. Du côté des facteurs aggravants, le juge a notamment retenu le peu d'empathie manifesté par le prévenu envers la victime et sa famille après l'accident et son absence de collaboration avec les policiers. Il a aussi pris en considération son incapacité à se responsabiliser, son immaturité, sa propension à se victimiser, ses antécédents d'excès de vitesse et enfin, le risque élevé de récidive.
En effet, le tribunal n'a pas vu d'un bon oeil certaines confidences du jeune homme qui ont été relatées dans le rapport pré-décisionnel. Avec le recul, celui-ci a dit se sentir coupable de cet accident et même se sentir craintif dans un véhicule. Par contre, quand il aura le goût de faire de la vitesse, il se trouvera une route plus sécuritaire ou encore il s'achètera un véhicule robuste ou un VTT.
À la lecture de ce commentaire, le juge a noté: «Il aurait dû réaliser que la vitesse tue et ne plus jamais vouloir faire des excès de vitesse. Il fait preuve d'une grande immaturité et d'une inconscience marquée», a notamment mentionné le juge Cousineau.
À cela, il faut ajouter les conséquences très lourdes vécues par la famille de la victime. Lors des plaidoiries, la mère avait réclamé une peine exemplaire. Elle estimait qu'une telle peine sensibiliserait les adolescents à ne pas reproduire l'irréparable et permettrait à la famille de commencer son deuil.
Sur le plan des facteurs atténuants, le tribunal retient son absence d'antécédents judiciaires, le fait qu'il occupait un emploi stable et était considéré comme un bon travailleur et le respect de ses conditions de remise en liberté. Le prévenu a également cessé la consommation de stupéfiants depuis l'accident, ne présente aucune difficulté mentale ou comportementale particulière et s'est dit prêt à rédiger une lettre d'excuses aux parents.
Pour toutes ces raisons, le jeune homme a été condamné à une mise sous garde en milieu fermé pendant 18 mois.