Mélissa Blais est disparue depuis le 2 novembre.

Disparition de Mélissa Blais: «Je suis sûr à 95 % qu’elle a été agressée»

Trois-Rivières — Le conjoint de Mélissa Blais n’a plus beaucoup d’espoir de la retrouver saine et sauve. Douze jours après la disparition de la femme de 34 ans de Yamachiche, François Venne est convaincu qu’elle a été enlevée puis possiblement assassinée après avoir fréquenté des bars de Louiseville.
François Venne est le conjoint de Mélissa Blais.
La SQ demande l'aide du public pour retrouver la voiture de Mélissa Blais, une Toyota Corolla 2011.

«Ce soir-là, il ne lui est arrivé rien d’autre que de tomber sur quelqu’un qui a probablement causé l’irréparable. Je suis sûr à 95 % qu’elle a été agressée. Ça, c’est sûr», confie François Venne. «Avec ce qu’elle avait bu, elle ne pouvait pas conduire son auto. Juste marcher, ça ne devait pas être évident. [...] Si elle avait pris son auto, elle aurait fait un accident et l’auto serait trouvable. C’est ce qu’il y a de plus mystérieux dans tout ça.»

Le conjoint de la mère de deux enfants de 9 et 15 ans voit donc de plus ses espoirs de retrouver Mélissa Blais vivante s’envoler, au fur et à mesure que les jours avancent. 

«Nous sommes de plus en plus, moi et ses proches, convaincus qu’il est arrivé de quoi à Mélissa. Elle n’est pas partie de son plein gré. Elle aurait choisi une autre façon, un autre moment. Elle est partie sans argent, sans carte ni passeport. C’est une soirée qui a mal tourné», avoue l’homme. «Je ne cherche pas un coupable, je veux la trouver elle. C’est tout.»

François Venne est toutefois convaincu qu’un des clients des bars que Mélissa Blais a fréquenté le soir de sa disparition détient des informations très importantes. Rappelons que la femme de 34 ans est disparue à 2 h 15 le 2 novembre dernier après avoir fait un arrêt au bar Les 2 dés, situé sur l’avenue Saint-Laurent à Louiseville. 

Quelques heures plus tôt, elle était allée au bar La Terrasse à la suite d’une chicane de couple . Elle y a disputé une partie de poker en compagnie d’amis et elle y a remporté une centaine de dollars. Mélissa Blais aurait aussi fréquenté le bar La Brassette L’ami. 

«C’est sûr que quelqu’un à Louiseville sait quelque chose. C’est officiel», ajoute François Venne. «Il n’y avait pas 50 clients dans les bars un mercredi soir à 1 heure ou 2 heures du matin. Ça limite le champ d’action des policiers, mais eux me disent qu’ils cherchent l’auto. [...] Si les gens ont été témoins de quelque chose, qu’ils se manifestent et le disent. Il faut que les gens parlent.»

De plus, les dettes de jeu ne seraient pas une raison qui expliquera la disparition de Mélissa Blais. François Venne réfute les informations publiées dans certains médias selon lesquelles sa conjointe avait des dettes liées au jeu. 

«Ces informations sont sorties tout croche. Mélissa a déjà eu des problèmes de jeu avec les machines. Elle avait déjà tout perdu, mais elle avait réussi à laisser tomber tout ça. Ça va faire 5 ans le 22 février, à l’anniversaire de son garçon, qu’elle a arrêté», affirme M. Venne.

«Le soir qu’elle est sortie, elle n’a pas joué dans les machines. Et les dettes qu’elle a actuellement, ce n’est pas des gros montants. C’est une partie de la location de son bureau à Royal LePage, lorsqu’elle y travaillait.»

C’est bien connu, lorsqu’une femme disparaît, le conjoint est souvent soupçonné. Or, François Venne confirme qu’il accepterait, même si la Sûreté du Québec ne lui a pas demandé, de passer le test du polygraphe pour prouver qu’il n’a rien à se reprocher. 

De nouvelles informations étudiées par la SQ

Par ailleurs, de nouvelles informations recueillies au cours des derniers jours ont été analysées lundi par les enquêteurs de la Sûreté du Québec, tandis qu’un hélicoptère du corps policier a survolé la région de Louiseville et Yamachiche. Et les policiers sont pressés par le temps, alors que la neige pourrait recouvrir des indices permettant de retrouver la résidente de Yamachiche. 

«Les enquêteurs se concentraient lundi à valider les informations qui sont rentrées durant le week-end à la centrale d’information criminelle. Alors c’était surtout un travail d’enquête. On doit valider les informations que nous avons eues», explique le porte-parole de la Sûreté du Québec, le sergent Marc Tessier. «La situation sera réévaluée mardi, pour déterminer si d’autres recherches sur le terrain sont mises de l’avant.»

Ces nouvelles informations ont également été recueillies à la suite du barrage routier mené la semaine dernière par la SQ. 

Alors que l’hiver est à nos portes et que la neige s’apprête à recouvrir le sol, le temps devient un enjeu important. La neige pourrait recourir des indices pouvant permettre de retrouver Mélissa Blais. 

«Sans dire se dépêcher, c’est pour ça qu’on ne le lâche pas pour la médiatisation du véhicule. C’est très important de trouver le véhicule, ça va nous aider pour la suite», précise le sergent Tessier. «Heureusement, il n’y a pas de précipitations de prévues dans les prochains jours. Ça aide.»

Rappelons que Mélissa Blais conduit une Toyota Corolla 2011. Son véhicule est de couleur noire, il a quatre portes et est immatriculé Y70 FAD. 

La Sûreté du Québec demande aux résidents de la grande région de Louiseville et de Yamachiche d’être vigilants. Les propriétaires de grands terrains sont invités à faire le tour de leur propriété et les chasseurs à ouvrir l’œil. 

Où commencer les recherches?

Lorsqu’une personne disparaît, il n’est pas rare de voir des organismes de recherche et sauvetage à pied d’œuvre. Les bénévoles de ces organismes sont formés et démontrent une efficacité certaine sur le terrain. Toutefois, ces regroupements n’ont pas participé aux recherches pour retrouver Mélissa Blais.

Il ne s’agit pas d’une manifestation de mauvaise foi de la part de la Sûreté du Québec. Pierre Vallée, le président d’Eurêka recherche et sauvetage, soutient que les groupes qui font des recherches terrestres comme le sien n’ont pas de point de départ pour amorcer les recherches. 

«À Eurêka, nous sommes spécialisés en recherche au sol. Tant que l’auto ne sera pas retrouvée, nous n’avons pas de point de départ. C’est ça le problème», affirme M. Vallée. «On voudrait tout faire, mais on ne sait pas où partir.»

Ces circonstances rappellent d’autres disparitions survenues ces dernières années dans la région. Pierre Vallée se souvient de la disparition d’Yvon Guévin de Pierreville en 2014. L’homme de 75 ans avait quitté son domicile à bord de son Jeep Cherokee 1989 de couleur rouge vin et n’avait jamais été revu depuis. Même son véhicule n’a jamais été retrouvé. 

Si la Toyota Corolla 2011 de Mélissa Blais est retracée, les organismes de recherche et sauvetage seront au rendez-vous et mettront assurément la main à la pâte. «Ou même si on retrouve un élément de la voiture, ou un porte-feuille ou quelque chose. Là on peut partir de quelque chose», soutient M. Vallée. «On est toujours prêts. À n’importe quelle heure, quand on peut aider, on est là.»