Détention ordonnée pour le suspect

Trois-Rivières — Le tribunal a finalement ordonné que cet individu, soupçonné d’avoir fait preuve d’une très grande violence envers sa femme au cours des 15 dernières années en tirant notamment sur elle à quelques reprises avec un fusil à plombs, demeure détenu durant les procédures judiciaires.

Dans une décision rendue jeudi matin, la juge Dominique Slater a en effet conclu que le risque de récidive était toujours présent et que par conséquent, la protection de la victime et des autres témoins devait être assurée. En outre, elle a signalé que la détention devenait également nécessaire pour ne pas miner la confiance du public en l’administration de la justice.

Pour ce faire, elle a tenu compte de la gravité des accusations et des probabilités de condamnation qui sont très élevées, même si cet homme de 45 ans est toujours présumé innocent.

Parmi les éléments de preuve qui ont été déposés en cour, il y a notamment la déclaration de la victime qui est corroborée par des marques toujours visibles sur son corps et des vêtements qu’elle a conservés. La juge a aussi relevé qu’un des enfants du couple avait pris soin d’écrire une note sur un autre vêtement pour indiquer qu’il s’agissait d’une preuve des projections de plomb reçues par sa mère le 12 septembre 2017.

À cela, il faut ajouter plusieurs textos écrits par l’homme à la plaignante dont certains seraient révélateurs de sa violence. Qui plus est, la juge a pris en considération la présence de nombreuses armes dans la maison qui étaient accessibles aux quatre enfants (trois adolescents et un bébé de 18 mois) et des plombs sur le sol.

En fait, elle estime que cette violence semblait perdurer depuis des années bien qu’elle se soit accentuée après que le prévenu eut été victime d’un accident de moto en 2013.

Certes, il aurait fait des démarches auprès de médecins pour améliorer son état de santé (il souffrirait d’un TDAH et d’un traumatisme craniocérébral) mais en vain. Pourtant, il a pu rencontrer un psychiatre peu de temps avant d’être arrêté mais il n’a jamais voulu prendre la médication que celui-ci lui a prescrite par peur que sa situation empire.

Enfin, ses antécédents judiciaires ont également joué contre lui. En effet, la problématique de violence remonterait à très longtemps. En 1999, il avait été déclaré coupable de voie de fait, d’agression armée et d’avoir braqué une arme sur une autre femme, toujours dans un contexte conjugal.

Bref, le tribunal est d’avis que les garanties qu’il a proposées pour pouvoir être remis en liberté sont insuffisantes à la lumière de tous les éléments mentionnés plus haut. Certes, la ressource où il prévoyait demeurer est reconnue mais les risques demeurent trop élevés en raison de sa situation thérapeutique non stabilisée.

Sa cause a donc été reportée au 6 mars. D’ici là, il ne pourra pas communiquer avec sa femme et ses enfants.

Rappelons que l’homme est accusé de voies de fait armées avec un couteau, un bâton de baseball et un fusil à plombs, de voies de fait causant des lésions corporelles et de menaces de mort contre sa conjointe, de plusieurs infractions en lien avec la possession d’armes et leur entreposage et de bris d’engagement. Il avait été arrêté le 25 janvier dans le cadre d’une vaste opération policière à Pointe-du-Lac.