Diane Ambroise veut retrouver son frère qui manque à l’appel depuis une quarantaine de jours.

Disparition de James Ambroise-Petiquay: «Le pire, c’est de ne pas savoir»

La Tuque — James Ambroise-Petiquay manque à l’appel depuis maintenant 40 jours. Certains membres de sa famille cherchent pratiquement jour et nuit aux alentours de la communauté atikamekw de Wemotaci. Le stress, l’anxiété et la fatigue commencent à se faire sentir et la famille a l’impression d’être moins importante aux yeux des autorités. Diane Ambroise, la sœur du disparu, est rongée par le sentiment d’impuissance. Elle est prête à pardonner, même le pire, pour retrouver son frère alors que les espoirs s’effritent avec le temps.

«C’est difficile. Le pire, c’est de ne pas savoir. J’aimerais ça lui parler une dernière fois. […] Mon père, ma mère et des amis cherchent jour et nuit. Ils font ce qu’ils peuvent avec leurs propres moyens. Ma sœur a même plongé dans la rivière tellement on veut le retrouver», a-t-elle lancé la gorge nouée et les yeux humides.

«S’il s’est passé de quoi, on est prêt à pardonner. L’important c’est de le retrouver. On veut le ramener. S’il est déjà parti, on veut qu’il soit en paix», a ajouté Diane Ambroise.

La famille de Wemotaci déplore également le fait d’être considérée «comme moins importante», et de passer au second rang pour la Sûreté du Québec alors que les efforts se multiplient pour retracer Mélissa Blais, la jeune femme de 34 ans disparue à Louiseville.

«Pour la Sûreté du Québec, il manque de preuves pour approfondir les recherches. C’est ça leur excuse. Il faut attendre qu’ils nous disent, mais attendre quoi? Les jours passent, le temps passe, il y a la neige…», dénonce Diane Ambroise.

À la Sûreté du Québec, on affirme qu’il s’agit d’un dossier de disparition et d’une enquête de la Sécurité publique de Wemotaci. Des recherches ont par ailleurs été effectuées en lien avec un mandat d’arrestation contre le jeune homme de 26 ans.

«Les recherches ont été arrêtées à Wemotaci parce que des gens l’auraient vu quelque part. Alors on le considère comme un fugitif en raison d’un mandat d’arrestation qui pèse contre lui, plus qu’un disparu», a décrié Diane Ambroise.

À la Sécurité publique de Wemotaci, on affirme que le dossier est toujours ouvert et qu’on s’affaire à recueillir et valider de l’information.

«Des recherches ont été faites. La famille s’implique. […] On fait du mieux qu’on peut avec les gens qu’on a sur le terrain. Il n’y a rien de nouveau. L’enquête se poursuit», a brièvement indiqué le directeur Dave Fontaine. 

Diane Ambroise raconte que des gens de la communauté auraient avoué avoir battu son frère en raison d’une accusation criminelle de nature sexuelle. James Ambroise-Petiquay aurait manifesté sa peur quelques jours auparavant. Il faut noter que le disparu souffre d’une déficience intellectuelle. Pour sa grande sœur, il est invraisemblable qu’il se soit enfui d’une telle façon.

«Il a dit qu’il avait peur. La dernière personne qui l’aurait vu dit qu’il s’est enfui […] Il savait où aller chercher de l’aide, il y avait toujours des gens autour de lui», a confié sa sœur.

Depuis le 15 octobre, peu d’indices ont été trouvés et le mystère reste entier autour de la disparition de James Ambroise-Petiquay. Le jeune homme aurait eu en sa possession un bâton de hockey, la famille demande aux gens d’ouvrir l’œil.

Rappelons que M. Ambroise mesure 1,82 m, pèse 91 kg, a les yeux bruns et les cheveux noirs. Lors de sa disparition, il portait des jeans bleus, un manteau blanc et gris avec un capuchon et des chaussures de couleur noir et rouge.

«Le moindre détail est important. Les gens doivent donner les informations aux policiers. Il y a certainement quelqu’un qui sait ce qui s’est réellement passé, au moins une personne. On aimerait ça qu’ils nous parlent», insiste Mme Ambroise.

Dans une petite communauté comme Wemotaci, les rumeurs s’emballent rapidement et «tout le monde a sa version des faits». La situation commence à être difficile à vivre pour les parents et les quatre frères et sœurs.

«Ça nous blesse. C’est mon frère. Les gens nous dévisagent, les gens nous pointent du doigt même», note-t-elle.

Des médiums auraient même contacté la famille pour les aider dans les recherches.

«Ils disent qu’il serait au bord de la rivière. […] Il faut des gens pour fouiller. Aidez-nous à le retrouver», martèle Diane Ambroise.