Serge Turner a abusé sexuellement de son jeune frère et de sa sœur dans les années 80.

Deux ans moins un jour de prison pour Serge Turner pour avoir abusé sexuellement de son frère et de sa sœur

Trois-Rivières — Serge Turner, 67 ans, un résident de Saint-Justin, devra purger une peine de deux ans moins un jour de prison pour avoir abusé sexuellement de son frère et de sa sœur dans les années 80.

Notons d’emblée qu’à la demande des victimes, l’ordonnance de non-publication visant à protéger leur identité a été levée, ce qui nous permet de rendre public le nom de l’agresseur.

Entre 1980 et 1983, alors qu’il était âgé de 28 ans, marié et père d’un jeune enfant, Serge Turner avait abusé de son jeune frère à quelques reprises. Au début, celui-ci avait 15 ans. Le premier événement était survenu alors qu’il le gardait à sa résidence de Saint-Justin. Une nuit, il s’était glissé dans son lit pour frotter son pénis contre lui jusqu’à éjaculation malgré son refus et le fait qu’il avait réveillé son propre enfant qui dormait dans le lit voisin et sa conjointe dans une autre chambre.

Deux semaines plus tard, il avait recommencé. Cette fois-ci, il avait pris le pied de son jeune frère pour le frotter sur son pénis pendant un entraînement de karaté. Les abus sexuels, plus précisément des masturbations et des fellations, quelquefois mutuelles, s’étaient ainsi poursuivis pendant trois ans et demi jusqu’à ce que la victime y mette un terme. Il a aussi profité de la vulnérabilité de sa jeune sœur de 19 ans qui vivait une peine d’amour pour l’agresser sexuellement à une reprise en 1979. Ils étaient allés tous les deux dans un bar parce qu’elle avait besoin de se confier. Or, à la fin de la soirée, au lieu de la ramener chez elle, il l’avait plutôt conduite dans un motel de Yamachiche où il avait eu une relation sexuelle complète avec elle, non protégée. Sous le choc, la plaignante n’avait jamais eu la force de le repousser. Turner avait plus tard avoué qu’à cette époque de sa vie, il consommait de l’alcool et de la cocaïne.

La procureure de la Couronne, Me Catherine Lemay, avait suggéré qu’une peine de cinq ans de prison lui soit imposée. Pour sa part, l’avocate de la défense, Me Sabrina Méthot, avait plutôt réclamé deux ans moins un jour de prison.

Dans la décision rendue mercredi, la juge Guylaine Tremblay a certes tenu compte des facteurs aggravants dans cette histoire tels que les abus de confiance et les séquelles chez les deux victimes mais aussi des facteurs atténuants.

Outre ses remords et ses regrets, Serge Turner n’a aucun antécédent judiciaire, il a toujours été un actif pour la société et il a plaidé coupable rapidement. Le rapport présentenciel est favorable: le risque de récidive est considéré très faible. Une évaluation sexologique qualifie sa morale sexuelle d’élargie, probablement en raison d’abus sexuels qu’il a lui-même subis dans son enfance, mais ne relève aucune déviance.

Enfin, la juge a rappelé que les victimes n’avaient pas agi par vengeance dans le cadre de ce processus judiciaire mais plutôt dans le but de reprendre le contrôle de leur vie. Elle l’a donc condamné à une peine de deux ans moins un jour de prison. Serge Turner sera ensuite sous probation pendant trois ans avec un suivi pendant deux ans au cours duquel il devra suivre les recommandations de son agent de probation notamment en lien avec un suivi psychothérapeutique spécialisé dans la délinquance sexuelle.

Serge Turner sera aussi inscrit au Registre des délinquants sexuels à vie. Enfin, il lui sera totalement interdit d’approcher à moins de deux kilomètres les résidences des victimes, de se trouver en présence de jeunes de moins de 16 ans sauf s’ils sont accompagnés d’un adulte au courant du présent dossier, ni même d’occuper un emploi auprès d’eux, et ce, pendant 20 ans.

C’est son frère Luc qui avait porté plainte en premier, et ce, après un long cheminement marqué par des problèmes de santé physique, psychologique et émotionnelle. «J’ai réalisé que je portais la honte et la culpabilité de quelqu’un d’autre et c’est ce qui m’avait rendu malade», avait-il mentionné dans une entrevue précédente.

À sa sortie de la salle d’audience mercredi, il était visiblement satisfait de la sentence. «Deux ans moins un jour, trois ans de probation, 20 ans sans approcher un mineur, ça peut sembler petit au premier regard mais pour moi, c’est une sentence magique», a-t-il déclaré. «L’important pour moi, c’est qu’il a été reconnu coupable par un juge et c’est tout ce que je voulais. Je n’avais pas d’attente. Deux ans moins un jour, c’est déjà plus que ce que je pouvais espérer. Mais le plus important encore, est que j’ai été cru et respecté», a-t-il conclu.