Sur le territoire desservi par la Direction de la police de Trois-Rivières, 26 constats d’infraction ont été émis pour le non-respect des consignes de la santé publique.
Sur le territoire desservi par la Direction de la police de Trois-Rivières, 26 constats d’infraction ont été émis pour le non-respect des consignes de la santé publique.

Distanciation sociale: 5000 constats d’infraction au Québec dont 26 à Trois-Rivières

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Si, au Québec, pas moins de 5000 constats d’infraction ont été émis par tous les corps policiers pour le non-respect des consignes de la santé publique, on en dénombre 26 sur le territoire desservi par la Direction de la police de Trois-Rivières.

Toutefois, le nombre d’appels, de plaintes et de dénonciations se chiffre à pas moins de 800 depuis le début de la crise. «Les policiers ont dû se déplacer pour environ 80 % de ces appels afin d’aller faire des vérifications. C’est certain que nous demandons aux gens de faire preuve de discernement et de ne pas appeler pour tout et pour rien», a indiqué le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la police de Trois-Rivières.

En effet, plusieurs citoyens rapportent de fausses informations, croyant à tort être témoins du non-respect de la distanciation sociale et de rassemblements illégaux alors que ce n’est pas le cas. Le Nouvelliste a également reçu plusieurs dénonciations en ce sens, surtout avec le retour du beau temps.

Au départ, la Sûreté du Québec avait même pris soin de faire un rappel à l’ordre via sa page Facebook pour désengorger ses centrales d’appels. On a notamment dénombré 20 000 cartes d’appels liés à la COVID dans tout le territoire desservi par le corps de police provincial. Bien qu’il demeure primordial de dénoncer les rassemblements intérieurs et extérieurs, les policiers invitaient les gens à ne pas tomber dans la paranoïa et la délation extrême. Une série d’exemples étaient donnés sur les dénonciations non appropriées.

Depuis, la sergente Éloïse Cossette, porte-parole de la SQ, souligne que la situation s’est en quelque sorte stabilisée sur le nombre d’appels mais le corps policier en reçoit malgré tout des centaines par jour. «Ça varie d’une journée à l’autre mais c’est très présent. Les messages ont passé et les gens savent que des amendes salées peuvent être émises mais il y a encore des délinquants», a-t-elle précisé.

Certains vont même appeler pour demander des permissions de sorties ou de déplacements par exemple. À ce sujet, la sergente Cossette incite plutôt les gens à aller sur https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/a-z/coronavirus-2019/deplacements-regions-villes-covid19/ pour obtenir les informations. Elle suggère d’éviter les déplacements non essentiels, et ce, même avec la levée des barrages routiers pour éviter tout risque de propagation.

Au niveau provincial, la SQ a émis à ce jour 1800 constats d’infractions pour le non-respect des consignes. Dans la région, il est impossible d’obtenir les chiffres à ce sujet. On sait que les amendes sont de 1000 $ à 6000 $ pour tout regroupement illégal, sans compter les frais. Une première amende coûtera environ 1546 $ avec les frais.

«Au cours des prochains jours, il n’est pas impossible que le niveau de tolérance des policiers sur la notion de rassemblement et de distanciation sociale soit moins grand, surtout que le message est passé», note le sergent Mongrain.

En effet, les policiers ne cachent pas que la température combinée à la fête des Mères à venir ce week-end et plus tard la fête des Patriotes pourraient inciter les gens à faire fi de la distanciation sociale.

À ce sujet, la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault a d’ailleurs été claire dans son point de presse de mercredi. «Le beau temps, le printemps, le fait qu’on soit confiné depuis plusieurs semaines, on s’ennuie de notre monde, il y a plusieurs facteurs qui, en conjonction, pourraient amener les gens à être tentés de sortir, de vouloir se rassembler et de vouloir en faire un peu trop, trop vite et inciter des gens à succomber à cette tentation. De grâce, évitez de succomber à la tentation. Dites-vous bien que cette privation temporaire va nous donner plus de liberté plus tard. C’est un investissement de se priver en ce moment et ça va être payant plus tard», a-t-elle martelé.