Deux ans moins un jour de prison pour avoir brassé un bébé

TROIS-RIVIÈRES — Un jeune homme, qui avait violenté un bébé de huit mois parce qu’il pleurait en 2017, a été condamné à une peine de deux ans moins un jour de prison.

Alors que son procès d’une durée de cinq jours devait commencer lundi matin, le suspect a en effet décidé de régler son dossier en plaidant coupable à un chef de voies de fait causant des lésions. Les discussions entre la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, et l’avocat de la défense, Me Alexandre Biron, ont par ailleurs donné lieu à une suggestion commune de sentence qui a été entérinée par le juge.

Rappelons que l’enquête policière avait été amorcée en août 2017 sur cette triste histoire. Un bébé, âgé de huit mois, avait été amené à l’hôpital par sa mère pour des blessures. Les médecins avaient alors découvert que la petite avait les deux tibias et un poignet fracturés, et présentait des égratignures et des ecchymoses au visage. Un signalement avait alors été fait aux policiers.

La mère et son conjoint, dont on doit taire l’identité pour protéger celle de l’enfant, avaient ensuite été arrêtés. L’homme de 21 ans avait été accusé de voies de fait graves et voies de fait causant des lésions alors que la mère, alors âgée de 20 ans, avait pour sa part été accusée d’avoir omis de fournir les choses nécessaires à l’existence de son enfant.

La particularité de cette affaire est le peu de collaboration de la mère de l’enfant avec les autorités. Comme l’a expliqué Me Roberge, elle a offert au départ plusieurs versions différentes sur ce qui s’était passé dans la nuit du 30 au 31 août 2017. Elle a commencé à parler un peu plus lorsqu’elle a elle-même porté plainte contre le suspect pour violence conjugale au terme d’une relation toxique qui a pris fin en novembre 2018. Cependant, son niveau de crédibilité risquait d’affecter l’issue d’un procès.

Sans préciser la nature des gestes posés sur le bébé, le prévenu a admis avoir été brutal avec le bébé en lui causant des blessures. Selon sa version, la mère aurait encore une fois omis de se lever pour s’occuper de l’enfant. Il a perdu patience en l’entendant pleurer.

Il a aussi plaidé coupable à des voies de fait contre cette femme, méfait et ne pas avoir accompli tous ses travaux communautaires. Il a ainsi écopé d’une peine totalisant deux ans moins un jour de prison. En tenant compte de la détention préventive, il lui reste 11 mois et 24 jours à purger. Il sera ensuite sous probation pendant trois ans avec un suivi de deux ans. Parmi ses interdictions, il ne peut pas être en présence d’enfants de moins de dix ans sauf s’il est accompagné d’un adulte responsable. Il devra également suivre les recommandations de son agent de probation lié à sa consommation de stupéfiants et sa problématique de colère.

Du côté de la mère, le processus judiciaire la concernant n’est pas encore terminé. Elle a été accusée d’avoir omis de fournir les soins à un enfant parce qu’elle avait notamment attendu plusieurs heures avant de l’amener à l’hôpital. Les blessures de celui-ci ont guéri mais il a été confié à une famille d’accueil.