Pour avoir abusé sexuellement d’une jeune fille pendant près de quatre ans, Marc Drouin a été condamné à deux ans de pénitencier.

Deux ans de prison pour Marc Drouin

TROIS-RIVIÈRES — Marc Drouin, de Nicolet, a été condamné à une peine de deux ans de pénitencier pour avoir abusé sexuellement d’une jeune fille pendant près de quatre ans.

Rappelons que l’homme de 49 ans avait plaidé coupable en juin dernier à des accusations d’attouchements sexuels, d’incitation à des contacts sexuels, d’avoir exhibé ses parties génitales et d’avoir rendu accessible du matériel sexuellement explicite à un enfant. Du coup, il avait reconnu avoir abusé d’une jeune fille âgée entre 8 et 12 ans dans la période comprise entre janvier 2013 et août 2017. Lorsque les parents de la victime avaient appris ce qui s’était passé, ils avaient immédiatement confronté Marc Drouin, d’autant plus qu’ils le connaissaient bien. Ce dernier avait avoué ses crimes.

Dans une lettre écrite par la mère de la victime mais lue en cour mercredi par la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, on y apprend que la vie de cette famille a complètement basculé lorsqu’elle a appris la nouvelle. «Une bombe vient de tomber sur notre famille. Plus notre enfant nous dévoile les atrocités qu’il lui a fait subir, plus nous nous sentons démolis. Comment un adulte sain d’esprit peut-il faire ça?», déplore la dame.

Tel qu’expliqué, la victime a dû faire preuve de beaucoup de force et de courage pour se décider à mettre fin à ces abus. Le calvaire s’est malgré tout poursuivi pour tous les membres de la famille: épisodes de dépression, pertes financières, échecs scolaires, nuits blanches et tous les impacts liés au processus judiciaire.

Encore aujourd’hui, la victime garde de profondes séquelles des abus, même si elle bénéficie d’un suivi psychologique. Selon sa mère, elle s’enferme notamment dans la maison et souffre de cauchemars et de crises d’angoisse chaque nuit.

Cette maman a d’ailleurs tenu à saluer le courage de sa fille dans sa lettre mais elle a aussi pris soin de s’adresser directement à Marc Drouin: «Toi à qui nous avons fait confiance, tu auras beau te dire repentant et dire que tu nous éviteras le plus possible, il n’y aura jamais une sentence assez lourde pour punir les gestes destructeurs que tu as commis et rien ne réparera l’irréparable. La victime que tu as faite en était une de trop, en espérant de tout cœur que ce soit la seule», a-t-elle écrit.

Marc Drouin a pour sa part tenu à s’excuser auprès de la victime et de sa famille. En larmes, il a avoué que c’était sa responsabilité. «Mon but est de ne plus jamais faire de mal à cette famille», a-t-il déclaré avant d’être incarcéré.

Il a donc été condamné à une peine de deux ans de prison. En prononçant la sentence, la juge Guylaine Tremblay a certes précisé que les gestes posés par Marc Drouin étaient inqualifiables et qu’il n’y avait pas de mots pour décrire l’ampleur et la gravité des actes. Toutefois, elle estime que la peine proposée par la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge et l’avocat de la défense, Me Yvan Braun, est raisonnable dans les circonstances puisqu’elle inclut la probation la plus longue prévue par le Code criminel, soit trois ans avec suivi.

Notons que Me Roberge n’a pas caché avoir envisagé au départ réclamer une peine de trois ans de prison dans cette affaire mais le cas échéant, aucune probation n’aurait été possible. Puisque les rapports présentenciel et sexologique sont plutôt positifs, les avocats ont opté dans leurs discussions pour un encadrement de plus longue durée qui serait davantage bénéfique. En ce sens, ils ont mentionné que Marc Drouin reconnaissait sa problématique et les distorsions cognitives qui y sont associées et qu’il avait rapidement entrepris des démarches pour tenter de régler son problème.

Dans le cadre de sa probation, il devra d’ailleurs suivre les directives de son agent en lien avec une problématique d’agresseur sexuel. Il sera aussi inscrit au Registre des délinquants sexuels à perpétuité.

Pendant dix ans, il lui sera également interdit de se trouver en présence d’enfants de moins de 16 ans sauf ses propres enfants, de se trouver dans des lieux fréquentés par des jeunes comme des parcs, écoles, terrains de jeux sauf lors d’activités sportives de ses propres enfants. Il ne pourra pas non plus occuper un emploi auprès de jeunes de moins de 16 ans. De même, il lui sera interdit de se trouver à moins de deux kilomètres de la résidence de la victime et de son école.