Steeve Claing Forget

Deux ans de prison pour Steeve Claing Forget

TROIS-RIVIÈRES — Les graves gestes de violence conjugale commis par Steeve Claing Forget lui ont finalement valu une peine de deux ans de pénitencier.

Le 15 novembre 2017, une dispute a éclaté dans son couple au sujet d’un enfant. La situation a commencé à dégénérer. La dame a alors décidé d’aller prendre un bain pour calmer le jeu. Claing Forget est allé la rejoindre dans la salle de bain et lui a demandé de l’embrasser, ce qu’elle a refusé. Elle lui a plutôt annoncé son intention de le quitter. Dès lors, il a perdu les pédales en lui enfonçant le visage dans l’eau pendant plusieurs secondes pour l’empêcher de respirer. Comme l’a précisé le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, cette femme a vraiment cru mourir. Il a ensuite tenté de l’étrangler une première fois tout en proférant des menaces contre elle et ses enfants. Il a refait le même manège une seconde fois au point où celle-ci s’est sentie faiblir. Du coup, il en a profité pour lui asséner une claque au visage. Il a ensuite fini par la lâcher. Quelques instants plus tard, il lui a fait des excuses.

Le 19 novembre, la victime s’est rendue au poste de police pour porter une plainte contre lui. Le lendemain, Claing Forget a été arrêté. Durant le transport avec les policiers, il a proféré d’autres menaces contre sa conjointe en disant qu’il allait «lui crisser une volée» et même la tuer cette fois-ci.

Ces événements ont entraîné le dépôt d’accusations de tentative de meurtre, voies de fait graves, voies de fait causant des lésions, harcèlement et menaces de mort. Au cours des procédures judiciaires qui ont suivi, il a tenté de reprendre sa liberté à deux reprises mais sans succès en raison du risque qu’il pouvait représenter.

Alors que son procès d’une durée de deux jours devait s’amorcer en février, l’individu de 35 ans a plutôt décidé de disposer de ses dossiers. Les discussions entre le procureur de la Couronne et son avocat, Me Matthieu Poliquin de l’aide juridique, ont en effet donné lieu à une entente qui a été présentée, mercredi, à la juge Dominique Slater.

C’est ainsi qu’il a plaidé coupable à des chefs de voies de fait graves et harcèlement pour les événements du 15 novembre et à un chef de menaces pour ses propos du 20 novembre. La Couronne a déclaré ne pas avoir de preuves à offrir pour la présumée tentative de meurtre. Quant aux autres chefs, un arrêt des procédures a été prononcé.

Les avocats ont suggéré à la juge qu’une peine de deux ans de pénitencier lui soit imposée, assortie d’une probation de trois ans. Pour ce faire, ils ont tenu compte de son plaidoyer de culpabilité, de la qualité de la preuve, de la gravité des gestes commis et de ses antécédents judiciaires. Ce n’était d’ailleurs pas la première fois qu’il s’en prenait à sa conjointe. Il avait d’ailleurs écopé de 90 jours de prison discontinue dans le passé pour de la violence conjugale envers elle. Il compte aussi d’autres antécédents de violence contre des hommes.

Me Poliquin a par ailleurs pris soin de préciser que son client était prêt à s’impliquer dans un cheminement thérapeutique sur la violence et qu’il avait même entrepris un suivi en prison.

La juge Slater, qui avait présidé l’enquête préliminaire et entendu le témoignage de la plaignante, a conclu que la suggestion n’était pas déraisonnable dans les circonstances. Elle l’a donc entérinée en imposant deux ans de prison à Steeve Claing Forget. Cependant, en tenant compte de sa détention préventive depuis son arrestation le 20 novembre, il lui reste trois mois et 15 jours à purger. Il sera ensuite soumis à une probation de trois ans avec un suivi pendant 18 mois au cours de laquelle il devra compléter toute thérapie proposée par son agent de probation en lien avec la violence et l’impulsivité. Il lui sera évidemment interdit de communiquer de quelque façon que ce soit avec la victime. Enfin, il ne pourra pas avoir des armes en sa possession pendant dix ans.